87 הלכות · מעוצבת לדף A4, ההערות בסוף כל הלכה. המאמרים בצרפתית. חזרה לנושא

כולל תורת ש״מ · ההלכה, הלכה למעשה

Fêtes

87 הלכות · toratchem.com/he/sujets/fetes

  1. 1. Amour et Crainte
  2. 2. Barbecue, assiettes en plastique et couverts : cachérisation
  3. 3. Brochettes, Plata, four, micro-ondes et plaque de cuisson
  4. 4. Four pyrolytique, brûleurs et plaques vitrocéramique
  5. 5. Plaque à induction, lave-vaisselle et bouilloire
  6. 6. Évier et plan de travail : cachérisation
  7. 7. Robinets, chaise haute, mixeur et autres ustensiles
  8. 8. Principes généraux : quels produits exigent une certification pour Pessah' ?
  9. 9. Ustensiles et produits divers : faut-il une certification pour Pessah' ?
  10. 10. Médicaments et vitamines à Pessah'
  11. 11. Faut-il une certification de cacheroute pour Pessah' sur les produits alimentaires ?
  12. 12. Erouv Tavchiline : procédure de réalisation et institution
  13. 13. Avec quoi et quand faire le Erouv Tavchiline ?
  14. 14. Erouv mangé ou perdu, et celui qui n'a pas fait le Erouv
  15. 15. Erouv pour un invité, un fils marié, un employé ou des tiers ; oubli de la bénédiction ou de la formule
  16. 16. Quand mange-t-on le Erouv et autres cas particuliers
  17. 17. Chavouot — Limite ou proximité
  18. 18. Rester éveillé la nuit de Chavouot : les Birkhot HaChaH'ar et la Nétilat Yadaïm
  19. 19. Récite-t-on les Birkhot HaTorah quand on n'a pas dormi ?
  20. 20. Le moment de Alot HaChaH'ar et le Kriat Chéma al HaMita la nuit de Chavouot
  21. 21. Que faut-il étudier la nuit de Chavouot ? Le Tikoun, le Mikvé et la réception de la Torah
  22. 22. Les aliments laitiers à Chavouot
  23. 23. Fixer un repas sur des aliments Mézonot : HaMotsi ou Mézonot ?
  24. 24. Quelle bénédiction sur un gâteau au fromage ?
  25. 25. Deuil ou joie ?
  26. 26. Du 17 Tamouz jusqu'à Roch 'Hodech Av : généralités et mariages
  27. 27. Danses, musique et apprentissage de la musique pendant Ben HaMetsarim
  28. 28. Prudence, Chéhé'héyanou, coupe de cheveux et Tikoun 'Hatsot pendant Ben HaMetsarim
  29. 29. De Roch 'Hodech Av : achat de meubles, d'appareils électroménagers et de bijoux
  30. 30. Achat de vêtements, livres de Torah et travaux pendant les Neuf Jours
  31. 31. Viande et vin pendant les Neuf Jours
  32. 32. Repas de Mitsva et procès pendant les Neuf Jours
  33. 33. Lessive, repassage et vêtements des enfants pendant la semaine de Tichea Béav
  34. 34. Achat et préparation des vêtements avant Tichea Béav
  35. 35. Sous-vêtements et coupe de cheveux pendant la semaine de Tichea Béav
  36. 36. Se laver, le Mikvé et les ongles pendant la semaine de Tichea Béav
  37. 37. La veille de Tichea Béav : étude de la Torah, promenades et Séouda Hamafséket
  38. 38. Séouda Hamafséket : poisson, position assise, Zimoun et acceptation du jeûne
  39. 39. Tichea Béav : étude de la Torah, Téhilim et prière
  40. 40. Tichea Béav : chaussures en cuir, position assise, sommeil et autres restrictions
  41. 41. Tichea Béav : qui est dispensé du jeûne ? Femmes enceintes et allaitantes
  42. 42. Tichea Béav : accouchées et malades
  43. 43. Tichea Béav : médicaments, pommades et lavage
  44. 44. Tichea Béav : salutations, cadeaux, travail et écriture
  45. 45. La sortie de Tichea Béav et la journée du 10 Av
  46. 46. Tefilat Haderekh (la prière du voyageur) : à partir de quelle distance et quand la réciter ?
  47. 47. Tefilat Haderekh : plusieurs trajets dans la même journée, acquittement et formule complète
  48. 48. Birkat HaGomel : quand la réciter et dans quels délais ?
  49. 49. Manger en route : le changement d'endroit pendant un repas
  50. 50. Cachérisation des ustensiles dans une location
  51. 51. Chabbat à l'hôtel : carte magnétique et allumage des bougies
  52. 52. Me'in Chéva, plaque de Chabbat et réfrigérateur en location
  53. 53. Jouer un rôle, ou devenir soi ?
  54. 54. L'importance de la Mitsva de la Soucca
  55. 55. La taille de la Soucca
  56. 56. Les parois de la Soucca
  57. 57. Le Skhakh : conditions et planches de bois
  58. 58. Attacher le Skhakh, son support et sa position
  59. 59. Les éléments non cachères au-dessus du Skhakh
  60. 60. Lorsque le Skhakh s'envole : peut-on le remettre ?
  61. 61. Les Souccot en métal
  62. 62. La pergola : pergola aérée
  63. 63. La pergola dense
  64. 64. Comment rendre une pergola cachère ?
  65. 65. Les décorations de la Soucca
  66. 66. Construire la Soucca par l'intermédiaire d'un autre
  67. 67. Le comportement à avoir dans la Soucca
  68. 68. L'intention dans la Mitsva de Soucca
  69. 69. L'obligation de manger dans la Soucca
  70. 70. Le premier soir de Souccot
  71. 71. Quand il pleut
  72. 72. Les femmes, les enfants et le malade face à la Mitsva de Soucca
  73. 73. La bénédiction Lechèv BaSoucca
  74. 74. L'obligation de dormir dans la Soucca
  75. 75. La personne qui souffre dans la Soucca (Mitstaer)
  76. 76. Les voyageurs et une Soucca inadaptée pour dormir
  77. 77. Comment honorer 'Hol HaMoed ?
  78. 78. Peut-on se couper les cheveux ou les ongles pendant 'Hol HaMoed ?
  79. 79. La lessive, le repassage et le cirage des chaussures pendant 'Hol HaMoed
  80. 80. L'interdiction de travailler pendant 'Hol HaMoed
  81. 81. Travailler pour éviter une perte : le Davar HaAved
  82. 82. Préparation de la nourriture et besoins du corps pendant 'Hol HaMoed
  83. 83. Travailler quand on manque de nourriture ou pour les besoins de la collectivité
  84. 84. L'écriture pendant 'Hol HaMoed
  85. 85. Peut-on faire du commerce pendant 'Hol HaMoed ?
  86. 86. Construire ou rénover sa maison pendant 'Hol HaMoed
  87. 87. Réparer un vêtement pendant 'Hol HaMoed

Amour et Crainte — Réflexion sur le service de Pessa'h · ניסן תשפ״ו

1. Amour et Crainte

Une contradiction au cœur de Pessa’h

La fête de Pessa’h porte en elle une contradiction saisissante. D’un côté, une rigueur absolue : il est interdit de détenir la moindre miette de ’hamets. On nettoie, on fouille, on vérifie avec une méticulosité extrême ; les lois et les exigences sont nombreuses. De l’autre côté, le Seder est une révélation d’amour infini – la sortie d’Égypte constitue la plus grande manifestation d’amour de l’histoire du peuple d’Israël.

Comment ces deux dimensions coexistent-elles ?

La racine de cette dualité réside dans le mois de Nissan lui-même, qui constitue un point de rencontre entre deux voies fondamentales du service divin, chacune semblant contredire l’autre : l’amour face à la crainte, la connaissance (’da’at’) face au libre arbitre (’bé’hira’), l’effort face à l’influence divine, le labour face à la croissance, la nature face au miracle.

L’hiver et l’été : une parabole pour l’année

Le mois de Nissan se situe à la frontière entre deux périodes de l’année. La période de Tichri à Adar est un travail de libre arbitre – préparation des récipients par l’effort personnel, dans un esprit de crainte et de restriction, d’obscurité et de labeur. Tandis que la période de Nissan à Eloul est un travail tout autre – celui de la connaissance, de l’influx divin, de l’amour et de l’abondance, de la croissance et de la lumière.

Ces deux pôles se reflètent aussi bien dans le domaine spirituel que dans le domaine matériel. Les fêtes suivent le cycle agricole : le mois du printemps (’hodech ha-aviv’), la fête de la moisson (’hag ha-katsir’), la fête de la récolte (’hag ha-assif’).

Tout au long de l’hiver, l’homme travaille sa terre : il laboure, s’enfonce dans la boue, sème, s’affronte aux ronces et aux épines, sans voir le moindre résultat. Tout est froid et morne, sombre et décourageant. Mais comme le dit le verset : « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie » – l’été arrivé, les arbres fleurissent, la terre livre ses fruits, le soleil réchauffe le monde. Tout ce qui était caché en hiver se révèle en été.

À Pessa’h, on passe d’un état à l’autre.

De même que dans le domaine matériel, le domaine spirituel suit ce rythme. En hiver, on bâtit la spiritualité dans l’obscurité – il n’y a aucune fête de la Torah pendant tout l’hiver. Puis arrive le mois de Nissan et l’on cueille les fruits – les trois fêtes de pèlerinage se succèdent.

Les deux finalités de la Création

Le Saint béni soit-Il a créé le monde pour deux raisons qui n’en font qu’une :

La première : la royauté. Il n’y a pas de roi sans peuple. Bien que Hachem soit Roi par essence et n’ait besoin de personne, Il a voulu créer un monde pour régner sur lui.

La seconde : la bonté. Sa volonté de faire le bien – Il a voulu créer un monde afin de prodiguer Ses bienfaits à Ses créatures.

De ces deux finalités découlent deux types de service : du côté de la royauté, notre service consiste à être des serviteurs fidèles accomplissant la volonté de leur Maître, que cela nous plaise ou non. Du côté de la bonté, le peuple d’Israël est le fils du Saint béni soit-Il – un service de fils, dans lequel peu importe ce qu’il est, ce qu’il fait ou ce qu’il a fait.

Le soleil et la lune : connaissance et libre arbitre

Lorsque Hachem a créé le monde, Il a créé les deux grands luminaires : le soleil et la lune. Le soleil brille par lui-même – c’est la clarté, la révélation, la lumière. La lune, elle aussi, éclaire, et celui qui la contemple pense qu’elle brille de sa propre lumière. Mais lorsqu’on observe qu’elle décroît jusqu’à disparaître, puis revient, on comprend qu’elle n’a pas de lumière propre
«elle ne possède rien par elle-même » (’leit la migarma kloum’) – et que tout vient du soleil.

Les deux luminaires représentent deux modes de service. Le soleil représente la connaissance (’yédi’a’) : Hachem connaît toutes les pensées de l’homme, et c’est Lui qui agit et fait agir le monde. Mais dans cette dimension, il n’y a plus de place pour la récompense et la punition, puisque tout est l’œuvre de Dieu.

De l’autre côté, la lune représente le libre arbitre (’bé’hira’) : l’homme est l’acteur, chacun possède le libre choix, et tout est donc sous sa responsabilité, tant pour la récompense que pour la punition – et il n’y a plus de place pour le pardon.

Ces deux dimensions se contredisent, mais toutes deux sont vraies. L’esprit humain ne peut saisir comment elles coexistent, de même que l’intellect ne peut supporter deux réalités opposées : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas Mes voies. »

Le rythme de l’année : libre arbitre en hiver, connaissance en été

La première moitié de l’année, l’hiver, exprime la force du libre arbitre. L’homme n’attend pas que les fruits poussent miraculeusement ; il sort dans son champ, travaille, laboure et sème. Puis arrive la seconde moitié, l’été – les jours de la connaissance. L’homme est assis chez lui et contemple sa récolte qui pousse. Il a fait ce qui était en son pouvoir pendant l’hiver, mais ensuite il attend le salut de Dieu : que les pluies tombent en leur temps, que ses fruits bénéficient de la bénédiction. Alors se révèle la connaissance : tout dépend du Saint béni soit-Il.

Hachem nous a donné le pouvoir de décider quand agit la force du libre arbitre – c’est la mitsva de la sanctification du mois (’kiddouch ha-’hodech’). Mais le soleil, lui, est fixe – la force de la connaissance est entre les mains de Dieu seul.

Roch Hachana et Pessa’h : le serviteur et le fils

L’hiver commence à Roch Hachana. En ce jour, on établit Hachem comme Roi, et l’on examine si chacun s’est comporté comme il se doit, s’il a accompli son service de serviteur. Certes, Hachem a pitié de Ses enfants comme un père, mais Il les juge néanmoins comme un maître juge ses serviteurs. Ainsi, durant tout l’hiver, on édifie la royauté proclamée à Roch Hachana et l’on est examiné : est-on un serviteur fidèle ou non ? C’est la force du libre arbitre – l’homme est responsable de ses actes.

L’été commence à Pessa’h. Hachem nous a choisis comme Son peuple, par un élan d’en-haut (’it’arouta dilé’ila’), sans aucune raison particulière, et Il déverse sur nous toute Sa bonté. Les champs verdissent, on moissonne le blé et on cueille les fruits, le jour règne – « pour proclamer au matin Ta bonté ».

Le libre arbitre engendre la crainte – l’homme est responsable de ses actes, en bien comme en mal. C’est la lune, dont le service s’exerce dans l’obscurité et la restriction. La connaissance engendre l’amour – tout vient du Ciel, tout ce que l’homme possède lui parvient de Dieu sans son intervention. C’est le soleil – la lumière et la chaleur.

Le mois de Nissan est le point de rencontre entre le libre arbitre de l’hiver et la connaissance de l’été – l’union du libre arbitre et de la connaissance. « Garde le mois du printemps » (‘Chamor eit ’hodech ha-aviv’) – unir les mois lunaires à l’année solaire.

La vente du droit d’aînesse : un amour inconditionnel

Trois cents ans avant la sortie d’Égypte, un événement décisif s’est produit : Ésav a vendu son droit d’aînesse à Yaakov, et Its’hak a béni Yaakov. Cela a établi que le peuple élu était Israël. Mais la confirmation divine n’était pas encore venue.

Lors de la sortie d’Égypte, Hachem a déclaré : « Mon fils aîné, Israël » – confirmant ainsi la vente. Mais pourquoi avoir attendu trois cents ans ? Si Hachem avait dit cela à Yaakov, nous aurions pensé qu’Il avait choisi Yaakov l’homme intègre, l’élu des Patriarches. « C’est lui qu’Il a choisi, pas moi, simple Juif. »

C’est pourquoi Hachem a attendu la sortie d’Égypte, jusqu’à ce que l’ensemble d’Israël se trouve au plus bas, au degré le plus inférieur qui soit – et alors Il l’a choisi. Pour que nous sachions qu’en toute circonstance, Hachem m’a choisi, moi, précisément. Il ne s’agit plus de regarder les actes, mais un lien de père et de fils – un amour qui ne dépend de rien. Et c’est seulement ainsi qu’il est possible de se renforcer et de revenir vers Hachem.

Il est presque impossible de se trouver à un degré plus bas que le peuple d’Israël en Égypte, mais Hachem balaie tout : « Tu es Mon fils, peu importe ce que tu fais et ce que tu as fait » – c’est un lien véritable de père et de fils. Et c’est le lien que l’on révèle à Pessa’h.

La crainte : le récipient de l’amour

Mais un tel lien comporte un danger. On pourrait se dire : « Je suis le fils du Roi, Il m’aime quoi qu’il arrive », et alors l’homme se laisserait aller à tous ses désirs.

C’est pourquoi il faut préparer un récipient capable de contenir ce grand amour. Ce récipient, c’est la crainte. Avant Pessa’h, on nous met en garde par toutes sortes d’avertissements : des lois, des exigences, des rigueurs, un nettoyage minutieux, une recherche du ’hamets, une élimination totale – et c’est cela, le récipient qui peut contenir le grand amour qui se révèle lors de la nuit du Seder.

Les lois de la Hag'ala des ustensiles · ניסן תשפ״ו

2. Barbecue, assiettes en plastique et couverts : cachérisation

En bref : Barbecue : à priori mieux d'en acheter un neuf ; sinon grille neuve et Liboun du barbecue, en couvrant le cadre d'aluminium. À gaz : une heure à 400 °C. Électrique : impossible à cachériser. Assiettes en plastique : pour les Séfarades selon l'usage habituel, pour les Ashkénazes une seule utilisation de ce type suffit ; cachérisation par Hag'ala selon Keli Richon, Irouy miKeli Richon ou Keli Cheni. Couverts : Hag'ala ; pour les Ashkénazes, mieux d'acheter neuf (couteau : Liboun).

Exemples pratiques

  1. Barbecue (sur lequel on a chauffé du H'amets, des pitas ou des boulettes de H'amets) : a priori, il est préférable d'en acheter un neuf pour Pessah', car la grille nécessite un Liboun H'amour, et par celui-ci elle risque de s'abîmer. Le Choulh'an Arouh' a statué qu'il ne faut pas effectuer un Liboun sur un ustensile qui risque de s'abîmer, de peur qu'on ne le fasse pas correctement par souci de le préserver. Si on ne peut pas acheter un barbecue neuf, on achètera une grille neuve, et on fera un Liboun au barbecue lui-même, c'est-à-dire qu'on le remplira de braises et qu'on les allumera pendant quelques minutes après qu’elle soit bien allumé ; ainsi il se cachérise lui-même. Ensuite, il faut couvrir le cadre du barbecue avec du papier aluminium épais pour que la grille neuve ne touche pas directement le cadre du barbecue (car à cet endroit il n'y a pas eu de Liboun, les braises n'y arrivant pas). Celui qui n'a pas cachérisé le barbecue peut faire le Liboun pendant Pessah' et continuer à utiliser les mêmes braises après le Liboun.
  2. Barbecue à gaz : On allumera le barbecue à la température la plus élevée pendant une heure, car la température atteint 400°C, ce qui constitue un Liboun H'amour automatique.
  3. Barbecue électrique : Impossible à cachériser, car il nécessite un Liboun H'amour et la grille risque de s'abîmer. De plus, il est très difficile de faire un Liboun à la résistance chauffante.
  4. Assiettes en plastique : Il y a plusieurs types d'utilisation. Pour les Séfarades, il faut considérer l'utilisation habituelle, et pour les Ashkénazes, même une seule utilisation de ce type suffit : le plus sévère est lorsqu'on chauffe une assiette au micro-ondes — elle devient Keli Richon et sa cachérisation se fait par Hag'ala en Keli Richon. Ainsi quand on pose dessus un Davar Gouch (aliment solide, comme un Shnitzel ou des boulettes à base de farine). Certains ont l'habitude de verser directement de la marmite dans l'assiette, c'est donc un Irouy miKeli Richon. Mais si on utilise une louche, selon la rigueur de Pessah' on considère la louche comme Keli Richon et l'assiette comme Keli Cheni. L'assiette peut donc être Keli Richon, Irouy miKeli Richon, ou Keli Cheni.
  5. Couverts :

Couteaux et fourchettes : Il y a deux raisons de les considérer comme Keli Richon : si on les introduit dans la marmite, et aussi à cause du Davar Gouch dans l'assiette, pour lequel on est strict à Pessah'. Donc leur utilisation majoritaire est en Keli Richon et ils nécessitent une Hag'ala.

Mais pour les Ashkénazes, si une seule fois on a coupé un gâteau brûlant avec le couteau, il faut un Liboun ; il est donc préférable d'en acheter des neufs.

Cuillères et petites cuillères : Si l'on a l'habitude de remuer avec dans la marmite ou de servir avec, c'est un Keli Richon. Si on mange avec, c'est un Keli Cheni.

Mais pour les Ashkénazes, si une seule fois on a remué dans la marmite ou servi depuis la marmite avec la cuillère, il faut une Hag'ala en Keli Richon.

Les lois de la Hag'ala des ustensiles · ניסן תשפ״ו

3. Brochettes, Plata, four, micro-ondes et plaque de cuisson

En bref : Brochettes/grils : Liboun H'amour (371 °C). Plata : nettoyage profond, allumer au maximum puis verser de l'eau bouillante après débranchement (ou une heure), puis papier aluminium épais pendant Pessah' (deux couches pour poser les Matsot). Four sans pyrolyse : préférable de ne pas le cachériser ; sinon le fermer avec ruban « H'amets ». Pour cuire avant Pessah' sans usage pendant Pessah', Liboun Kal permis a priori ; si usage pendant Pessah', nettoyage soigné, 24 h d'attente puis 1 h 1/4 au maximum.

  1. Brochettes et grils : Leur absorption est sèche sur le feu, il faut donc un Liboun H'amour (371°C).
  2. Plata (plaque chauffante) : Si on a chauffé dessus des pains sans séparation de papier aluminium, sa cachérisation nécessite un Liboun H'amour. Mais en pratique il est impossible de la cachériser par Liboun H'amour car elle risque de s'abîmer. De plus, l'allumer pendant quelques minutes ne suffit pas pour un Liboun car la température n'atteint pas 371°C. Pour la cachériser, il faut donc : La nettoyer en profondeur, y compris les côtés et les rainures (mais il n'est pas nécessaire de démonter les poignées car il n'y a pas de risque de H'amets visible à cet endroit). L'allumer à la température maximale, puis la débrancher et immédiatement verser dessus de l'eau bouillante (la tenir penchée au-dessus de l'évier et verser l'eau dessus). Si c'est difficile, on l'allumera pendant une heure. Cette opération confère à la cachérisation le statut de Hag'ala en Keli Richon avec une pierre brûlante. Envelopper la plaque dans du papier aluminium épais pendant toute la durée de Pessah'. Veiller pendant tout Pessah' à ne pas poser d'aliments directement sur le papier aluminium1. Ou bien envelopper avec deux couches de papier aluminium épais, et alors on pourra poser les Matsot directement sur le papier aluminium.
  3. Four sans pyrolyse : Il est préférable de ne pas le cachériser car il est très difficile à nettoyer, et de plus nous sommes stricts pour considérer que le Liboun H'amour est de 371°C, alors qu'un four ordinaire n'atteint que 250°C. Si on ne le cachérise pas, on n'est pas obligé de le nettoyer de toutes les graisses, mais il faut enlever les miettes de H'amets de peur qu'on vienne à les consommer. On le fermera avec du ruban adhésif et on écrira « H'amets » dessus comme signe distinctif pour ne pas venir à l'utiliser.
    Si on veut y cuire avant Pessah' pour Pessah', sans l'utiliser pendant Pessah', c'est permis a priori par un Liboun Kal : on nettoiera le four, on pulvérisera un produit qui altère le goût dans les rainures, sur la porte et en particulier dans le ventilateur du turbo, où il y a un risque de H'amets. Puis on chauffera le four à la température la plus élevée pendant une heure et quart.

Celui qui est obligé d'utiliser le four pendant Pessah' : nettoiera soigneusement le four avec des produits qui altèrent le goût, dans tous les trous, fissures, la porte et le ventilateur.

Attendre 24 heures depuis la dernière utilisation du four.

Chauffer le four pendant une heure et quart à la température la plus élevée.

  1. Car sinon cela serait considéré comme deux marmites se touchant, ce qui est interdit a priori à Pessah'. Mishna Beroura, Siman 451:136.

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4. Four pyrolytique, brûleurs et plaques vitrocéramique

En bref : Four pyrolytique : permis a priori avec le programme le plus élevé (500°C = Liboun H'amour), joint nettoyé, attendre 24 h ; plateaux à remplacer, grilles selon l'usage (Liboun Kal ou H'amour). Mini-four et micro-ondes : déconseillés ; micro-ondes cachérisable a posteriori par la vapeur. Plaque à gaz : nettoyage puis eau bouillante ; brûleurs et chapeaux : Hag'ala en Keli Richon (Choulh'an Arouh'), Liboun Kal pour les Ashkénazes, ou aluminium épais. Vitrocéramique : à éviter.

  1. Four pyrolytique : Il est permis de l'utiliser a priori pour Pessah', en activant le programme de nettoyage autonome le plus élevé (pendant deux heures), car il atteint 500°C, ce qui constitue un Liboun H'amour selon toutes les opinions. Par rigueur de Pessah', il est préférable d'attendre 24 heures avant la cachérisation. Il faut veiller à nettoyer le joint en caoutchouc autour de la porte.
  2. Supports de plateaux : Selon les instructions du fabricant, il ne faut pas activer le nettoyage pyrolytique avec les grilles et les supports de plateaux à l'intérieur. On leur fera donc un Liboun Kal, et on les enveloppera de papier aluminium épais (on peut les laisser dans le four, avec le risque qu'ils s'abîment un peu, et alors aucune autre action n'est nécessaire).
  3. Plateaux du four : Puisqu'on les utilise avec du H'amets posé directement dessus (le papier cuisson ne constitue pas une séparation), ils nécessitent un Liboun H'amour. Mais ils risquent de s'abîmer, donc il n'y a pas de solution, et il faut acheter des plateaux neufs pour Pessah'. (Il est possible de les mettre dans le four pyrolytique lors de sa cachérisation, mais ils peuvent se déformer et s'abîmer, ce qui n'est pas recommandé selon les instructions du fabricant.)
  4. Grilles du four : Cela dépend de l'utilisation (utilisation majoritaire pour les Séfarades, et même minoritaire pour les Ashkénazes) : Si on pose du H'amets directement dessus sans ustensile (le papier cuisson ne sert pas de séparation comme nous l'avons dit), elles nécessitent un Liboun H'amour, et la seule option est de les mettre dans le four pyrolytique lors de sa cachérisation (non recommandé selon les instructions du fabricant). Si on n'y pose que des plats et barquettes, il faut un Liboun Kal1. On les mettra donc dans le four à la température la plus élevée pendant une heure. On peut les mettre dans le four lors de sa cachérisation. Pendant Pessah', on ne posera rien directement dessus, mais par l'intermédiaire d'un ustensile ou d'un plateau, et il est plus correct de les couvrir de papier aluminium épais. Celui qui est strict et remplace les grilles en sera béni.
  5. Mini-four (toaster oven) : Le nettoyage est très difficile, il est donc préférable de ne pas l'utiliser pour Pessah'.
  6. Micro-ondes : Il pose plusieurs problèmes : il absorbe par la vapeur, et nécessite donc une Hag'ala en Keli Richon2, mais il est impossible de le cachériser par Hag'ala. La seule option est donc de le cachériser par la vapeur, mais certains décisionnaires sont stricts et n'appliquent pas le principe de « KeBol’o Kakh Polto » à la vapeur. Beaucoup de saleté s'accumule dans les rainures et il est très difficile de les nettoyer. Il est donc déconseillé d'utiliser le micro-ondes à Pessah'. On le fermera avec du ruban adhésif et on écrira « H'amets » dessus. Celui qui est obligé de l'utiliser peut le cachériser a posteriori : il le nettoiera avec des produits qui altèrent le goût dans tous les trous et fissures. Attendre 24 heures. Placer un grand récipient avec du savon (pas de javel) dans le micro-ondes et le faire fonctionner pendant vingt minutes. Pendant Pessah', ne réchauffer les aliments que dans des récipients bien fermés.
  7. Plaque de cuisson à gaz : Il faut les nettoyer soigneusement, avec des produits qui altèrent le goût, la surface, les brûleurs, les chapeaux et les grilles. (Attention à ne pas pulvériser de produit sur la sortie de gaz pour ne pas boucher le trou.) Ensuite, il faut verser de l'eau bouillante sur la surface (car l'absorption s'est faite par le débordement des marmites — Irouy). Si on a peur d'abîmer la surface, par exemple si elle est en verre, on attendra 2 minutes après l'ébullition et, tant que l'eau est encore à Yad Solédet Bo (71°C), on la versera sur la surface.

Les brûleurs, chapeaux et grilles : les décisionnaires sont partagés. Le Choulh'an Arouh' considère qu'il suffit de les cachériser par Hag'ala en Keli Richon. Mais pour les Ashkénazes, le Ramah considère qu'il faut un Liboun Kal, c'est-à-dire passer les grilles au feu, et placer les brûleurs et les chapeaux à leur place et allumer le feu pour les calciner. Cependant, à la place on peut les envelopper de papier aluminium épais (qui ne se déchire pas), ce qui remplace le Liboun Kal — et à plus forte raison pour les Séfarades, cela remplace la Hag'ala.

  1. Plaque vitrocéramique : Fabriquée en verre mélangé à un autre matériau dont la composition exacte n'est pas claire. On craint qu'il soit mélangé avec de la terre cuite et de l’argile, pour lesquels la cachérisation ne fonctionne pas. Il est donc conseillé de ne pas les utiliser pour Pessah'.

Celui qui est obligé de les utiliser : nettoiera soigneusement la plaque avec un produit qui altère le goût. Ne pas les utiliser pendant 24 heures. Allumer tous les brûleurs à la température la plus élevée, et pendant qu'ils sont brûlants, verser dessus de l'eau chaude (même depuis un Keli Cheni)3. Si on craint des dommages, il suffit de les allumer pendant une heure. Pendant Pessah', ne poser aucun aliment directement sur la plaque. Veiller autant que possible pendant Pessah' à ce que le fond des marmites et la plaque soient secs, sans humidité4.

  1. Car le H'amets n'est pas absorbé directement mais par la vapeur.

  2. Mishna Beroura 451:81.

  3. Mishna Beroura 451:114.

  4. Selon la loi de deux marmites sèches.

Les lois de la Hag'ala des ustensiles · ניסן תשפ״ו

5. Plaque à induction, lave-vaisselle et bouilloire

En bref : Induction : à priori à éviter pour Pessah' ; si obligé, nettoyer, chauffer des marmites d'eau et verser de l'eau bouillante sur toute la surface (mieux : tapis en silicone). Lave-vaisselle : à 70-75 °C avec produit nettoyant, si toutes les parties sont visibles et sans H'amets ; s'il est indémontable, ne pas l'utiliser (a priori ; a posteriori pour les Ashkénazes). Bouilloire : sans H'amets chauffé, nettoyage suffit ; sinon Hag'ala (Keli Richon ou électrique aux trois quarts, couvercle inclus).

  1. Plaque à induction : Comme les plaques vitrocéramiques, elles sont fabriquées en verre mélangé à un matériau dont on craint qu'il contienne de la terre cuite, et la cachérisation ne fonctionne pas. Il est donc fortement conseillé de ne pas les utiliser pour Pessah'. Celui qui est obligé de les utiliser : les nettoiera soigneusement, chauffera dessus des marmites (qui n'ont pas été utilisées depuis 24 heures) remplies d'eau, et versera de l'eau bouillante depuis un Keli Richon sur toute la surface. Il veillera très attentivement pendant Pessah' à ce qu'il n'y ait pas d'humidité entre les marmites et la plaque. Aujourd'hui, on vend des tapis en silicone ou des autocollants magnétiques spéciaux pour l'induction — il est préférable de les utiliser.
  2. Lave-vaisselle : On le fera fonctionner à la température maximale (70-75°C), à condition que toutes les parties de l'appareil soient visibles et qu'il n'y ait manifestement pas de H'amets. En principe, il n'est même pas nécessaire d'ajouter un produit nettoyant, mais il est bon d'être strict et de le faire fonctionner avec un produit nettoyant, de peur qu'il reste du H'amets visible, et celui-ci sera altéré par le produit. Cependant, il existe des types de lave-vaisselle dont les parties internes ne peuvent pas être démontées. Il ne faut donc pas les utiliser, de peur que du H'amets visible y soit coincé. Et même si le produit nettoyant l'altère, on craint tout de même que le Noten Ta'am Lifgam (goût altéré) soit interdit a priori, et pour les Ashkénazes même a posteriori.
  3. Chauffe-eau / Bouilloire : Si on n'a jamais posé dessus de H'amets pour le réchauffer pendant toute l'année, même pas une seule fois, on peut le nettoyer et l'utiliser. (Il faut souligner que certains nettoient la bouilloire avec de l'acide citrique dont certains sont fabriqués à base d'amidon de blé, et nécessite donc une cachérisation même si on n'a pas chauffé de H'amets dessus.)

Mais si pendant l'année on a chauffé du H'amets dessus, même une seule fois, il faut une Hag'ala.

Pour une bouilloire non électrique : on la cachérisera en Keli Richon, l'ustensile et son couvercle.

Pour une bouilloire électrique, puisqu'on ne peut pas la cachériser de manière classique, on la remplira d'eau aux trois quarts et on chauffera jusqu'à ébullition. Ainsi toute cette partie se cachérise elle-même. Ensuite, on cachérisera le quart restant en le plongeant (à l'envers) dans une marmite d'eau bouillante jusqu'à l'endroit qui n'a pas été cachérisé. Il n'est pas obligatoire d'enlever le calcaire car il n'y a pas de risque de H'amets en dessous. La partie extérieure n'a pas besoin de Hag'ala, il suffit de la nettoyer soigneusement (car elle n'a pas absorbé de l'extérieur mais de l'intérieur, et de là elle a été cachérisée).

Le couvercle de la bouilloire (qu'il soit en métal ou en plastique) : nécessite une Hag'ala (bien qu'il ait absorbé à sec, sa chaleur lui parvient par la vapeur, et il est donc considéré comme ayant absorbé par un élément liquide).

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6. Évier et plan de travail : cachérisation

En bref : Séfarades : en principe rien à faire, l'usage majoritaire du H'amets étant à froid ; nettoyer tout H'amets visible suffit. La coutume est de verser de l'eau bouillante après 24 h sans H'amets chaud, après séchage et sans tout verser au même endroit. Ashkénazes : bac plastique obligatoire à l'évier (rien en terre cuite ; plastique/métal : Irouy miKeli Richon, sauf H'amets chaud posé). Plan de travail : idem, puis couverture, ou verser tant que Yad Solédet Bo (71°C), ou deux couches.

  1. Évier : Pour les Séfarades, en principe aucune cachérisation n'est nécessaire, car on suit l'utilisation majoritaire, et l'utilisation majoritaire du H'amets est à froid. Il suffit donc de le nettoyer de tout H'amets visible1. Cependant, la coutume est de verser de l'eau bouillante sur l'évier après 24 heures sans utilisation de H'amets chaud (et s'il est en terre cuite, il convient de verser 3 fois).
    Il faut le sécher avant, car l'eau résiduelle refroidit l'eau bouillante et empêche l'extraction. Quand on verse l'eau, il ne faut pas tout verser au même endroit (ce ne serait plus un Irouy mais un écoulement), mais verser un peu à chaque endroit.

Pour les Ashkénazes, il est obligatoire en principe de mettre un bac en plastique, car on tient compte même de l'utilisation minoritaire, et parfois on égoutte les pâtes dans l'évier... Il n'y a donc pas de cachérisation possible pour un évier en terre cuite. Mais si l'évier est en plastique ou en métal, sa cachérisation se fait par Irouy miKeli Richon, sauf si on sait qu'on a posé du H'amets chaud dans l'évier — dans ce cas il faut une Hag'ala, et puisqu'on ne peut pas faire de Hag'ala à l'évier, il faut mettre un bac en plastique.

  1. Plan de travail (marbre/granit) : Comme pour l'évier : pour les Séfarades, en principe aucune cachérisation n'est nécessaire, car on suit l'utilisation majoritaire, et celle-ci est à froid. Il suffit de le nettoyer de tout H'amets visible. Cependant, la coutume est de verser de l'eau bouillante sur le plan de travail après 24 heures sans utilisation de H'amets chaud. Il faut le sécher avant, car l'eau résiduelle refroidit l'eau bouillante et empêche l'extraction. Ou bien on couvrira le plan de travail de papier aluminium épais ou de papier peint.

Pour les Ashkénazes, il est obligatoire en principe de verser de l'eau chaude sur le plan de travail après l'avoir séché, puis de le couvrir de papier aluminium épais ou de papier peint. Si on a peur d'abîmer le plan de travail, on attendra 2-3 minutes après l'ébullition de l'eau puis on versera tant que l'eau est encore à Yad Solédet Bo (71°C), ou bien on le couvrira de deux couches.

  1. Même s’il est en terre cuite et qu'on soit strict même pour une utilisation à froid uniquement, ici puisqu'il n'est pas destiné à manger directement mais à poser des choses dessus, il n'y a pas lieu d'être strict.

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7. Robinets, chaise haute, mixeur et autres ustensiles

En bref : Robinets, presse-agrumes, bocaux à épices, fontaine à eau, réfrigérateur et blender (sans épices piquantes) : un nettoyage soigneux suffit. Il faut cachériser par Hag'ala la chaise haute, la friteuse, les récipients de stockage et le moulin à épices si les épices sont piquantes ; le mixeur est à éviter (Séfarades le permettent à posteriori par Hag'ala, les Ashkénazes non, sauf s'il est lisse et sans rainures). Le grille-pain et la hotte aspirante ne sont pas utilisables pour Pessah'.

  1. Robinets : Il faut les nettoyer soigneusement. Certains sont stricts et versent de l'eau bouillante dessus, tout en ouvrant simultanément le robinet d'eau chaude.
  2. Chaise haute pour bébé : Puisque l'enfant mange toute l'année sur la tablette des aliments chauds et froids, pour les Séfarades, une Hag'ala en Keli Cheni suffit, mais techniquement il est plus facile de verser dessus de l'eau bouillante depuis un Keli Richon. Cependant, si on y a posé un aliment solide chaud (Davar Gouch) sans assiette, l'Irouy ne suffit pas pour les Ashkénazes, et il faudra la couvrir de deux couches.
  3. Mixeur : Il est préférable de ne pas l'utiliser, il y a un risque que de la farine reste dans le mixeur. Bien qu'elle ne soit pas visible, on craint qu'elle pénètre dans la nourriture et rende le tout interdit.

Celui qui a besoin de l’utiliser à posteriori : Pour les Séfarades, il est permis de le nettoyer soigneusement et de le cachériser par Hag'ala1. Mais le Ramah2 est strict et ne permet pas la Hag'ala car il est impossible de le nettoyer correctement. Cependant, si le mixeur est lisse et sans rainures, même pour les Ashkénazes il est permis de l'utiliser après un nettoyage approfondi et une Hag'ala.

  1. Moulin à épices : Si les épices ne contiennent pas de H'amets ou de mélange de H'amets, il est permis de l'utiliser pour Pessah' après un nettoyage approfondi. Mais si les épices sont mélangées avec du H'amets et sont un peu piquantes (par exemple le cumin contient un mélange de H'amets), il faut cachériser le moulin par Hag'ala en démontant toutes les pièces et en cachérisant chaque pièce séparément.
  2. Blender : Même si on y a broyé des biscuits ou du pain, il suffit de le nettoyer soigneusement car la lame rotative n'atteint pas une température de 45°C et ne provoque donc pas d'absorption3. Mais si on a broyé du H'amets avec des aliments piquants comme de l'oignon ou de l'ail, il faut une Hag'ala en Keli Richon (il faut démonter le blender en pièces et cachériser chaque pièce séparément).
  3. Presse-agrumes : Il suffit de le nettoyer soigneusement.
  4. Bocaux à épices : Ils n'ont pas besoin de cachérisation car on y a stocké les épices à froid. Le piquant n'agit que par la pression du couteau, et ce n'est pas non plus considéré comme un « Kavouch » (macération) dans l'ustensile puisque c'est sec.
  5. Récipients de stockage : Si on y a stocké des olives ou des cornichons, il faut les cachériser par Hag'ala car il y a un risque de H'amets à cause des assaisonnements, et l'ustensile a absorbé selon la règle de « Kavouch KeMevouchal » (la macération équivaut à la cuisson).
  6. Friteuse : Il faut la remplir d'eau jusqu'au niveau maximal, chauffer jusqu'à ébullition, puis verser de l’eau bouillante de la bouilloire pour que l'eau déborde. Le couvercle sera cachérisé séparément. Mais si on a veillé à ne frire qu'avec de l'huile cachère pour Pessah', un simple nettoyage suffit.
  7. Grille-pain (Toaster) : S'il a été utilisé ne serait-ce qu'une seule fois avec du H'amets, il est interdit de l'utiliser pour Pessah' car il nécessite un Liboun H'amour, et il est impossible de le calciner. Il faut donc le nettoyer et le ranger.
  8. Réfrigérateur et congélateur : Il faut les nettoyer du H'amets, ainsi que le joint en caoutchouc de la porte et ses replis. Il n'est pas nécessaire de démonter les parties fixes même s'il y a un risque de miettes de H'amets en dessous. Mais s'il y a des miettes visibles, on couvrira avec du film plastique pour qu'elles ne se déplacent pas pendant la fête.
  9. Table : En principe, le Choulh'an Arouh' a écrit qu'on a coutume de les cachériser par Irouy miKeli Richon. Mais comme on craint qu'elles s'abîment, on a coutume de les couvrir d'une nappe.

Pour les Ashkénazes, si une seule fois on a posé un toast brûlant directement sur la table sans séparation, on couvrira de deux couches4.

  1. Fontaine à eau (Mini Bar) : Il faut le nettoyer soigneusement, car il n'absorbe pas le H'amets. Même si on craint qu'on ait versé de la fontaine sur du couscous par exemple, la fontaine n'atteint pas la température de Yad Solédet Bo par ce biais, et n'a donc pas absorbé de H'amets. Certains sont stricts et placent un verre d'eau chaude près du robinet pour que la vapeur y monte.
  2. Hotte aspirante : Elle est contaminée par les aliments qui y pénètrent. Il est impossible de la nettoyer ; on la fermera donc et on ne l'utilisera pas pendant Pessah'.
  3. Machine à café : Beaucoup de capsules contiennent du H'amets, et il y a aussi un doute sur la torréfaction du café qui se fait avec des céréales. Il ne faut donc pas utiliser la machine pendant Pessah'.
  1. Bien qu'on ne l'ait pas utilisé avec du chaud, puisqu'on y pétrit la pâte et que sa fermentation est forte, il absorbe même à froid.

  2. Le Ramah, Siman 451, Séïf 17, a écrit qu'on a coutume de ne pas utiliser à Pessah' les pétrins dans lesquels on pétrit la pâte. Mais la Mishna Béroura explique que la raison est qu'il est impossible de les nettoyer car il y a des fissures où le H'amets n'est pas visible. Mais si le pétrin est lisse, il semble que même le Ramah admette que c'est permis.

  3. Car la pression du couteau sans chaleur et sans piquant ne provoque pas d'absorption.

  4. Mishna Beroura, Siman 451, Séïf Katan 114.

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8. Principes généraux : quels produits exigent une certification pour Pessah' ?

En bref : Le passage ne fixe pas encore de règle par produit : la vigilance pour Pessah' ne concerne pas de la même manière tous les produits, et il n'y a pas lieu d'être strict pour tout. Il rappelle deux principes : du H'amets devenu impropre à la consommation d'un chien avant la cinquième heure de la veille de Pessah' peut être gardé et utilisé ; du H'amets non visible dans un mélange, devenu impropre à la consommation humaine, peut être conservé et utilisé, mais non consommé.

Concernant la cacheroute des produits à Pessah', beaucoup pensent qu'il faut être vigilant uniquement pour les produits alimentaires — en achetant tout avec une certification pour Pessah' — tandis que les autres produits ne nécessitent aucune certification. À l'inverse, certains sont stricts pour tout type de produit, par crainte d'un mélange de H'amets, et s'efforcent de tout acheter cachère pour Pessah', même lorsque la Halakha ne l'exige pas.

C'est pourquoi nous avons souhaité organiser et classer le plus grand nombre de produits possible, en détaillant pour chacun d'entre eux : existe-t-il un doute de mélange de H'amets ? Est-il obligatoire de l'acheter avec une certification pour Pessah' ? La certification n'est-elle requise qu'a priori, sachant qu'a posteriori on peut se contenter d'un produit ordinaire ? Ou bien n'y a-t-il aucun besoin de certification pour Pessah' et aucun lieu d'être strict ?

Il faut savoir que le Choulh'an Arouh'1 a statué que du H'amets qui est devenu impropre à la consommation d'un chien avant le moment de l'interdiction — avant la cinquième heure de la veille de Pessah' — il est permis de le garder chez soi et d'en tirer profit pendant Pessah', car il n'a plus le statut de H'amets.

Le Choulh'an Arouh' a encore écrit2 que du H'amets qui n'est pas visible en tant que tel mais qui se trouve dans un mélange, s'il est devenu impropre à la consommation humaine, il est permis de le conserver et d'en tirer profit pendant Pessah', mais il est interdit de le consommer, car en le mangeant on lui confère l'importance d'un aliment, et c'est interdit par décret rabbinique.

  1. Siman 442, Séïf 2.

  2. Séïf 4

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9. Ustensiles et produits divers : faut-il une certification pour Pessah' ?

En bref : Sans certification : ustensiles jetables en plastique, barquettes et papier aluminium, film étirable, talc sans parfum. Gobelets en carton, papier cuisson, essuie-tout et serviettes, produits plastiques : par rigueur il convient d'acheter avec certification ; si on n'en trouve pas, on peut s'appuyer sur le principe de base. Certification requise pour les cure-dents, fil dentaire ou rouge à lèvres aromatisés, le dentifrice au goût sucré et les gants avec poudre.

  1. Ustensiles jetables en plastique : Tous les ustensiles, qu'il s'agisse de couverts, d'assiettes ou de verres, qu'ils soient ordinaires ou haut de gamme (on sort de l'esclavage aussi pour les femmes — il est permis de dresser la table avec de beaux ustensiles jetables en l'honneur de Yom Tov), n'ont pas besoin de certification pour Pessah'.

Il n'y a aucun doute de H'amets : on n'utilise pas d'amidon de blé ni aucun autre mélange dans leur fabrication.

  1. Gobelets en carton pour boissons chaudes : Il y a un doute de mélange d'amidon de blé. Bien qu'il soit déjà devenu impropre à la consommation d'un chien, puisqu'il entre en contact avec la nourriture chaude, par rigueur de Pessah' il convient de s’efforcer d'acheter avec certification. Néanmoins, si on a cherché et qu'on n'a pas trouvé, on peut s'appuyer sur le principe de base de la Halakha et en acheter sans certification.
  2. Cure-dents en plastique ou en bois : S'ils n'ont pas de goût, ils n'ont pas besoin de certification pour Pessah'. Mais s'ils sont aromatisés, ils nécessitent une certification pour Pessah' (et même toute l'année).
  3. Fil dentaire : S'il n'a pas de goût ni d'odeur, il n'a pas besoin de certification. Mais s'il est aromatisé, il nécessite une certification.
  4. Produits en plastiques (sachets alimentaires, nappes de table...) : En principe, ils n'ont pas besoin de certification, même si parfois on y ajoute de l'amidon de blé et autres, car ceux-ci sont déjà devenus impropres à la consommation d'un chien. Cependant, par rigueur de Pessah', il est bon et convenable d'acheter avec certification pour Pessah', puisqu'ils entrent en contact avec la nourriture.
  5. Film alimentaire étirable : Pas besoin de certification pour Pessah'. Il est fabriqué à partir de matériaux synthétiques.
  6. Papier cuisson, papier absorbant, serviettes en papier : Il y a un doute de mélange d'amidon de blé. Bien qu'ils soient déjà devenus impropres à la consommation d'un chien, puisqu'ils entrent en contact avec la nourriture chaude, par rigueur de Pessah' il convient de s'efforcer de les acheter avec certification. Néanmoins, si on a cherché et qu'on n'a pas trouvé, on peut s'appuyer sur le principe de base de la Halakha et les acheter sans certification.
  7. Barquettes en aluminium1 et papier aluminium : Il n'y a aucun doute de H'amets et il est permis de les acheter sans certification.
  8. Adhésifs (ruban adhésif, colle chaude, bâton de colle...) : Ils n'ont pas besoin de certification. Ils sont fabriqués à partir de matériaux synthétiques.
  9. Lingettes, savon, shampooing, crème pour les mains, parfum : Bien qu'ils contiennent parfois du H'amets en mélange, celui-ci est déjà devenu impropre à la consommation d'un chien. Il est donc permis d'en profiter pendant Pessah' sans certification. Néanmoins, certains sont stricts à ce sujet2, et celui qui est strict en sera béni3.
  10. Gants réutilisables : Il n'y a aucun doute de H'amets.
  11. Gants jetables : Il en existe deux types : les gants sans poudre peuvent être utilisés a priori à Pessah' sans certification. Les gants avec poudre — il s'agit souvent d'amidon de blé — ils nécessitent donc une certification pour Pessah', car il y a un risque que l'amidon passe dans la nourriture.
  12. Rouge à lèvres, baume à lèvres et vaseline : S'ils ont un goût, ils nécessitent une certification pour Pessah', et il est interdit de les garder pendant Pessah' — il faut les inclure dans la vente du H'amets. Ceux qui n'ont pas de goût n'ont pas besoin de certification en principe, car ils sont devenus impropres à la consommation d'un chien4. Néanmoins, comme pour le parfum, certains sont stricts à ce sujet.
  13. Dentifrice, bain de bouche : S'ils ont un goût sucré, ils nécessitent une certification pour Pessah', et il faut les inclure dans la vente du H'amets. Mais s'ils ont un goût piquant (menthe et similaires), en principe on peut les autoriser sans certification car ils ne sont pas propres à la consommation d'un chien. Néanmoins, puisqu'ils entrent en contact avec la bouche et qu'on les avale parfois, il convient d'être strict et d'acheter avec certification pour Pessah'. Cependant, en principe, celui qui n'en a pas peut les utiliser pendant Pessah'.
  14. Brosse à dents : Il n'est pas obligatoire de changer de brosse à dents pour Pessah'. On peut utiliser celle de toute l'année après l'avoir bien rincée.
  15. Talc sans parfum : Pas besoin de certification.
  16. Bougies parfumées : Elles n'ont pas besoin de certification pour Pessah', et il est permis de les allumer pendant Pessah'.
  17. Nourriture pour animaux : Bien qu'elle contienne du H'amets en mélange, puisqu'elle n'est pas propre à la consommation humaine, il est permis d'en tirer profit. Il est donc permis de nourrir les animaux avec pendant Pessah'.
  18. Cigarettes et tabac : Dans les cigarettes, il y a un doute qu'on y ait mélangé des arômes de H'amets. De plus, on craint que le tabac soit trempé dans de la bière de H'amets5. Les décisionnaires ont donc discuté pour savoir si l'on considère le H'amets comme impropre à la consommation d'un chien, et qu'il est donc permis de fumer pendant Pessah' (H'akham Tsvi, Ya'avets et H’azon Ovadia), ou si c'est interdit en toute circonstance (Maguèn Avraham, Mishna Beroura)6.
  19. Cigarettes électroniques : Il y a un doute important de H'amets et elles contiennent des arômes. Il est donc interdit de les utiliser sans certification pour Pessah'.

21. Liquide vaisselle : en principe, il n'a pas besoin de certification pour Pessah', mais il est bon d'en acheter avec une certification pour Pessah'7.

22. Acétone : pas besoin de certification pour Pessah’8

  1. Il y a un doute toute l'année concernant l'enduction de graisse animale qui leur donne leur aspect brillant. Mais la plupart sont enduits d'un produit synthétique, et il est donc permis en principe de les acheter sans certification. Et même s'ils sont fabriqués avec de la graisse animale, celle-ci est déjà altérée et devenue impropre à la consommation d'un chien. Néanmoins, il convient de s'efforcer de les acheter avec certification puisqu'ils entrent en contact avec la nourriture.

  2. Certains sont stricts à ce sujet en raison du principe selon lequel « l'application sur la peau équivaut à boire » (Sikha KeChtiya). Mais c'est une rigueur, car cette règle est elle-même une rigueur, et dans un mélange de H'amets on a l'habitude d'être indulgent. De plus, même pour ceux qui sont stricts, cela ne s'applique qu'à un produit propre à la consommation. Or ces produits ne sont pas propres à la consommation d'un chien, et a fortiori pas à la consommation humaine.

  3. Le Rav Eliachiv considère qu'on applique le principe d'Ah'chevéï (conférer de l'importance) même pour l'application sur la peau. Par conséquent, si l'on trouve facilement ces produits avec certification pour Pessah', il convient d'être strict. Mais ce n'est qu'une rigueur.

  4. Et bien qu'on le lèche un peu, il n'y a pas là d'intention de manger, et cela ne constitue pas un Ah'chevéï (fait de lui conférer l'importance d'un aliment).

  5. Il y a quelques années, une analyse chimique a révélé que dans tous les types de tabac des cigarettes américaines sont mélangés des arômes de H'amets.

  6. En raison du principe d'Ah'chevéï : fumer est considéré comme manger. De plus, puisque le produit est destiné à être utilisé ainsi, il n'y a pas de dispense au titre de
    « impropre à la consommation d'un chien ».

  7. Car on y ajoute des additifs pour une bonne odeur, et il y a lieu de craindre qu'ils contiennent des composants de H'amets qui ne sont pas altérés. Il est donc bon d'acheter avec certification pour Pessah'.

  8. Il n'y a aucun doute de H'amets.

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10. Médicaments et vitamines à Pessah'

En bref : Médicaments contenant du H'amets : à éviter a priori s'il existe un substitut (sauf effort ou frais importants, on peut être indulgent). Sans substitut : permis au malade en danger de mort ; au malade sans danger de mort, comprimés et gélules amers permis, mais sirops et pastilles bon goût interdits sans certification ; pas d'usage pour un simple mal de tête. Pommades, injections, gouttes externes et inhalateur d'asthme sans certification ; vitamines : certification Pessah.

Médicaments et vitamines

On peut distinguer plusieurs catégories de médicaments, selon qu'ils contiennent du H'amets ou non, qu'ils ont un goût ou non, et selon le degré de nécessité et de danger pour le malade. Le principe est qu'a priori on ne doit consommer aucun médicament contenant du H'amets s'il existe une alternative, même si le médicament n'a pas de goût et que le malade est en danger de mort. C'est pourquoi il faut toujours commencer par vérifier si le médicament contient du H'amets, et si c'est le cas, s'il existe un substitut (après consultation d'un médecin). Si le substitut implique un effort considérable ou des dépenses importantes (non couvert par l'assurance maladie, par exemple), on peut être indulgent comme s'il n'y avait pas de substitut.

Si le médicament contient du H'amets et qu'il n'existe pas de substitut, il faut examiner chaque cas :

Un malade en danger de mort qui a besoin d'un médicament contenant du H'amets et qui n'a pas de substitut : il est permis de l'utiliser. Il veillera à utiliser des ustensiles spécifiques pour ce médicament.

Un malade qui n'est pas en danger de mort qui a besoin d'un médicament contenant du H'amets et qui n'a pas de substitut : si le médicament a un goût amer, comme les comprimés et les gélules à avaler, il est permis de l'utiliser1.

S'il s'agit d'un sirop ou de pastilles à sucer qui ont bon goût, il ne faut pas les utiliser sans certification.

Tout cela concerne spécifiquement un malade qui n'est pas en danger de mort. Mais quelqu'un qui a simplement mal à la tête ou tout autre malaise, qui n'a pas le statut de malade sans danger de mort, ne doit pas utiliser un médicament contenant des composants de H'amets, même s'il a un goût amer.

Pommades, injections et toutes sortes de gouttes destinées à un usage externe sont permises sans certification2.

Il ne faut pas utiliser de vitamines à Pessah' sans certification pour Pessah'. Il y a énormément de doutes de H'amets en elles ; par exemple, la plupart de la vitamine C aujourd'hui est produite à partir de H'amets.

Un inhalateur pour un malade d'asthme n'a pas besoin de certification pour Pessah'.

  1. Et il n'y a pas là de Ah'chevéï (fait de lui conférer l'importance d'un aliment), car la personne ne confère pas d'importance au H'amets mais son intention est le remède qu'il contient.

  2. Comme nous l'avons écrit ci-dessus, il n'y a pas de Ah'chevéï dans l'application sur la peau.

La Cacheroute des aliments · ניסן תשפ״ו

11. Faut-il une certification de cacheroute pour Pessah' sur les produits alimentaires ?

En bref : Les produits alimentaires (sauf de rares exceptions) nécessitent tous une certification pour Pessah', car la liste des ingrédients n'est pas fiable (acide citrique Ma'amid, mélanges blé/Kitniyot, chaînes non dédiées). Il ne faut pas en acheter sans certification pour Pessah', sauf ceux listés par les organismes de cacheroute reconnus comme cachères pour Pessah' même sans marquage. Même les produits habituellement achetés sans certification le reste de l'année exigent de la vigilance à Pessah'.

Tout ce qui a été dit ci-dessus concerne uniquement les produits qui ne sont pas destinés à la consommation. En revanche, les produits alimentaires — à l'exception de quelques rares cas — nécessitent tous une certification pour Pessah'.

De nos jours, les processus de fabrication sont devenus mondiaux : les matières premières proviennent de différents pays à travers le monde, et chaque produit est composé de dizaines d'ingrédients dont certains n'apparaissent même pas dans la liste des composants indiquée sur l'emballage. Par conséquent, il n'y a aucune possibilité de se fier à la liste des ingrédients en ce qui concerne la cacheroute de Pessah', même si le produit possède une certification pour le reste de l'année.

Par exemple, presque chaque produit contient de l'acide citrique — qui n'a aucun rapport avec le citron — et qui est généralement fabriqué à partir d'amidon de blé ou de maïs. Cette substance sert de conservateur et de stabilisant, et elle n'est pas annulée dans le mélange car elle est un composant qui maintient le produit (Ma'amid).
En plus de cela, il existe de nombreux autres problèmes. Entre autres, du blé qui se mélange aux légumineuses (Kitniyot) : lorsqu'on transporte des légumineuses par bateau, on remplit la cale en vrac, sans sacs ni emballages — et le même bateau transporte tantôt du blé, tantôt du soja, tantôt du riz. Il y a des produits qu'il est facile de séparer du blé en raison des différences de taille, comme le curcuma et les poivrons. Cependant, les légumineuses dont la taille est similaire à celle d'un grain de blé sont très difficiles à trier.

De plus, les chaînes de production à travers le monde ne sont généralement pas dédiées à un seul produit, mais servent à fabriquer selon les commandes — tantôt du H'amets, tantôt du cachère pour Pessah', et parfois du H'amets à côté de produits considérés comme cachères pour Pessah'.

Par conséquent, il ne faut pas acheter de produits alimentaires sans certification pour Pessah', à l'exception de ceux qui sont publiés dans les listes des organismes de cacheroute reconnus comme cachères pour Pessah' même sans marquage sur l'emballage. Et même les produits que l'on a l'habitude d'acheter sans certification pendant le reste de l'année — à Pessah' il faut y être vigilant, car de nombreux doutes de H'amets s'y ajoutent, qui n'existent pas le reste de l'année.

Erouv Tavchiline · ניסן תשפ״ו

12. Erouv Tavchiline : procédure de réalisation et institution

En bref : La veille de Yom Tov (mercredi après-midi), on prend en main une Matsa entière (plus d'un Kabeitsa ; à postériori un Kazaït suffit) et un œuf cuit de plus d'un Kazaït, on récite la bénédiction puis la formule du Erouv, qu'on est tenu de comprendre (on peut la dire dans sa propre langue). Homme et femme y sont tenus de la même façon ; une femme sans mari doit faire le Erouv elle-même. Ce Erouv permet de préparer du Yom Tov pour Chabbat.

Résumé des Halakhot pour Pessah' commençant un jeudi

Procédure de réalisation du Erouv

La veille de Yom Tov (mercredi après-midi), on prend en main une Matsa entière (de plus d'un Kabeitsa ; a posteriori même un Kazaït suffit) et un œuf cuit de plus d'un Kazaït, et on récite la bénédiction :

"ברוך אתה ה' אלוקינו מלך העולם אשר קידשנו במצוותיו וצונו על מצות ערוב"

Puis on dit :

"בהדין עירובא יהא שרא לן לאפויי, ולבשולי, ולאטמוני, ולאדלוקי שרגא, ולאפוקי, ולמעבד כל צרכנא, מיום טוב לשבת

(s'il fait le Erouv aussi pour d'autres personnes, il ajoutera: לנא ול...).

« BeHadène Irouva Yéhé Chara Lane Léafouyé, OuléVachoulé, OuLéatmouné, OuLéadlouké Chraga, OuLéafoukué, OuLmi'avad Kol Tsarkh'ana, MiYom Tov LéChabbat » Celui qui fait le Erouv aussi pour d'autres personnes ajoutera : « Lana OuLé… » (pour nous et pour…).

Explication de la formule : « Par ce Erouv il nous sera permis de cuire au four, de cuisiner, de maintenir au chaud (Hatmana), d'allumer les bougies, de transporter et de faire tout ce dont nous avons besoin, du Yom Tov au Chabbat. »

Obligation de comprendre la formule : On est tenu de comprendre la formule. Celui qui ne comprend pas l'araméen peut la dire dans sa propre langue, ou apprendre la traduction au préalable.

L'institution du Erouv

Cette année, en dehors d’Israel les premières fêtes de Pessah' tombe un jeudi (mercredi soir), et vendredi. Il faut donc faire le Erouv Tavchiline la veille de Pessah' afin de pouvoir préparer de la fête pour Chabbat.

D'après la Torah (selon certains Amoraïm, d'après les Sages), il est interdit de préparer du Yom Tov pour Chabbat. Cependant, puisque si des invités venaient le Yom Tov on pourrait les nourrir de ce qui a été préparé pour Chabbat, l'interdiction n'est que d'ordre rabbinique.

C'est pourquoi, puisqu’on ne peut pas préparer les besoins du Chabbat le Chabbat lui-même, les Sages ont institué de faire un Erouv la veille du Yom Tov : on prépare du pain et un plat cuisiné en l'honneur du Chabbat, de sorte que lorsqu'on cuisine le Yom Tov pour le Chabbat, ce n'est pas un début de travail mais un achèvement de travail.

Il n'y a aucune distinction entre homme et femme : tous sont tenus de faire le Erouv. Par conséquent, une femme qui n'a pas de mari doit faire le Erouv elle-même.

Erouv Tavchiline · ניסן תשפ״ו

13. Avec quoi et quand faire le Erouv Tavchiline ?

En bref : On fait le Erouv avec un pain entier d'un Kabeitsa (à postériori un morceau d'un Kazaït suffit) ou un Kazaït de plat cuisiné accompagnant le pain (œuf cuit, viande ou poisson sans os, conserve) ; à postériori le plat seul vaut, pas le pain seul. On le dépose la veille de Yom Tov ; fait plus tôt, on le refera la veille ; à postériori, au crépuscule jusqu'au Barekhou. Il ne permet de cuisiner que du 2e jour de Yom Tov pour Chabbat, pas du 1er ; à postériori, le plat cuisiné le 1er jour est permis à Chabbat.

Avec quoi fait-on le Erouv

Le pain

  • A priori : un pain (Matsa) entier d'un volume d'un Kabeitsa.
  • A posteriori : même un morceau d'un volume d'un Kazaït suffit.

Le plat cuisiné

  • Un Kazaït de plat cuisiné propre à accompagner le pain, par exemple : un œuf cuit, un morceau de viande ou de poisson, entièrement cuits.
  • Si l'on fait le Erouv avec un œuf et qu'il ne contient pas un Kazaït, on prendra deux œufs. De même pour le poisson ou la viande : on prendra un morceau d'un Kazaït propre à la consommation (sans compter les os).
  • Une boîte de conserve (par exemple du thon) et tout aliment cuisiné propre à accompagner le pain sont valables.

La préparation du plat

  • Pour embellir la Mitsva : on cuisinera le plat la veille de Yom Tov spécialement pour le Erouv.
  • Ce n'est pas indispensable : on peut a priori prendre un pain et un plat que l'on a déjà chez soi.

A posteriori : si l'on a fait le Erouv avec seulement le plat cuisiné (sans pain), c'est valable. Mais si l'on a fait le Erouv avec seulement le pain (sans plat cuisiné), ce n'est pas valable, même pour la cuisson au four.

Le moment de la mise en place du Erouv

  • Il faut déposer le Erouv la veille de Yom Tov (et non les jours précédents).
  • Si l'on a fait le Erouv les jours précédant la veille de Yom Tov : a priori on refera le Erouv la veille de Yom Tov. Si le premier Erouv est encore existant (il n'a pas été perdu ni mangé), on ne récitera pas la bénédiction sur le second Erouv, mais on dira seulement la formule.
  • Si l'on n'a pas refait le Erouv, on peut s'appuyer a posteriori sur le premier Erouv.

A posteriori : si l'on n'a pas fait le Erouv avant le coucher du soleil, on peut le faire pendant le crépuscule (Bein HaChemachot). Si l'on s'en souvient pendant le crépuscule : tant que l'on n'a pas dit le Barekhou du début de la prière de Arvit, on peut faire le Erouv, même si l'on a déjà accepté sur soi le Yom Tov.

Jusqu'à quand peut-on cuisiner du Yom Tov pour Chabbat

  • A priori : bien qu'on ait fait le Erouv, on ne cuisinera pas trop près du soir, afin qu'il reste du temps pour offrir aux invités s'ils viennent. A posteriori : si l'on n'a pas préparé, on peut cuisiner jusqu'à l'allumage des bougies de Chabbat (avant le coucher du soleil).
  • Le Erouv ne permet de cuisiner que du deuxième jour de Yom Tov pour Chabbat, et non du premier jour de Yom Tov pour Chabbat, car c'est ainsi que les Sages l'ont institué. De plus, le deuxième jour de Yom Tov en diaspora a le statut de jour profane selon la Torah. Il n'y a donc aucune permission de cuisiner du premier jour de Yom Tov pour Chabbat lorsqu'il y a un jour profane entre les deux. Cependant, a posteriori, si l'on a préparé le premier jour de Yom Tov, il est permis de manger ce plat le Chabbat.

Erouv Tavchiline · ניסן תשפ״ו

14. Erouv mangé ou perdu, et celui qui n'a pas fait le Erouv

En bref : Si le Erouv a été mangé ou perdu (sans qu'il reste un Kazaït), on ne peut plus cuisiner ni cuire au four pour Chabbat. Celui qui n'a pas fait le Erouv : les autres ne peuvent pas cuisiner pour lui, sauf avec leurs propres provisions ou après qu'il les leur a données en cadeau. En diaspora, on peut faire le Erouv sous condition le premier jour de Yom Tov (pas à Roch Hachana) ; le Erouv du Rav ne vaut que pour celui qui a été empêché ou a oublié, non pour le négligent.

Si le Erouv a été mangé ou perdu

Le Erouv n'est valable que si l'on peut le manger le Chabbat. Par conséquent :

  • Si le plat cuisiné a été perdu ou mangé et qu'il n'en reste pas un Kazaït, on ne peut plus cuisiner ni cuire au four pour Chabbat. (Si seul le pain a été mangé/perdu, c'est permis.)
  • Si l'on a déjà commencé à préparer un plat ou une pâte, même si on ne l'a pas encore mis sur le feu, on peut terminer ce plat ou ce pain uniquement.
  • Si l'on a déjà cuisiné et cuit au four pour le Yom Tov et que l'on n'a pas encore pris le repas du Yom Tov, on peut mettre de côté ce que l'on a préparé pour Chabbat, et préparer un nouveau plat et un nouveau pain pour le Yom Tov.
  • Il est permis de cuisiner beaucoup dans une seule marmite pour le repas du Yom Tov et de laisser le reste pour Chabbat.
  • Si l'on a fait le Erouv chez soi et que l'on est parti dans une autre ville, le Erouv n'est pas valable, car on ne peut pas le manger le Chabbat.

Celui qui n'a pas fait le Erouv

La Halakha de celui qui n'a pas fait le Erouv

  • Il est interdit de cuisiner pour lui, même par d'autres personnes, même chez eux.
  • Les autres n'ont pas le droit de cuisiner pour lui avec ses provisions. Mais avec leurs propres provisions, ils ont le droit de cuisiner, même si c'est uniquement pour lui.
  • Il peut leur donner ses provisions en cadeau et ils cuisineront.

Son épouse et les membres de son foyer sont inclus dans son Erouv, et il n'a pas besoin de faire le Erouv pour eux séparément.

En diaspora, où l'on observe deux jours de Yom Tov, si l'on a oublié de faire le Erouv et que l'on s'en souvient le premier jour de Yom Tov, on peut faire le Erouv sous condition : « Si aujourd'hui est un jour profane et demain est saint, par ce Erouv il nous sera permis de cuire au four, de cuisiner... » Il est préférable de faire le Erouv sous condition plutôt que de s'appuyer sur le Rav de la ville. Cependant, cela ne s'applique qu'au deuxième jour de Yom Tov en diaspora ; pour Roch Hachana, on ne peut pas poser de condition et on s'appuiera sur le Rav de la ville (voir ci-dessous).

Le Erouv du Rav de la ville

Dans chaque ville, le Rav de la ville fait le Erouv pour les habitants qui ne savent pas le faire, qui ont oublié, qui ont été empêchés, ou dont le Erouv a été perdu. Ce Erouv n'est valable que pour celui qui a été empêché, et non pour celui qui a été négligent et n'a pas fait le Erouv en comptant s'appuyer sur le Rav de la ville.

Remarques : Celui qui a oublié lors de cette fête ne pourra pas s'appuyer sur le Erouv du Rav s'il oublie encore lors de la fête suivante, car cela montre qu'il ne se soucie pas des institutions des Sages et il est considéré comme négligent. Certains sont indulgents même dans ce cas, car de nos jours le Rav fait acquérir le Erouv même aux négligents. Mais si l'on a oublié lors de la première fête et que lors de la seconde on avait l'intention de faire le Erouv mais qu'on en a été empêché ou qu'il a été perdu, on peut s'appuyer sur le Erouv du Rav.

Précision : Toute personne peut a priori désigner un émissaire pour faire le Erouv à sa place — son père, son frère ou le Rav de la ville.

Le Mishna Béroura a écrit au nom des décisionnaires qu'il est permis a priori de s'appuyer sur le Erouv du Rav de la ville même s’il n’a pas fait de Erouv intentionnellement. Seul celui qui a l'habitude de faire le Erouv et qui a oublié — puisqu'il n'a pas l'habitude de s'appuyer sur le Rav de la ville — ne pourra pas s'appuyer sur lui. A posteriori, on peut s'appuyer sur ces décisionnaires en raison de la joie du Yom Tov.

Erouv Tavchiline · ניסן תשפ״ו

15. Erouv pour un invité, un fils marié, un employé ou des tiers ; oubli de la bénédiction ou de la formule

En bref : Il est bon que le maître de maison fasse le Erouv aussi pour ses invités (un employé, un fils marié) ; à postériori, on peut s'appuyer sur les opinions selon lesquelles ils sont rattachés à lui. A priori, celui qui a oublié la formule reprend le Erouv ; la bénédiction n'est pas indispensable. Séfarades : on peut allumer sans Erouv, mais il est bon de faire le Erouv pour l'allumage, sans bénédiction. Ashkénazes : a priori donner les bougies à un autre ; même selon les permissifs, une seule bougie.

Un invité, un fils marié et un employé

L'épouse et les membres du foyer d'une personne sont rattachés à elle et inclus dans son Erouv.

Cependant, le Biour Halakha a émis un doute concernant un employé juif : puisque le maitre de maison peut faire acquérir le Erouv à un tiers en le donnant à son employé, ça veut dire qu’il n’est pas rattaché à la maison, ou puisqu’il mange de la maison il est rattaché au maître de maison ?

De là, on peut également déduire pour un invité et un fils marié chez son père : devront-ils faire leur propre Erouv si eux-mêmes ou leur épouse souhaitent aider à la cuisine, ainsi que pour l'allumage des bougies ?

C'est pourquoi il est bon que le maître de maison fasse le Erouv également pour ses invités. A posteriori, s'il ne l'a pas fait pour eux, on peut s'appuyer sur les opinions selon lesquelles ils sont rattachés au maître de maison.

Faire le Erouv pour d'autres personnes

Pour faire le Erouv pour d'autres personnes :

  1. On fait acquérir le plat cuisiné et le pain par l'intermédiaire d'une tierce personne à tous ceux pour qui l'on souhaite faire le Erouv. Celui qui fait l'acquisition soulève le Erouv d'un Téfah' (environ 8 cm). (On peut faire acquérir par un tiers, mais pas par son épouse ni par les membres de son foyer. Les fils mariés peuvent faire l'acquisition pour eux-mêmes ou pour d'autres.)
  2. On reprend le Erouv de sa main, on récite la bénédiction sur la Mitsva du Erouv, et on dit la formule en ajoutant : « Lana OuLéPloni OuLéPloni » (pour nous et pour…).

S'il a déjà fait le Erouv pour lui-même : le Biour Halakha émet un doute sur la possibilité de faire le Erouv sur le même plat ou s'il faut un autre plat. Il est donc préférable de prendre un autre plat.

Celui qui a oublié de réciter la bénédiction ou de dire la formule

A oublié de dire la formule : les décisionnaires sont partagés. Le Ramah a écrit que c'est comme s'il n'avait pas fait le Erouv du tout. Cependant, la Mishna Béroura a écrit au nom du Maharchal et du Taz que la formule n'est requise qu'a priori, et qu'a posteriori, puisqu'il a déposé le plat en vue du Erouv, on peut s'appuyer dessus.

A priori : on statue comme le Ramah — celui qui n'a pas dit la formule doit reprendre le Erouv et dire la formule. S'il ne l'a pas dit avant le Yom Tov, il donnera ses provisions à d'autres et ils cuisineront pour lui. S'il n'y a personne d'autre, il s'appuiera sur les décisionnaires qui permettent.

A oublié la bénédiction : la bénédiction n'est pas indispensable selon toutes les opinions.

L'allumage des bougies sans Erouv

Pour les Séfarades : le Choulh'an Arouh' a écrit que celui qui n'a pas fait le Erouv peut allumer les bougies de Chabbat. A priori, il est bon de faire le Erouv aussi pour l'allumage des bougies, mais sans bénédiction.

Pour les Ashkénazes : le Mishna Béroura cite de nombreux Ah'aronim qui interdisent d'allumer sans Erouv. A priori, il donnera donc les bougies à quelqu'un d'autre qui les allumera pour lui. Même selon les opinions permissives, on ne peut allumer qu'une seule bougie.

Erouv Tavchiline · ניסן תשפ״ו

16. Quand mange-t-on le Erouv et autres cas particuliers

En bref : On mange le Erouv le Chabbat : Léh'em Michné vendredi soir et Chabbat matin, et le pain du Erouv à la Sé'ouda Chelichit. Même sans cuisiner, c'est une Mitsva pour chaque Juif de faire le Erouv, a priori au moins pour allumer les bougies, mais sans bénédiction. Qui s'en souvient à la synagogue le fait sans bénédiction, formule et appui sur l'Erouv du Rav ; si l'Erouv était préparé mais la bénédiction oubliée, on peut dire la formule. Un habitant d'Eretz Israël en diaspora n'en a pas besoin.

Quand mange-t-on le Erouv

On mangera le Erouv le Chabbat.

Pour embellir la Mitsva : il est bon de réciter dessus le Léh'em Michné (double pain) le vendredi soir et le Chabbat matin, et lors de la Sé'ouda Chelichit (troisième repas) on mangera le pain du Erouv — puisqu'une Mitsva a déjà été accomplie avec, on y accomplira encore d'autres Mitsvot.

Celui qui n'a pas l'intention de cuisiner le Yom Tov

Même celui qui n'a pas l'intention de cuisiner le Yom Tov — c'est une Mitsva pour chaque Juif de faire le Erouv, ne serait-ce qu'a priori pour pouvoir allumer les bougies. Cependant, dans ce cas, on ne récitera pas la bénédiction sur le Erouv. Et si finalement il souhaite cuisiner, il le peut, même sans avoir récité la bénédiction.

Celui qui se souvient à la synagogue qu'il n'a pas fait le Erouv

Les décisionnaires sont partagés sur la question de savoir si l'on peut penser à un plat cuisiné et à un pain que l'on a chez soi et faire le Erouv dessus mentalement, ou s'il faut que les aliments soient devant soi. Par conséquent, si l'on n'a pas le temps de retourner chez soi, on fera le Erouv ainsi, sans bénédiction, en disant : « Par tel plat cuisiné que j'ai chez moi, il me sera permis de cuisiner, de cuire au four et d'allumer les bougies du Yom Tov pour Chabbat. »

Et par mesure de précaution supplémentaire, on ajoutera : « Et si mon Erouv n'est pas valable selon la Halakha, je m'appuie sur le Erouv du Rav de la ville. »

Cependant, si l'on avait déjà préparé son Erouv chez soi mais qu'on a simplement oublié de réciter la bénédiction et de dire la formule, on peut certainement être indulgent et dire la formule maintenant.

Un habitant d'Eretz Israël en diaspora

Un habitant d'Eretz Israël qui se trouve en diaspora pour le Yom Tov n'a pas besoin de faire le Erouv pour préparer du Yom Tov au Chabbat, puisque pour lui le vendredi est un jour profane, et il n'y a pas de problème d'apparence (Mar'it Aïne) car c'est un acte fait en privé. En conséquence, il ne peut pas non plus faire le Erouv au nom du maître de maison.

Les travaux permis grâce au Erouv

Grâce au Erouv, il est permis de préparer les lits, de laver la vaisselle et de rouler le Séfer Torah le Yom Tov pour les besoins du Chabbat.

Si l'on a déposé un Erouv en vue de cuisiner le Yom Tov pour Chabbat et que finalement on n'a pas besoin de cuisiner, on n'est pas obligé de cuisiner pour que la bénédiction ne soit pas considérée rétroactivement comme vaine.

Chavouot — Limite ou proximité · סיון תשפ״ו

17. Chavouot — Limite ou proximité

Quand on évoque le don de la Torah, il semble à première vue qu'il s'agisse de la plus grande proximité de Hachem avec Son peuple. Hachem voulait offrir Sa Torah, ce cadeau qu'Il avait gardé deux mille ans, et cherchait à qui le donner ; et finalement, Il le confie à Son peuple, Se révèle à eux,
«Panim bépanim diber Hachem imakhem», face à face Hachem vous a parlé. Hachem a ouvert les sept cieux, dévoilant à Son peuple tout Son amour.

Et pourtant, c'est précisément à ce moment d'amour que l'on rencontre des limitations sans fin: les Yémé Hagbala (les jours de retrait), Moché Rabbénou ajoute encore un jour de lui-même, il est interdit au peuple de monter sur le Har Sinaï, «Hagbel et hahar», délimite la montagne, Aharon, les Cohanim et les anciens sont eux aussi limités, et même Moché Rabbénou, qui peux s'approcher, ne peut monter jusqu'au sommet !

Pourquoi rencontre-t-on cette limitation justement à ce moment de proximité ?

Dans le mariage se retrouve cette même contradiction: lorsqu'un homme épouse une femme, le terme Kiddouchin signifie qu'elle lui sera réservée, qu'elle lui sera particulière, mais en même temps elle devient interdite au monde entier ! Pourquoi donc la proximité entraîne-t-elle la limitation ?

Pour répondre à cette question, on peut soulever une autre interrogation. Il est connu qu'au don de la Torah, Hachem a fait le tour de toutes les nations et leur proposa la Torah, afin qu'elles n'aient aucun prétexte pour dire : pourquoi as-Tu donné la Torah à Israël et pas à nous ? Aussi il proposa à chaque nation la Torah, mais celles-ci demandèrent ce qui y était écrit, et Hachem, au lieu de leur exposer les belles choses qu'elle contient, il y a le Chabbat, il y a les jours de fêtes…, leur montra la Mitsva la plus difficile pour eux. Or, les nations du monde pourraient venir prétendre : pourquoi à Israël n'as-Tu pas montré ce qui leur était difficile; à nous, Tu as montré le coté difficile, c'est pour cela que nous n'avons pas accepté la Torah ; si Tu nous avais montré le beau côté, nous l'aurions acceptée et nous aurions ensuite surmonté les difficultés.

On pourrait répondre que les Bnei Israël n'ont pas demandés ce qui y est écrit mais ont déclaré « Naassé Vénichma ». Mais le Avné Nézer répond autrement.

Selon le Avné Nézer, à Israël aussi Hachem commença par la Mitsva la plus difficile pour eux : la Mitsva de Hagbala ! La Mitsva de la limitation est un commandement qui est contre la nature juive et opposé à l'essence même de l'âme divine.

L'âme divine est H'elek E'loka Mimaal, elle vient de la lumière du Eïn Sof. C'est pourquoi les Juifs veulent engloutir le monde, tant spirituellement que matériellement, parce que leur âme brûle !

Comme l'écrit Rabbi Nahman, le cœur du Juif brûle à l'infini ; l'âme juive brûle, elle veut se rapprocher, sauf qu'elle a aussi un corps qui dissimule cette ferveur.

Aussi l'âme, par sa nature, est incapable de supporter les limites ; c'est pourquoi Hachem a prévenu, et encore prévenu, à propos de cette Mitsva de Hagbala, de peur que l'âme ne brise la limite et ne désire se fondre dans la lumière de l'Eïn Sof.

Comme explique le Or Hah'aim à propos des fils de Aharon qui par leur amour pour Hachem, il ne pouvait plus supporter leur corps et ils se sont complètement attachés à la lumière divine jusqu'à ce que leur âme quittât leur corps!

Et c'est là que se cache le secret: grâce à la limitation, et seulement de là, Israël a mérité le niveau de «Panim Bépanim», face à face. La limitation ne vient pas empêcher la proximité, elle vient au contraire la rendre possible.

La dimension de l'acte, le lien qui dépasse l'intellect

Pourquoi, faut-il des limites ?

L'explication tient à une vérité profonde sur la nature même du lien avec Hachem. « Lét mahachava tefissa béh kelal », aucune pensée ne peut Le saisir. Ni l'intellect ni le sentiment. Tous deux sont des outils limités, et jamais ils ne pourront se lier à Hachem.

C'est précisément l'acte simple qui nous relie à Lui. Lorsqu'un homme accomplit une Mitsva non par raisonnement ni par sentiment, mais simplement «parce que Hachem l'a ordonné», il se relie directement à Lui.

Les 613 Mitsvot (Taryag Mitsvot) ne sont pas un joug imposé sur nous, mais « Taryag itin », six cent treize conseils que Hachem nous a donnés sur la manière de nous attacher à Lui. Chaque Mitsva est un canal, chaque interdit est un Kéli, chaque limite est une porte.

De l'animal à l'homme, transformer la matière en Kéli

Le processus de construction de notre rapport avec Hachem se reflète dans le déroulement des jours de la Sefira.

Au début de la Sefira, pour le Korban HaOmer, on offre de l'orge. L'orge est une nourriture pour animaux. L'animal mange quand l'envie lui vient, agit par pulsion, sans poser de questions. Elle est entièrement matérielle.

À la fin de la Sefira, à Chavouot, on apporte les deux pains. Les deux pains sont faits de blé, nourriture humaine.

Telle est le travail des jours de la Sefira : passer de la bête à l'homme. Non pas fuir la matière, mais la sanctifier.

Le Messilat Yécharim distingue deux degrés : la pureté (tahara) et la sainteté (kedoucha). La pureté, s'interdire toute chose matérielle. La sainteté est supérieure, « Kadech atsmekha bémoutar lakh » : sanctifie-toi dans ce qui t'est permis. Mange, mais pour Hachem. Travaille, mais pour Hachem. « Tsadik okhèl lessova nafcho », le juste mange pour rassasier son âme. Non pas fuir le monde, mais l'élever.

Moitié pour Hachem, moitié pour vous

La Guemara rapporte une discussion. Rabbi Eliézer dit qu'à Yom Tov, on s'occupe d'une seule chose, soit de manger et de boire, soit de l'étude de la Torah. Rabbi Yéhochoua dit : moitié pour Hachem, moitié pour vous.

Et la Guemara ajoute : « Hakol modim béAtsérét débaïnan nami lakhem ». Le jour du don de la Torah, tout le monde s'accorde à dire qu'il faut aussi la part matérielle. Pourquoi? Parce que c'est le jour où la Torah a été donnée, pour montrer que ce jour est agréable et accepté par Israël.

Précisément le jour où la Torah a été donnée, on insiste sur la nécessité de manger et de boire. Pourquoi ?

C'est là toute la différence. La Torah n'est pas en dehors de la vie, elle la guide. Lorsqu'un Juif vit avec la Torah, sa vie la plus simple devient elle-même service de Hachem.

C'est pourquoi le Rabbi de Kotzk avait coutume de dire : «moitié pour Hachem et moitié pour vous», il ne faut pas le diviser dans la largeur, mais dans la longueur. Non pas une moitié du jour pour Hachem et l'autre pour soi, mais à chaque instant, dans chaque acte, à la fois pour Hachem et pour soi.

La couronne, la limite qui élargit

La Torah est appelée « Atara chéitra lo immo » la couronne dont Sa mère l'a couronné.

La couronne symbolise la puissance, mais aussi la limitation. Un roi n'est pas libre comme l'homme du commun. Il ne peut pas faire tout ce qui lui passe par la tête. La couronne le limite, justement à cause de sa grandeur.

De cette façon on peut expliquer le Passouk «Moussar Hachem béni al timass», ne dédaigne pas, mon fils, la réprimande de Hachem.

La réprimande de Hachem, c'est que tu es Son fils. Et puisque tu es fils de roi, il n'est pas digne de toi de te conduire comme un homme de la rue. La limite naît de l'honneur, non de l'oppression.

La parabole de la barrière

On peut comparer ça à une barrière. Un homme se tient sur un toit élevé, sans barrière, il a peur. Chaque pas le menace. Il avance avec prudence, presque immobile.

Que fait-on ? On installe une barrière. Une limite. On délimite l'espace. Et voici la merveille : c'est précisément à partir du moment où il a été limité qu'il peut courir librement sur toute la surface du toit. La limite ne l'a pas réduit, elle l'a libéré.

Tel est le secret de la femme comme rempart de son mari, et c'est la raison des sept tours de la mariée autour du marié sous la Houppa : la construction de la H'oma, la muraille. « Haré at mékoudéchèt li », te voici consacrée à moi, ce sont des paroles de limite. Mais cette limite est ce qui ouvre tout l'espace de la relation.

Et c'est là le secret de la Torah. «Hen yirat Hachem hi h'okhma», voici, la crainte de Hachem est sagesse, et nos Sages d'expliquer : « Hen », c'est « un » en grec ancien. La seule sagesse qui mérite le nom de sagesse, c'est celle qui mène à la crainte. Une sagesse sans crainte, sans limite, n'est pas une sagesse du tout. C'est de la sauvagerie.

Routh, la volonté

A Chavouot nous lisons la Méguila de Routh.

En quoi Routh se distinguait-elle d'Orpa ? Toutes deux avaient pris la route ensemble. Toutes deux voulaient suivre Naomi. La différence se révéla au moment où Naomi se tourna vers elles et les mit en garde. "Sachez que celui qui désobéi au Mitsvot peux être tuer par le beth Din". Elle leur parla avec raison, et Orpa, en entendant cette raison, retourna sur ses pas. Routh, elle, fut tenace. Elle s'efforça. Elle voulut véritablement.

Rabbi Nathan demande : que cherchait Naomi à travers ses arguments ? Routh voulait pourtant faire le bien ! Mais, dit Rabbi Nathan, Naomi l'éprouvait. Peut-être que maintenant, dans cet état d'élévation, Routh veut se convertir parce qu'elle pense devenir une juste. Mais même si elle devait être mauvaise et Racha, voudrait-elle encore être juive ? Sa volonté est-elle de principe, ou dépend-elle des résultats ?

Et Routh répondit : oui. Elle voulait le lien lui-même, non ses résultats. Tel est le secret de la royauté que Routh va mettre au monde, une volonté qui ne dépend de rien, une volonté pour le lien lui-même. Et c'est exactement le point auquel nous sommes appelés à parvenir à Chavouot.

Le secret de l'attente, l'excès de lumière

Mais la volonté, à elle seule, ne suffit pas. Elle peut même être dangereuse.

Moché Rabbénou ajouta un jour de lui-même, un jour de retrait supplémentaire avant le don de la Torah. Et Hachem fut d'accord avec lui. Pourquoi ?

Là réside un fondement immense que la Kabbala nous enseigne : le secret du « ribouï or », l'excès de lumière.

On peut comparer ça a la lumière, si je dirige un projecteur sur une personne ça l'éblouie, ça ne l'éclaire pas, c'est qu'une petite lumière qui pourra lui permettre de voir.

Voilà à quoi servent les Taryag Mitsvot. Elles n'ajoutent pas de la ferveur, elles la restreignent. Elles transforment le feu infini en une flamme capable d'éclairer dans le monde de l'action.

Ainsi en va-t-il de notre lien avec Hachem. Nous ne sommes pas capables de capter la lumière infinie telle qu'elle est. Si nous y étions exposés directement, nous serions anéantis. C'est pourquoi Hachem nous a donné des transformateurs : la Torah, les Mitsvot, les limites, les temps. À travers eux, nous nous lions à Lui véritablement, à Son essence, mais à la mesure de ce que nos récipients peuvent contenir.

Et l'inverse est également vrai. Celui qui possède de grandes forces et cherche à se relier par un récipient trop petit, lui non plus ne pourra pas agir.

La limitation est la proximité

Maintenant, nous pouvons revenir à notre première question. Chavouot, proximité ou éloignement ?

La réponse est qu'il n'y a là aucun paradoxe. Précisément celui qui aspire à la véritable proximité, comprend qu'il a besoin de limites. Non pas parce que Hachem serait lointain, mais parce que nous sommes finis et qu'Il est infini. Les limites ne L'éloignent pas, elles édifient en nous les récipients capables de Le recevoir.

Avant le don de la Torah, on nous a demandé trois Yémé Hagbala. Non pour nous éloigner de Hachem, mais pour nous en rapprocher. Non pour fuir la sainteté, mais pour bâtir un récipient capable de la contenir.

«Haba létaher messayine oto», celui qui vient se purifier, on l'aide. Sortir de l'impureté, il faut le faire immédiatement. Mais pour entrer dans la sainteté, là il est dit « attends ». Prépare des récipients. Ne te précipite pas.

Et tel est le secret de Chavouot. Ce n'est pas une fête de rupture des limites, c'est une fête de construction des récipients destinés à contenir Hachem. Ce n'est pas une fête d'éloignement de la matérialité, c'est une fête de sanctification de la matérialité. Ce n'est pas une fête où nous nous perdons dans la lumière, mais une fête où la lumière entre en nous.

Chavouot Saméah'.

Les lois de Chavouot · סיון תשפ״ו

18. Rester éveillé la nuit de Chavouot : les Birkhot HaChaH'ar et la Nétilat Yadaïm

En bref : Séfarades : celui qui n'a pas dormi se lave les mains trois fois en alternance à l'aube sans bénédiction, puis récite depuis Elokaï Nechama toutes les Birkhot HaChaH'ar, y compris HaMa'avir H'evlé Chéna, après Alot HaChaH'ar. Ashkénazes : on ne récite pas Elokaï Nechama ni HaMa'avir H'evlé Chéna, et l'on s'efforce de les entendre de quelqu'un qui a dormi ; on récite Al Nétilat Yadaïm et Acher Yatsar après les toilettes, sinon on se lave sans bénédiction. Chacun suivra sa coutume.

Comme on le sait, à Chavouot il n’y a pas de Mitsva spécifique, contrairement à Pessah’ où l’on est tenu de manger de la Matsa, et à Soukkot où l’on est tenu de manger dans la Soukka. Cependant, il existe une coutume de rester éveillé la nuit de Chavouot et d’étudier. Cette coutume a été instituée par le Zohar, qui a écrit qu’ils avaient l'habitude de rester éveillés toute la nuit et s’adonnaient à l’étude de la Torah.

Comme l’a écrit le Mishna Beroura1: « Sache que quiconque n’a absolument pas dormi de la nuit et s’est adonné à l’étude de la Torah, il lui est garanti qu’il terminera son année et qu’aucun dommage ne lui arrivera. »

Le Maguène Avraham rapporte la raison : les Bnei Israel, dormaient encore le matin et Hachem dû les réveiller pour recevoir la Torah. C’est pourquoi nous devons réparer cela, en restant réveillé toute la nuit pour étudier la Torah.

Étant donné que c’est le jour où la Torah a été donnée, on s’efforce spécialement de se comporter selon la Halakha. C’est pourquoi nous allons essayer de clarifier quelques lois relatives à cette nuit sainte, ainsi qu’à la fête de Chavouot en général.

Quand récite-t-on les Birkhot HaChaH’ar et que récite-t-on?

Selon les Séfarades : celui qui n’a pas dormi de la nuit doit se laver les mains trois fois en alternance à l’aube (Alot HaChaH’ar) sans bénédiction. Ensuite, (il est bon qu’il aille aux toilettes au préalable, afin de pouvoir réciter aussi la bénédiction d’Acher Yatsar avant Elokaï Nechama) il récitera depuis Elokaï Nechama toutes les Birkhot HaChaH’ar, y compris HaMa’avir H’evlé Chéna (car on récite la bénédiction selon l’habitude du monde, qui dort).

Ces bénédictions se récitent après Alot HaChaH’ar, car les bénédictions de la veille couvrent toute la journée et toute la nuit qui suit, tant que l’on n’est pas allé dormir (une demi-heure sur son lit) jusqu’à Alot HaChaH’ar. Toutefois, on n’est pas obligé de les réciter immédiatement ; on peut les réciter plus tard, l’essentiel étant de les réciter avant la prière.

Selon les Ashkénazes : on ne récite pas la bénédiction d’Elokaï Nechama et de HaMa’avir H’evlé Chéna, car selon l’avis du Cha’aré Techouva, il y a un doute : la formule se rapporte-t-elle à celui qui la récite, et il n’a pas dormi —, ou bien à l’usage du monde ? C’est pourquoi il faut s’efforcer de les entendre de quelqu’un qui a dormi. Par ailleurs, on a l’habitude d’aller aux toilettes avant la Nétila, et alors on récite Al Nétilat Yadaïm et Acher Yatsar. Mais si l’on n’a pas besoin d’aller aux toilettes, on se lave les mains sans bénédiction, (le fait de toucher les parties couvertes du corps ne suffit pas pour obliger la bénédiction).

Selon la Kabbala : la coutume des Séfarades est de réciter les Birkhot HaChaH’ar après H’atsot (minuit halakhique), excepté la bénédiction sur la Nétilat Yadaïm et les Birkhot HaTorah. À Alot HaChaH’ar, on se lave les mains sans bénédiction.

Chacun suivra sa coutume.

  1. Siman 494, Séïf 1

Les lois de Chavouot · סיון תשפ״ו

19. Récite-t-on les Birkhot HaTorah quand on n'a pas dormi ?

En bref : Séfarades : on récite les Birkhot HaTorah même sans avoir dormi, à partir de Alot HaChaH'ar (pas avant). Ashkénazes : on ne les récite pas ; on cherche à les entendre de quelqu'un qui a dormi, ou on a l'intention de s'acquitter par Ahava Rabba, en étudiant un peu juste après la prière. Solutions : avoir dormi une demi-heure sur son lit la veille de Chavouot, ou avoir eu l'intention dans les Birkhot HaChaH'ar de ne couvrir que jusqu'au lendemain.

Récite-t-on les Birkhot HaTorah ?

Les Séfarades ont l’habitude de réciter les Birkhot HaTorah même s’ils n’ont pas dormi, à partir de Alot HaChaH’ar et pas avant.

Les Ashkénazes ont l’habitude de ne pas les réciter. Ils s’efforcent d’entendre les Birkhot HaTorah de quelqu’un qui a dormi. Ou bien ils ont l’intention, dans la bénédiction d’Ahava Rabba, d’acquitter leur obligation des Birkhot HaTorah, mais dans ce cas ils doivent étudier un peu immédiatement après la prière.

Il existe deux solutions pour les Ashkénazes afin de pouvoir réciter les Birkhot HaTorah :

  1. S’il a dormi une demi-heure sur son lit le jour, la veille de Chavouot, il peut réciter les Birkhot HaTorah le matin même selon les Ashkénazes, car il est obligé dans tous les cas : si la Halakha suit l’avis de Rabbénou Tam selon lequel cela dépend de Alot HaChaH’ar, Alot est arrivé ; et si la Halakha suit l’avis du Roch selon lequel cela dépend du sommeil, il a déjà dormi.
  2. Qu’il ait l’intention, lors des Birkhot HaChaH’ar de la veille de Chavouot, de ne couvrir que jusqu’au jour suivant. Ainsi, le lendemain, il pourra réciter les Birkhot HaTorah selon toutes les opinions.

S’il a l’intention d’aller dormir après la prière, certains disent qu’il peut continuer à étudier même après Alot HaChaH’ar sans Birkhot HaTorah.

Celui qui a dormi, combien doit-il dormir et quelle est sa loi ?

S’il a dormi une demi-heure sur son lit, il peut réciter toutes les bénédictions et les Birkhot HaTorah avant Alot HaChaH’ar. Il lui est interdit d’étudier tant qu’il n’a pas récité les Birkhot HaTorah. En revanche, s’il s’est assoupi sur la table, même pendant longtemps, il ne récitera pas la bénédiction sur la Nétilat Yadaïm, car c’est considéré comme un sommeil occasionnel.

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20. Le moment de Alot HaChaH'ar et le Kriat Chéma al HaMita la nuit de Chavouot

En bref : Alot HaChaH'ar : 72 min avant le lever du soleil selon le Choulh'an Arouh' (Mil = 18 min), 90 min selon le Gra (Mil = 22,5 min). Séfarades : étudier jusqu'au second horaire (72 min), puis se laver les mains et bénir. Ashkénazes : dès le premier (90 min), un doute ; certains s'abstiennent, d'autres étudient sans bénédiction ; qui compte dormir peut, selon certains, étudier après Alot. Nuit de Chavouot : il est bon de réciter le Kriat Chéma al HaMita avant H'atsot, tous les versets sauf HaMapil.

Quel est le moment de Alot HaChaH’ar ? Et est-il permis d’étudier entre le premier et le second Alot ?

Les décisionnaires sont partagés sur le moment de Alot HaChaH’ar :

L’avis du Choulh’an Arouh’ : Alot HaChaH’ar est quatre Mil avant le lever du soleil, et le Mil équivaut à 18 minutes. Alot HaChaH’ar se situe donc 72 minutes avant le lever du soleil.

Le Gaon de Vilna (Gra) considère que la durée du Mil est de 22,5 minutes. Alot HaChaH’ar se situe donc 90 minutes avant le lever du soleil.

Selon les Séfarades : Alot HaChaH’ar est le second horaire indiqué dans les calendriers (Alot HaChaH’ar 72 minutes). Jusqu’à ce moment on peut étudier, et à partir de ce moment il faut s’arrêter, se laver les mains et réciter les Birkhot HaTorah (et les Birkhot HaChaH’ar).

Selon les Ashkénazes : à partir du premier horaire de Alot HaChaH’ar, 90 minutes avant le lever du soleil, on entre dans un doute. C’est pourquoi certains ont l’habitude de ne pas étudier à ce moment (à la place, ils vont au Mikvé ou font d’autres choses), et seulement après le second horaire de 72 minutes ils se lavent les mains et récitent les Birkhot HaChaH’ar et les Birkhot HaTorah. Cependant, certains disent qu’il n’y a pas d’interdiction d’étudier sans bénédiction si l’on ne peut pas réciter la bénédiction en raison du doute1, et qu’il ne faut pas annuler l’étude de la Torah pour cela.

Mais comme nous l’avons écrit plus haut, s’il a l’intention d’aller dormir après la prière, certains disent qu’il peut continuer à étudier même après Alot HaChaH’ar sans Birkhot HaTorah.

Faut-il réciter le Kriat Chéma al HaMita (Chéma du coucher) ?

Selon le Pchat : on récite le Kriat Chéma al HaMita juste avant de dormir, afin d’éloigner les forces nuisibles qui surviennent pendant le sommeil. On le récite donc juste avant le coucher, et seulement si l’on va dormir.

Selon la Kabbala: le but est différent (des Yih’oudim qui se réalisent en Haut au moment de H’atsot), et c’est pourquoi il faut le réciter même si l’on ne dort pas, et toujours avant H’atsot, même si l’on va dormir après H’atsot. Par conséquent, la nuit de Chavouot, il est bon de réciter le Kriat Chéma al HaMita juste avant H’atsot, avec tous les versets, excepté la bénédiction de HaMapil (qui est réservée au sommeil, même selon les Mékoubalim).

  1. H'azone Ich, le Gaon Rav Chelomo Zalman Auerbach, et le Gaon Rav Yossef Chalom Elyachiv.

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21. Que faut-il étudier la nuit de Chavouot ? Le Tikoun, le Mikvé et la réception de la Torah

En bref : La nuit de Chavouot, il faut étudier le Tikoun : selon le Arizal, le Tanakh et un peu de Zohar (environ deux heures), puis étudier ce qu'il plaît le reste de la nuit ; même celui qui désire étudier la Guémara et les Richonim doit faire le Tikoun. À l'aube, peu avant Alot HaChaH'ar, il faut s'immerger au Mikvé, immersion la plus importante de l'année. À Chavouot, on aura une intention particulière dans Ahavat Olam / Ahava Rabba.

Que faut-il étudier ?

Le Kaf HaH’aïm1 rapporte le Zohar qui a écrit dans son introduction :

"למחדי עמה בתיקונהא דאיהי אתתקנת למלעי באורייתא מתורה לנביאים, ומנביאים לכתובים, ובמדרשות דקראי וברזי דחכמתא בגין דאלין אינון תיקון דילה ותכשיטהא"

« Grace à la Torah qu’ils étudient pendant la nuit de Chavouot la Chékhina se pare et s’embellie. C’est pourquoi il faut étudier, de la Torah aux Prophètes, des Prophètes aux Ktouvim, les enseignements sur les versets et dans les secrets de la Kabbala, car ce sont sa parure et ses bijoux. »

Et continue le Kaf HaH’aïm « C’est ainsi que le Arizal a organisé la lecture de toute la Torah : les trois premiers et les trois derniers versets de chaque Paracha, et à certains endroits il a ajouté des Parachiot entières comme il est imprimé dans les Sidourim, ainsi que le début et la fin de chaque livre des Prophètes et des Ktouvim. Puis le reste de la nuit les secrets de la Torah dans le Zohar, selon la capacité de compréhension de chacun. »

Plus tard, on a ajouté les 613 Mitsvot, des Midrachim et des secrets de la Torah.

C’est pourquoi le Choulh’an Arouh’ HaRav, le Ben Ich H’aï, ainsi que le Or LeTsion ont écrit que même celui qui désire étudier la Guémara et les Richonim, doit étudier cette nuit le Tikoun.

Le compromis est le suivant : selon le Arizal, il faut étudier uniquement le Tanakh et un peu de Zohar, ce qui prend environ deux heures. Pendant tout le reste de la nuit, on étudiera ce qu’il lui plait.

Le H’ida a écrit dans le Lev David, à propos de ceux qui changent la coutume d’Israël et ne disent pas le Tikoun : « Et qui est plus grand que la sainte H’avrouta de Maran le Beit Yossef et de Maharach Alkabèts, qui lisaient cette nuit sainte du Mikra et de la Michna, comme il est rapporté dans le Chela. »

Cependant, le H’ok Ya’akov a écrit que le Tikoun n’a été institué que pour les gens du peuple (Amé Haarets) qui ne savent pas étudier, c’est pourquoi ils disent le Tikoun. Mais les érudits n’ont rien d’autre à faire que d’étudier la Guémara et les décisionnaires.

Les Mékoubalim sont partagés quant à savoir si l’on peut étudier des Michnayot cette nuit : le Chela rapporte la coutume du Arizal d’étudier des Michnayot, et rapporte un récit du Beit Yossef qui a mérité une révélation de la Chékhina grâce à l’étude des Michnayot. D’un autre côté, le H’ida rapporte qu’il ne faut pas étudier de Michnayot, et c’est aussi ce qu’écrit le Kaf HaH’aïm.

C’est pourquoi chacun fera selon son désir.

Il convient de veiller à ne prononcer aucune parole vaine toute la nuit jusqu’après avoir dit Kéter dans le Moussaf (car c’est à ce moment que montent toutes les parures de la fiancée qu’on a confectionnées pendant la nuit).

La coutume de l’immersion au Mikvé à l’aube

Le Arizal a écrit que lorsque arrive l’aube, peu avant Alot HaChaH’ar, au moment où le ciel commence à s’assombrir, il faut s’immerger au Mikvé.

Il est écrit dans les Sfarim que cette immersion est la plus importante de l’année, car elle correspond à la cinquantième porte (Cha’ar HaH’amichim). C’est également ce qu’a écrit le Chela Hakadoch.

La réception de la Torah à Chavouot

Étant donné qu’à Chavouot nous avons reçu la Torah, et que nous la recevons à nouveau chaque année au même moment, il est 2crit dans les Sfarim ont qu’il faut avoir une intention particulière dans la bénédiction d’Ahavat Olam / Ahava Rabba, que Hachem illumine nos yeux dans Sa Torah,

להבין ולהשכיל, לשמוע ללמוד וללמד, לשמור ולעשות ולקיים את כל דברי תלמוד תורתו באהבה.

que nous méritions de comprendre et de saisir, d’écouter, d’apprendre et d’enseigner, de garder, d’accomplir et de réaliser toutes les paroles de l’étude de Sa Torah avec amour.

  1. Siman 494, Séïf Katan 7.

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22. Les aliments laitiers à Chavouot

En bref : On a l’habitude, dans de nombreux endroits, de manger des aliments laitiers le premier jour de Chavouot. On mange aussi des aliments à base de viande — en souvenir des deux pains du Temple —, tout en étant vigilant sur les lois d’attente entre les deux, et la coutume rapporte également de manger du miel et du lait, la Torah étant comparée au miel et au lait.

Les aliments laitiers

Le Ramah1 a écrit : « On a l’habitude dans de nombreux endroits de manger des aliments laitiers le premier jour de Chavouot. »

Le Ramah a donné la raison, et la Mishna Beroura l’explique : de même qu’à Pessah’ on fait un souvenir du Korban Pessah’ et du Korban H’aguiga, en plaçant sur le plateau du Séder le Zeroa (os) et l’œuf, de même à Chavouot on veut faire un souvenir des deux pains (Chté HaLeh’em) que l’on apportait au Temple. C’est pourquoi on mange des aliments laitiers et des aliments à base de viande, afin d’être obligé d’apporter deux pains (car on ne peut pas manger lors d’un repas de viande le même pain qui était sur la table lors du repas laitier).

La Mishna Beroura donne encore une autre raison : lorsqu’ils revinrent de la réception de la Torah, ils ne trouvèrent chez eux rien à manger hormis des aliments laitiers, car la viande nécessitait beaucoup de préparations, l’abattage avec un couteau vérifié, le salage, le retrait des graisses interdites (Nikour), la cuisson dans des ustensiles neufs. C’est pourquoi ils ne mangèrent que des aliments laitiers, et en souvenir de cela, nous aussi nous mangeons des aliments laitiers.

Il est écrit dans le Talmud Yerouchalmi: lorsque Moché Rabbénou monta au ciel après la brisure des Tables de la Loi, les anges dirent devant Hachem : « À peine hier ils l’ont transgressée, comment veux-Tu leur redonner la Torah ? » Hachem leur répondit : « Et vous, quand vous étiez chez Avraham Avinou, vous avez mangé de la viande avec du lait, comme il est écrit : « Il prit du beurre, du lait et le veau, et les plaça devant eux ». Alors qu’eux, quand un enfant revient de l’école et que sa mère lui donne de la viande avec du lait, il lui dit : « Aujourd’hui à l’école on nous a enseigné : Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère. » »

C’est pourquoi on mange des aliments laitiers et des aliments à base de viande, et on est vigilant sur les lois d’attente entre les deux, pour montrer combien nous sommes attentifs à ces lois.

La Mishna Beroura rapporte encore la coutume de manger du miel et du lait, car la Torah est comparée au miel et au lait : « Du miel et du lait sous ta langue. »

  1. Siman 494, Séïf 3

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23. Fixer un repas sur des aliments Mézonot : HaMotsi ou Mézonot ?

En bref : Fixer un repas sur des Mézonot oblige à réciter HaMotsi et Birkat HaMazone ; à priori, décider avant de commencer la quantité que l'on mangera. Séfarades : 3 à 4 œufs (162 à 216 g) ; soit moins (Mézonot et Al HaMih'ya), soit plus (HaMotsi et Birkat HaMazone) ; entre les deux, Al HaMih'ya. Ashkénazes : jusqu'à 6 œufs (325 g) Al HaMih'ya, au-delà HaMotsi et Birkat HaMazone ; si rassasié dès 216 g, Birkat HaMazone ; les garnitures comptent dans le calcul, contrairement aux Séfarades.

Fixer un repas sur des aliments Mézonot

Celui qui souhaite accomplir la coutume de manger des aliments laitiers en mangeant des Mézonot doit veiller à ne pas entrer dans un doute ou même une certitude de bénédiction de HaMotsi et de Birkat HaMazone.

Certains pensent à tort que pour être obligé de réciter HaMotsi sur des Mézonot, il faut en manger une très grande quantité, mais en réalité on atteint la quantité requise très rapidement. Le principe est le suivant : étant donné qu’un gâteau et la plupart des aliments Mézonot sont en principe du pain (farine et eau), mais qu’on y a ajouté des ingrédients sucrés (et pour encore d’autres raisons), ils sortent de la catégorie du pain et on récite Mézonot, ce n’est pas du pain que l’on mange pour se rassasier mais comme un dessert, pour le plaisir. Cependant, si l’on fixe un repas dessus, le Choulh’an Arouh’ a statué qu’il faut réciter HaMotsi et Birkat HaMazone sur le gâteau.

Les décisionnaires sont partagés sur la quantité nécessaire pour être obligé de réciter HaMotsi et Birkat HaMazone, trois ou quatre œufs (Kabeitsim), soit entre 162 grammes et 216 grammes.

Pour les Séfarades : il est préférable de ne pas entrer dans le doute en mangeant entre 162 g et 216 g. On mangera soit moins et on récitera Mézonot et Al HaMih’ya, soit plus et on se lavera les mains au préalable et on récitera HaMotsi et Birkat HaMazone sur le gâteau.

Quoi qu’il en soit, celui qui a mangé plus de 162 g mais moins de 216 g récitera Al HaMih’ya.

Selon les Ashkénazes : le Gaon de Vilna considère que la quantité est plus grande, six œufs, soit 325 grammes. Jusqu’à cette quantité on récite Al HaMih’ya, et au-delà on récite HaMotsi et Birkat HaMazone. Mais si l’on est rassasié dès quatre œufs (216 g), on récitera Birkat HaMazone.

En règle générale, celui qui a l’intention de manger plus que la quantité qui oblige HaMotsi et Birkat HaMazone doit se laver les mains avec bénédiction et réciter HaMotsi sur le gâteau, puis réciter Birkat HaMazone.

S’il pensait manger moins, ou qu’il n’a pas pensé à cette loi et a récité Mézonot : s’il a désormais l’intention de manger encore une quantité obligeant la bénédiction (il a l’intention de manger encore 216 g pour les Séfarades ou 325 g pour les Ashkénazes), il se lavera les mains avec bénédiction et récitera HaMotsi, continuera à manger et récitera Birkat HaMazone à la fin du repas.

S’il n’a pas l’intention de manger encore cette quantité, il continuera à manger et récitera Birkat HaMazone à la fin du repas.

Cependant, le Cha’ar HaTsiyoun écrit qu’il faut réciter à nouveau Mézonot, car il n’avait l’intention de manger que la quantité originale, et son cas est donc celui d’un Nimlakh (qui a changé d’avis). C’est pourquoi selon les Ashkénazes il faut réciter à nouveau Mézonot. Mais le Kaf HaH’aïm distingue entre celui qui est encore au milieu de son goûter, qui ne récitera pas à nouveau, car il n’a pas encore terminé, et celui qui a fini de manger et qui change d’avis pour continuer, qui récitera à nouveau Mézonot. Telle est la coutume chez les Séfarades (certains décisionnaires statuent que même les Séfarades doivent réciter comme le Cha’ar HaTsiyoun, même au milieu du repas).

C’est pourquoi il faut veiller avant de commencer à manger à décider quelle quantité on souhaite manger et réciter la bénédiction adéquate en conséquence.

La question est de savoir ce qui entre dans le calcul de cette quantité : il est évident que toute la pâte du gâteau entre dans le calcul (pas seulement la farine mais aussi les œufs, l’huile et le sucre...).

Mais la question est de savoir si la garniture et les aliments que l’on mange avec le gâteau entrent dans le calcul ou non. Par exemple, des crackers avec du fromage, ou de la salade, des Bourékas avec une garniture de pommes de terre, de viande ou de fromage, un pain Mézonot avec de la charcuterie... Mais les aliments qui n’ont aucun rapport, qu’on n’a pas l’habitude de manger ensemble, ne sont certainement pas comptés selon toutes les opinions.

Le Maguène Avraham considère que cela entre dans le calcul. C’est pourquoi selon les Ashkénazes, on additionne toutes les garnitures et tous les accompagnements jusqu’à la quantité de six œufs (325 g).

Mais le Birké Yossef écrit qu’ils ne sont pas comptés, et c’est ainsi que statuent les Séfarades. Il faut donc manger une quantité de quatre œufs du gâteau lui-même.

Les lois de Chavouot · סיון תשפ״ו

24. Quelle bénédiction sur un gâteau au fromage ?

En bref : Un gâteau au fromage sans farine : ChéHakol puis Boré Néfachot. Avec de la farine, tout dépend de son rôle : si elle lie le corps du gâteau, ChéHakol ; si elle est dans la base pour donner du goût, Mézonot. Si le gâteau est très haut et mangé par étapes, on récite ChéHakol sur le gâteau et Mézonot sur la base, en commençant par Mézonot. Pour la finale : Boré Néfachot si ChéHakol ; Al HaMih'ya si Mézonot, à condition d'avoir mangé un Kazaït.

La bénédiction sur un gâteau au fromage

Un gâteau au fromage dans lequel on n’a pas mélangé de farine, ni dans la base ni dans la pâte : il est évident qu’on récite ChéHakol et Boré Néfachot.

La question se pose lorsqu’on y mélange de la farine. Il existe un principe : « Tout ce qui contient l’une des cinq espèces de céréales n’est pas annulé, mais c’est lui le principal et tout le reste est secondaire, en raison de l’importance des cinq espèces de céréales. » Mais le Choulh’an Arouh’ conclut : « S’il n’a ajouté la céréale dans le plat que pour le lier et l’épaissir, elle est annulée dans le plat. »

Il faut donc examiner pour le gâteau au fromage dans quel but la farine a été ajoutée : pour donner du goût, ou pour donner de la hauteur au gâteau.

En règle générale, c’est celui qui prépare le gâteau qui décide. Mais étant donné que la plupart des gens qui préparent le gâteau ne savent pas pourquoi ils ajoutent chaque ingrédient mais suivent simplement la recette, on peut dire qu’en général, la farine mélangée dans le corps du gâteau sert à lier, et sa bénédiction est ChéHakol. Mais la farine mélangée dans la base du gâteau sert à donner du goût, et on récitera donc Mézonot.

Toutefois, tout cela s’applique lorsqu’on mange la base avec le gâteau qui est dessus. Mais si le gâteau est très haut et qu’on le mange par étapes, le gâteau seul puis la base, on récitera ChéHakol sur le gâteau et Mézonot sur la base, et on s’efforcera de réciter d’abord Mézonot puis ChéHakol.

Concernant la bénédiction finale : si la bénédiction initiale était ChéHakol, on récite la bénédiction finale de Boré Néfachot Rabot.

Mais si la bénédiction initiale était Mézonot, il faut examiner la bénédiction finale : pour réciter la Bénédiction de Al HaMih’ya, il faut avoir mangé un Kazaït de l’aliment Mézonot. Par conséquent, si l’on a mangé un Kazaït de la base, même si l’on n’a pas mangé un Kazaït de farine, tout s’additionne. Cependant, il est bon de veiller à manger de la base une quantité contenant un Kazaït de farine, ou bien de manger un autre gâteau de sorte qu’au total il y ait un Kazaït de farine.

Si l’on a mélangé aussi de la farine dans le gâteau lui-même pour donner du goût à la pâte (et non seulement pour lier ou donner de la hauteur), pour réciter Al HaMih’ya en vertu du gâteau, il faut réunir trois conditions : que la farine représente un sixième de la pâte, qu’on ait mangé un Kazaït de farine, et le tout en un temps d’Akhilat Prass (entre 4 et 7 minutes). Cependant, certains disent que s’il y a un sixième de céréale dans la pâte, il n’est pas nécessaire de manger un Kazaït de farine, mais un Kazaït du gâteau suffit.

Si l’on a récité deux bénédictions (sur le gâteau et sur la base), pour la bénédiction finale aussi il faut réciter Boré Néfachot sur le gâteau et Al HaMih’ya sur la base, si la quantité requise a été atteinte pour chacun.

Deuil ou joie ? · אב תשפ״ו

25. Deuil ou joie ?

Introduction
Du sommet du deuil au sommet de la joie

Nous voici entrés dans Ben HaMetsarim, les Trois Semaines - ces jours où le peuple juif porte le deuil. Un deuil inhabituel qui s'intensifie progressivement, au lieu de s'apaiser avec le temps.

Dès le 17 Tamouz, on ne se marie pas ; à partir de Roch ‘Hodech, on ne mange plus de viande ; la semaine où tombe Tichea Béav, on ne se douche plus. Puis arrive Tichea Béav, le sommet du deuil : on ne mange pas, on s'assoit par terre, on ne porte pas de chaussures en cuir…

Et moins d'une semaine plus tard survient déjà le 15 Av, dont la Guémara affirme : « Il n'y a pas eu de jours de fête pour Israël comme le 15 Av. »

Comment passe-t-on du sommet du deuil au sommet de la joie en quelques jours à peine ?

Vivre dans le présent

Pour répondre à cette question, il faut comprendre la raison de ce grand deuil.

On ne pleure pas le passé. Un Juif vit dans le présent.

Certaines personnes restent enfermées dans le passé : elles regrettent ce qu'elles ont fait, ou n'ont pas fait, et s'imaginent qu'en changeant le passé, elles seraient enfin heureuses…

D'autres restent tournées vers le futur : bientôt je ferai, quand j'obtiendrai ceci ou cela, alors je serai heureux.

Mais un Juif doit vivre dans le présent. Le passé n'est plus là, le futur n'est pas encore arrivé. Il n'y a que le présent.

Comme dit le verset : היום אם בקולו תשמעו « Aujourd'hui, si vous écoutez Sa voix ».

Quand quelqu'un veut se renforcer dans une Mitsva, il pense déjà à ce qui se passera dans un an. Comment va-t-il réussir à tenir bon tout ce temps ?

Le conseil est simple : prendre cette décision pour aujourd'hui seulement. Demain sera un autre jour - pour l'instant, il n'y a que celui-ci.

On ne pleure pas ce que nous n'avons jamais connu

Revenons à notre sujet.

‘Hazal comparent les pleurs sur le Beit HaMikdach à l'histoire d'une mère. Au moment de l'accouchement, les médecins lui annoncent : « Il faut choisir : toi ou le bébé. Nous ne pouvons pas vous sauver tous les deux. »

Après beaucoup de larmes, elle choisit son enfant. Elle renonce à la vie pour donner la vie.

L'enfant grandit avec l'histoire de sa maman qui a renoncé à la vie pour lui.

Le jour de sa Bar Mitsva, jour de la disparition de sa mère, le père attend le Kaddich de son fils.

Mais le fils récite le Kaddich sans pleurs, sans émotion particulière.

Le père, bouleversé, lui demande :

« Comment peux-tu ne rien ressentir ? Ta mère a renoncé à la vie pour toi ! »

Et le fils répond :

« Papa, j'ai beaucoup entendu parler d'elle. Mais je ne l'ai jamais connue, je ne l'ai jamais vue. Comment pourrais-je pleurer quelqu'un que je n'ai jamais rencontré ? »

Il en va de même pour nous : on ne peut pleurer une chose que l'on n'a jamais connue.

Ce que nous pleurons est donc forcément un manque bien réel, ressenti aujourd'hui, dans notre propre génération - un manque qui appartient à chacun d'entre nous.

Quelle est donc cette chose qui nous manque tant ?

Le ‘Hourban que l'on ne ressent plus

Dans les générations précédentes, on ressentait le ‘Hourban. On en portait le deuil comme un monde qui s'effondre.

On raconte que, dans la Yechiva du ‘Hatam Sofer, on récitait chaque nuit le Tikoun ‘Hatsot en pleurant la destruction du Beit HaMikdach.

Une nuit, un étudiant officiait comme ‘Hazan pour le Tikoun ‘Hatsot - et ne pleura pas.

Le ‘Hatam Sofer demanda alors qu'on vérifie s'il n'était pas un Maskil :

« Un jeune homme qui ne pleure pas au Tikoun ‘Hatsot, en pleine année, est certainement un Maskil ! »

Aujourd'hui, on cherche au contraire à alléger le deuil autant que possible. Nous organisons des Siyoumim, nous trouvons mille façons d'en adoucir les restrictions.

Et celui qui veut malgré tout ressentir un peu le ‘Hourban cherche un cours qui le rend plus concret, pour pouvoir, ne serait-ce qu'un instant, verser quelques larmes sur ce qui nous manque.

Que s'est-il donc passé ?

Il y a deux cents ans, on ressentait encore le ‘Hourban. Ces générations non plus n'avaient pas connu le Beit HaMikdach ; elles vivaient elles aussi plus de mille ans après sa destruction. Et pourtant, elles en ressentaient profondément l'absence.

Quant à nous, nous ne comprenons même plus ce que l'on attend de nous.

Le Beit HaMikdach n'était pas un musée

Le Beit HaMikdach n'était ni un monument historique ni un site classé à l'UNESCO.

Quand les Romains l'ont détruit, une voix céleste proclama : « Une maison déjà détruite, tu as détruit. »

Le bâtiment, en lui-même, n'avait aucune valeur : le Beit HaMikdach ne se résumait pas à une construction, mais à ce qui y résidait.

Notre lien avec Hachem

Lorsqu'une personne arrivait au Beit HaMikdach, elle percevait Hachem avec une clarté extraordinaire.

Elle y entrait, ressentait une atmosphère de sainteté, apportait un Korban - et le chant des Levi'im faisait fondre son cœur, jusqu'à dissoudre les couches déposées sur son âme et lui rendre toute sa pureté.

C'est la raison pour laquelle il existait une Mitsva de monter au Beit HaMikdach trois fois par an.

Trois fois par an, on se ressourçait en Emouna, puis on rentrait chez soi, on reprenait son travail, et l'on voyait Hachem dans chaque chose.

Par exemple, lorsqu'un homme regardait une table, il percevait Hachem.

Les Sfarim expliquent qu'à la création du monde existait une lumière particulière, permettant de voir d'un bout du monde à l'autre. Hachem l'a ensuite réservée aux Tsadikim, pour le monde à venir.

Cette lumière, disent-ils, permet de voir bien au-delà d'une table ou d'une chaise : les Tsadikim y voient ce qui, dans chaque chose, les relie à Hachem.

Ce qui nous manque vraiment

Tant que le Beit HaMikdach n'est pas reconstruit, c'est cette réalité qui nous manque.

Nous vivons dans un monde où la présence de Hachem nous est voilée.

Nous traversons notre vie comme si le monde fonctionnait de lui-même, comme si chacun était seul maître de ses actes, et comme si les événements n'étaient que le résultat des décisions des hommes.

Pourtant, ce n'est qu'une illusion.

Le monde nous cache Hachem.

Voilà ce que nous avons perdu.

Voilà ce que nous pleurons.

Il est vrai que nous nous rapprochons de la Gueoula complète, et qu'il est difficile de porter ce deuil.

Mais, plus profondément encore, ce qui nous fait souffrir, c'est de ne plus vivre avec cette perception claire de Hachem.

Ce que révélera le Machia’h

À sa venue, le Machia’h ne transformera pas le monde et n'apportera pas de nouveautés : il viendra simplement révéler Hachem. Une lumière si intense brillera que la présence divine deviendra une évidence absolue, perceptible dans chaque objet, chaque parole et derrière chaque action humaine.

Il est possible de vivre cette Gueoula dès aujourd'hui. À l'image de certains Tsadikim, celui qui s'habitue dès à présent à voir Hachem en toute chose vit déjà à la lumière du Machia’h.

David HaMelekh : voir Hachem dans l'obscurité

David HaMelekh était l'homme le plus pourchassé au monde. Son beau-père et son fils voulaient le tuer, il était rejeté par ses frères, et même sa vie lui avait été donnée en cadeau par Adam HaRichon : il ne méritait même pas de vivre. Et malgré tout, toutes ses prières et toutes ses louanges allaient à Hachem ! C'est ainsi qu'il a mérité d'être le quatrième pied de la Merkava. Il vivait dans l'obscurité, et pourtant il voyait Hachem.

C’est pour cela qu’il a institué le Tikoun ‘Hatsot : même dans l’obscurité la plus profonde, à l’heure la plus sombre de la nuit, Hachem est encore là, avec toi.

‘Hazal racontent qu’une harpe était suspendue au-dessus du lit de David : quand le vent du nord se levait, il se dressait comme un lion. Ce vent souffle sur le monde entier - mais lui seul en perçoit l’appel.

Voilà pourquoi David est le Melekh HaMachia’h : c’est lui qui sait nous apprendre à voir Hachem au cœur même des épreuves, jusque dans l’obscurité la plus totale.

L'amour caché derrière le ‘Hourban

Selon le Rama, on ne revêt pas les habits de Chabbat à Chabbat ‘Hazon. Le Ari HaKadoch, lui, enseigne le contraire : les revêtir malgré tout.

L’explication est la suivante : vue de l’extérieur, la destruction du Beit HaMikdach est bien une tragédie - le plus grand malheur qu’ait connu le peuple juif. Mais derrière cette douleur se cache, en réalité, un amour immense.

On raconte qu’un jour, Rabbi Akiva vit un renard sortir du Kodech HaKodachim. Les Tannaïm présents se mirent à pleurer, alors que lui se mit à rire. On lui demanda : « Pourquoi ris-tu ? » Il répondit : « Hachem a déversé Sa colère sur du bois et des pierres. »

Quand Hachem a détruit le Beit HaMikdach, Il a renoncé à Sa maison, mais Il n'a pas renoncé à nous.
עמו אנכי בצרה : « Je suis avec lui dans la détresse ». Et ainsi de nombreux versets nous montrent que la Chékhina descend avec nous en exil, et tant que nous n'en sommes pas sortis, la Chékhina demeure en exil avec nous.

Au fond, la rencontre

C'est pour cela que le deuil commence dès le 17 Tamouz et ne cesse de s'intensifier, étape après étape, jusqu'à Tichea Béav : on s'assoit alors par terre, on pleure, on lit les Kinot et la Méguilat Eikha.

Et c'est justement là, au sommet du deuil, qu'à midi on se relève pour s'asseoir sur une chaise : le détachement du deuil commence.

C'est précisément au sommet du deuil que l'on rencontre Hachem, qui nous dit : « Je suis avec toi dans la détresse. Je te cherche ; c'est toi qui ne Me vois pas.
Voilà pourquoi J'ai détruit le Beit HaMikdach : J'ai préféré renoncer à Ma maison plutôt que de renoncer à toi. »

C'est là qu'on découvre l'amour de Hachem, qu'on apprend à Le voir dans chaque chose - et il n'existe pas de joie plus grande que celle-là.

Av, le père

C'est ainsi que, moins d'une semaine après Tichea Béav, tombe le 15 Av.
« Il n'y a pas eu de jours de fête pour Israël comme le 15 Av. »

On s'est alors demandé : comment passe-t-on si vite du plus grand deuil à la plus grande joie - et qui plus est, en un même mois ?

Mais les Tsadikim expliquent que ces deux jours puisent à la même racine : Av, du mot Aba, le père.

Quand un père punit son fils pour une faute, on ne voit, de l'extérieur, que la punition : cela fait mal. C'est pour cela qu'on s'assoit par terre le 9 Av et qu'on pleure.

Mais dès le 15 Av, on commence à percevoir l'intériorité de ce père : l'immense amour que Hachem nous porte.

Et quand ce côté du père se dévoile, tout s'éclaire : il n'y a plus de questions, et il n'existe pas de joie plus grande.

Conclusion
Regarde notre point juif

Et alors on dit à Hachem, comme il est écrit dans la Michna à propos du 15 Av :

« בחור, שא נא עיניך וראה מה אתה בורר לך. אל תתן עיניך בנוי… תן עיניך במשפחה »

« Jeune homme, lève les yeux et regarde ce que tu choisis. Ne pose pas tes yeux sur la beauté, sur l'apparence extérieure… pose tes yeux sur la famille. »

Lorsque Tu agis envers nous à travers la douleur, nous ne regardons pas l'extérieur, la souffrance apparente, mais l'intériorité : l'amour que Tu nous portes.

Alors Toi aussi, Hachem, pose Tes yeux sur la famille : ne regarde pas notre extérieur, nos fautes, mais regarde notre intériorité - ce point juif qui, en nous, n'aime et ne veut que Toi.

Les lois des Trois Semaines · אב תשפ״ו

26. Du 17 Tamouz jusqu'à Roch 'Hodech Av : généralités et mariages

En bref : Du 17 Tamouz (les lois s'appliquent dès sa nuit) jusqu'à Roch 'Hodech Av, on ne célèbre pas de mariage : le Choul'han Aroukh l'interdit à partir de Roch 'Hodech Av, le Rama dès le 17 Tamouz, et en pratique la coutume de la majorité des communautés, même Séfarades, est de ne pas célébrer de mariage dès le 17 Tamouz. En revanche, les fiançailles ou la signature des Tenaïm restent permises, ainsi que le repas organisé à cette occasion.

Du 17 Tamouz au 9 Av

Selon les décisions halakhiques du Rav Ofir Malka Chelita

Nos Sages ont expliqué le verset : « כל רודפיה השיגוה בין המצרים »,
« Tous ses poursuivants l’ont atteinte entre les détroits », il s’agit des jours qui vont du 17 Tamouz au 9 Av. Cette période est appelée Ben HaMetsarim, ce sont des jours de souffrance et d’épreuves pour le peuple juif. De nombreux événements tragiques s’y sont produits au fil des générations, en particulier la destruction du Premier et du Second Beit HaMikdach.

C’est pourquoi le peuple juif a pris l’habitude d’observer durant cette période certaines pratiques de deuil, qui deviennent progressivement plus strictes à mesure que l’on approche du 9 Av.

Il faut toutefois se rappeler que le but principal de ces coutumes n’est pas seulement de se souvenir de la destruction du Temple, mais surtout d’amener chacun à réfléchir à ses actes et à se rapprocher d’Hachem par la Techouva. C’est ainsi que nous mériterons rapidement la reconstruction du Beit HaMikdach et la délivrance complète.

La période de Ben HaMetsarim se divise en plusieurs étapes :

  • Du 17 Tamouz jusqu’à Roch ‘Hodech Av.
  • De Roch ‘Hodech Av jusqu’à la semaine où tombe le 9 Av.
  • La semaine où tombe Tichea Béav.
  • La veille de Tichea Béav.
  • Tichea Béav lui-même.
  • La sortie du jeûne et la journée du 10 Av.

Du 17 Tamouz jusqu’à Roch ‘Hodech Av

Il est important de savoir que toutes les lois qui commencent à partir du 17 Tamouz s’appliquent dès la nuit du 17 Tamouz, même si le jeûne lui-même ne débute que le matin.

Mariages

Le Choul’han Aroukh tranche qu’il ne faut pas célébrer de mariage à partir de Roch ‘Hodech Av. Le Rama est plus strict et interdit déjà à partir du 17 Tamouz.

En pratique, la coutume de la majorité des communautés, même Séfarades, est de ne pas célébrer de mariage dès le 17 Tamouz.

En revanche, les fiançailles ou la signature des Tenaïm restent permises durant cette période, et il est également permis d’organiser un repas à cette occasion1.

  1. Le Kaf Ha‘Haïm est plus strict : il n'autorise pas un véritable repas, mais seulement des gâteaux et des boissons.

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27. Danses, musique et apprentissage de la musique pendant Ben HaMetsarim

En bref : Pendant Ben HaMetsarim, danser et écouter de la musique, directe ou enregistrée, sont interdits. On peut chanter a cappella (louanges à Hachem, et normalement à Chabbat) ; indulgence si seules des voix s'entendent, pas si elles imitent des instruments. Repas de Mitsva : avis partagés, indulgence possible, sans commencer si l'on n'en a pas l'habitude. Le professeur enseigne jusqu'à la semaine du 9 Av ; les élèves ne s'exercent pas par plaisir, sauf risque d'oubli jusqu'à Roch 'Hodech Av ; l'écoute est permise en cas de tristesse ou d'angoisses.

Danses et musique

La coutume est de s’abstenir de danses et de réjouissances pendant Ben HaMetsarim. Il est donc interdit de danser, que l’on soit seul ou en groupe.

De même, il est interdit d’écouter de la musique, qu’elle provienne d’instruments joués en direct ou d’un enregistrement.

En revanche, il est permis de chanter sans accompagnement musical lorsqu’il s’agit de chants de louange ou de remerciement à Hachem.

Pendant les Chabbat de Ben HaMetsarim, on peut également chanter normalement en l’honneur de Chabbat.

Pour les chansons vocales (a cappella), si l’on entend uniquement des voix humaines sans imitation d’instruments, il y a lieu d’être indulgent. Mais lorsque les voix reproduisent clairement le son d’instruments de musique, il n’y a pas lieu d’autoriser.

Séoudat Mitsva

Concernant les repas de Mitsva, les décisionnaires sont partagés sur la question de savoir s’il est permis d’y diffuser de la musique. Ceux qui veulent être indulgents peuvent s’appuyer sur certains avis.

Cependant, une personne qui n’a pas l’habitude toute l’année de mettre de la musique lors de repas de Mitsva ne doit pas commencer précisément pendant cette période, car cela pourrait être perçu comme un mépris des coutumes de deuil.

Apprentissage de la musique

Un professeur de musique peut continuer à enseigner jusqu’à la semaine où tombe le 9 Av, puisque cela relève de son gagne-pain.

En revanche, les élèves ne peuvent pas s’exercer simplement pour leur plaisir, car toute la permission repose sur la nécessité financière du professeur.

S’il existe un risque réel que les élèves oublient ce qu’ils ont déjà appris, on peut être indulgent jusqu’à Roch ‘Hodech Av, au titre de Davar Haaved (perte à éviter).

De même, une personne qui souffre de tristesse, de solitude ou d’angoisses, et pour qui la musique aide à retrouver un certain équilibre, pourra être autorisée à en écouter selon ses besoins.

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28. Prudence, Chéhé'héyanou, coupe de cheveux et Tikoun 'Hatsot pendant Ben HaMetsarim

En bref : Durant Ben HaMetsarim, redoubler de prudence et éviter tout danger ; on ne récite pas Chéhé'héyanou sur un fruit ou vêtement nouveau, sauf à Chabbat et Roch 'Hodech (permis selon la stricte Halakha, mais préférable d'éviter), et l'achat de vêtements neufs en vue de l'après 9 Av est permis. Coupe de cheveux : dès le 17 Tamouz pour les Ashkénazes, jusqu'à la semaine du 9 Av pour les Séfarades. Tikoun 'Hatsot chaque jour, sauf vendredi, Chabbat, Roch 'Hodech Av, sa veille, et la veille et le 9 Av.

Prudence face au danger

Les décisionnaires écrivent qu’il convient durant cette période de redoubler de prudence et de s’éloigner de toute situation comportant un risque1.

Il est donc recommandé d’éviter les excursions dangereuses, l’escalade, les activités extrêmes et tout ce qui présente un danger similaire.

De même, lorsqu’il est possible de repousser une opération non urgente sans difficulté particulière, il est préférable de le faire.

D’après la stricte Halakha, il n’est pas interdit d’aller à la mer ou à la piscine pendant cette période. Bien que certains soient plus stricts sur ce point, l’essentiel est surtout d’éviter les endroits présentant un risque réel.

La bénédiction de « Chéhé’héyanou »

La coutume est de ne pas réciter2 la bénédiction de Chéhé’héyanou pendant Ben HaMetsarim sur un fruit nouveau ou un vêtement neuf.

C’est pourquoi on évite de consommer un fruit nouveau ou de porter un vêtement neuf nécessitant cette bénédiction.

Concernant Chabbat et Roch ‘Hodech, les décisionnaires sont partagés. Certains permettent de réciter Chéhé’héyanou, aussi bien sur un fruit nouveau que sur un vêtement neuf, tandis que d’autres l’interdisent même pendant Chabbat.

En pratique, selon la stricte Halakha, il est permis de réciter Chéhé’héyanou pendant Chabbat et Roch ‘Hodech. Toutefois, il est préférable d’éviter.

Si une personne a récité par erreur la bénédiction Boré Péri Haets sur un fruit nouveau et se souvient seulement ensuite qu’elle doit également dire Chéhé’héyanou, elle récitera malgré tout Chéhé’héyanou, même en semaine, afin de ne pas perdre la bénédiction.

Une femme enceinte qui a très envie d’un fruit nouveau est autorisée à le manger. Certains décisionnaires estiment même qu’elle pourra réciter Chéhé’héyanou normalement.

Achat de vêtements

Il est permis d’acheter des vêtements neufs pendant Ben HaMetsarim en vue de les utiliser après le 9 Av.

L’interdiction d’acheter des vêtements neufs ne commence qu’à partir de Roch ‘Hodech Av, comme nous le verrons plus loin.

Coupe de cheveux

Le Rama écrit qu’il ne faut pas se couper les cheveux à partir du 17 Tamouz, et telle est la coutume des communautés Ashkénazes.

Selon l’avis du Choul’han Aroukh, les Séfarades peuvent, quant à eux, se couper les cheveux jusqu’à la semaine où tombe le 9 Av.

Cependant, comme il existe différentes coutumes selon les communautés, chacun suivra son Minhag.

Tikoun ‘Hatsot

Le Ari Zal écrit qu’il est bien de s’asseoir chaque jour à midi pendant Ben HaMetsarim pour pleurer la destruction du Beit HaMikdach.

C’est pourquoi beaucoup ont l’habitude de réciter durant cette période le Tikoun Ra’hel, la partie du Tikoun ‘Hatsot consacrée à la peine de la destruction.

Il est recommandé de s’asseoir à même le sol et d’enlever ses chaussures pendant sa récitation. Toutefois, cela n’est pas indispensable. Il vaut mieux le réciter sans s’asseoir par terre ni enlever ses chaussures plutôt que de renoncer complètement à le dire.

On ne récite pas le Tikoun ‘Hatsot le vendredi, le Chabbat, à Roch ‘Hodech Av, la veille de Roch ‘Hodech, la veille du 9 Av et le 9 Av lui-même.

De même, le père du bébé, le Mohel et le Sandak le jour de la Mila ne le récitent pas.

  1. Le Choul’han Aroukh tranche qu'il ne faut pas marcher seul de la quatrième à la neuvième heure ; les décisionnaires précisent que cela vise les lieux situés hors des zones habitées.
    De même, les parents veilleront à ne pas frapper leurs enfants durant ces jours, à cause du danger (Michna Beroura et Kaf Ha‘Haïm).

  2. Choul’han Aroukh, Siman 551, Séïf 17.

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29. De Roch 'Hodech Av : achat de meubles, d'appareils électroménagers et de bijoux

En bref : De Roch 'Hodech Av jusqu'à Tichea Béav, on évite d'acheter meubles, appareils électroménagers, bijoux et cadeaux procurant une joie particulière : il est préférable de repousser ces achats, sans distinction selon la date d'achat ou de livraison. Sont permis les achats de besoin réel (réfrigérateur, machine à laver, climatiseur en panne), en cas de perte financière importante, d'articles difficiles à obtenir à temps, ainsi que les petits achats sans joie particulière.

De Roch ‘Hodech Av jusqu’à la semaine où tombe le 9 Av

À propos de cette période, la Michna dit : משנכנס אב ממעטין בשמחה

« Lorsque le mois d'Av entre, on diminue la joie ».

Le Choul’han Aroukh ouvre d’ailleurs les lois de Tichea Béav par cette règle.

À partir de Roch ‘Hodech Av, on ajoute donc de nouvelles pratiques de deuil et l’on évite davantage tout ce qui procure une joie particulière.

Achat de meubles et d’appareils électroménagers

Le Choul’han Aroukh1 écrit qu’à partir de Roch ‘Hodech Av et jusqu’au jeûne, on doit diminuer les activités commerciales et les constructions qui apportent de la joie.

Les décisionnaires discutent pour savoir si cela concerne tout type de commerce ou seulement les achats qui procurent une joie particulière. En pratique, la coutume est d’être rigoureux autant que possible.

C’est pourquoi on évite durant cette période d’acheter de nouveaux meubles ou des appareils électroménagers qui ne sont pas nécessaires immédiatement.

Il n’y a pas de différence entre un achat effectué avant Roch ‘Hodech dont la livraison arrive pendant les neuf jours, ou un achat effectué pendant les neuf jours pour être livré après Tichea Béav : lorsqu’il s’agit d’un achat procurant une certaine joie, il est préférable de le repousser.

En revanche, lorsqu’il s’agit d’un besoin réel, comme un réfrigérateur, une machine à laver, un climatiseur ou tout autre appareil indispensable qui est tombé en panne, il est permis d’en acheter un nouveau et de l’utiliser immédiatement, car il ne s’agit pas d’un achat de confort mais d’une nécessité.

De même, lorsqu’il y a une perte financière importante, par exemple une promotion exceptionnelle qui ne reviendra pas après Tichea Béav, cela est considéré comme un Davar Haaved (perte à éviter), et l’achat est permis même s’il ne s’agit pas d’un besoin indispensable2.

Il en va de même lorsqu’il s’agit d’articles qu’il sera difficile d’obtenir à temps après Tichea Béav, par exemple des achats nécessaires pour un mariage prévu juste après cette date.

En revanche, les petits achats qui n’apportent pas de joie particulière, comme certains ustensiles de maison simples ou de petits appareils électriques, restent permis même sans risque de perte.

Bijoux et cadeaux

De la même manière que l’on réduit les achats procurant de la joie, on évite également d’acheter des bijoux pendant cette période, car ils procurent une joie particulière.

On évite aussi d’acheter des cadeaux ou d’en offrir.

Certains décisionnaires écrivent qu’on ne trouve pas d’interdiction explicite concernant les cadeaux, sauf le jour même de Tichea Béav. Malgré cela, la coutume largement répandue est de s’en abstenir autant que possible.

  1. Choul’han Aroukh, Siman 551, Séïf 2.

  2. Certains sont rigoureux : la permission de «Davar HaAved » ne vaut que pour une perte d'argent effective, et non pour un simple manque à gagner ; sans quoi l'on pourrait toujours dire qu'on aurait pu travailler davantage pour gagner plus. Mais il ressort du Michna Beroura (Seif 11) que, pour un achat, c'est permis même si l'on ne perd que la promotion.

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30. Achat de vêtements, livres de Torah et travaux pendant les Neuf Jours

En bref : Pendant les Neuf Jours, on évite d'acheter ou de confectionner vêtements et chaussures neufs ; en cas de promotion importante entraînant une perte, il y a lieu d'être indulgent, et les chaussures en tissu pour Tichea Béav peuvent être achetées et portées pour la première fois ce jour-là. Les réparations simples sur un vêtement ancien sont permises. L'achat de livres de Torah est permis. On évite les travaux de rénovation ou d'amélioration, sauf s'ils sont indispensables ou pour une synagogue.

Achat, couture et confection de vêtements

Le Choul’han Aroukh tranche qu’à partir de Roch ‘Hodech Av, il faut s’abstenir de confectionner des vêtements ou des chaussures neufs. Le Rama ajoute qu’il en est de même pour leur achat.

On ne doit donc pas acheter de vêtements ou de chaussures neufs pendant les neuf jours.

Toutefois, lorsqu’il existe une promotion importante entraînant une perte financière si l’on attend après Tichea Béav, il y a lieu d’être indulgent.

Les chaussures en tissu destinées à Tichea Béav peuvent être achetées pendant cette période, et il est même permis de les porter pour la première fois le jour de Tichea Béav.

Les réparations simples sur un vêtement ancien, comme recoudre un bouton, réparer une déchirure, refaire un ourlet ou ajuster la taille d’un vêtement, sont permises, puisqu’il ne s’agit pas de la joie procurée par un vêtement neuf.

En revanche, on ne fera pas d’ourlet sur un vêtement neuf.

Les tailleurs et couturiers qui ont reçu une commande avant Roch ‘Hodech peuvent terminer leur travail, surtout lorsque cela concerne leur gagne-pain.

Achat de livres de Torah

Les livres de Torah étant considérés comme un objet de Mitsva, il est permis de les acheter même pendant les neuf jours.

Construction et travaux

De même que l’on réduit les activités commerciales, on réduit également les constructions qui apportent de la joie.

On évitera donc de commencer des travaux de rénovation, d’agrandissement, de peinture ou toute autre amélioration destinée principalement au confort ou à l’esthétique.

Même lorsqu’une rénovation a commencé avant Roch ‘Hodech Av, le Ben Ich ‘Haï écrit qu’il est préférable de l’interrompre jusqu’après Tichea Béav.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une réparation indispensable pour pouvoir habiter normalement dans le logement, ou lorsqu’il existe un risque de perte, les travaux nécessaires sont permis.

La construction d’une synagogue ou tout autre projet collectif lié à une Mitsva reste autorisé, puisqu’il s’agit d’une Mitsva accomplie pour le public.

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31. Viande et vin pendant les Neuf Jours

En bref : La coutume répandue est de s'abstenir de viande et de vin de Roch 'Hodech Av jusqu'après Tichea Béav (certains : la semaine de Tichea Béav ; Yéménites : le repas précédant le jeûne). Chabbat, on en consomme normalement ; à la Havdala, les Séfarades boivent le vin, les Ashkénazes le donnent à un enfant de 6 à 9 ans. Enfants avant 6 ans (voire 9 ou 12), malades, accouchées et allaitantes sont autorisés ; en cas de besoin médical, se contenter de volaille est préférable, sans obligation stricte.

Consommation de viande et de vin

Dans la Guémara, l’interdiction de manger de la viande et de boire du vin ne concerne que le repas précédant immédiatement Tichea Béav.

Cependant, au fil des générations, le peuple juif a pris l’usage de s’en abstenir pendant une période plus longue.

La coutume la plus répandue dans la majorité des communautés est de ne pas manger de viande ni boire de vin depuis Roch ‘Hodech Av jusqu’après Tichea Béav.

Certaines communautés n’appliquent cette restriction que pendant la semaine où tombe Tichea Béav, tandis que les Yéménites suivent la règle originelle de la Guémara et ne l’interdisent qu’au repas précédant le jeûne.

Chabbat

Pendant Chabbat, on mange de la viande et on boit du vin normalement.

Il est même interdit de s’en abstenir par esprit de deuil, car on ne manifeste pas de deuil pendant Chabbat.

Il est également permis de goûter un peu des plats de Chabbat après ‘Hatsot, le vendredi, afin d’en vérifier le goût. Toutefois, cette dégustation ne doit pas se transformer en un véritable repas, et il suffit qu’une seule personne goûte.

Concernant les restes de viande de Chabbat, certains permettent de les consommer, d’autres sont plus stricts, et certains ne l’autorisent que lors du quatrième repas (Séouda Réviit).

Les Séfarades boivent eux-mêmes le vin de la Havdala.

Chez les Ashkénazes, la coutume est de donner le vin à un enfant entre six et neuf ans. S’il n’y a pas d’enfant présent, même les Ashkénazes le boivent eux-mêmes.

Roch ‘Hodech

Selon de nombreux Séfarades, on mange de la viande le jour de Roch ‘Hodech Av.

Selon le Michna Beroura, Roch ‘Hodech est déjà inclus dans la coutume de ne pas manger de viande.

Enfants et personnes malades

Pour les enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge du ‘Hinoukh, c’est-à-dire avant six ans, il est permis1 de leur donner de la viande pendant les neuf jours.

Certains2 permettent jusqu’à l’âge où l’enfant comprend le deuil, soit environ neuf ans, et d’autres3 sont encore plus indulgents jusqu’à douze ans.

Toutefois, les décisionnaires écrivent que de nos jours, où il existe de nombreuses alternatives à la viande, il n’est généralement pas nécessaire d’en donner aux enfants pendant cette période.

De même, une personne malade, même sans danger vital, une femme ayant accouché dans les trente jours précédents, ou une femme qui allaite lorsqu’elle en a besoin pour sa santé ou celle du bébé, sont autorisées à manger de la viande.

Lorsqu’il existe un besoin médical, il est préférable de se contenter de volaille4 si cela suffit, mais cela ne constitue pas une obligation stricte.

  1. Michna Beroura.

  2. Maguen Avraham, ‘Hayé Adam.

  3. Or Letsion et ‘Hazon Ovadia.

  4. Car on n'a interdit la viande qu'en raison de la cessation des sacrifices, et le vin parce que la libation de vin a cessé. Or la volaille n'était pas offerte sur l'autel ; elle est donc plus légère. Mais pour le reste du peuple, il n'y a pas de différence entre la viande de bétail et la volaille.

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32. Repas de Mitsva et procès pendant les Neuf Jours

En bref : Lors d'une Brit Mila, d'un Pidyon Haben ou d'un Siyoum, il est permis de manger de la viande et de boire du vin même pendant les neuf jours. Entre Roch 'Hodech Av et la semaine où tombe Tichea Béav, toute personne qui participe habituellement à ces repas peut y manger de la viande ; pendant la semaine de Tichea Béav, on n'invite que les proches parents et dix personnes supplémentaires, pas davantage (au-delà, on peut servir un repas lacté). Un procès ou un litige avec un non-Juif sera repoussé, si possible, après Tichea Béav, voire jusqu'au 10 ou 15 Av.

Repas de Mitsva

Lors d’une Brit Mila, d’un Pidyon Haben ou d’un Siyoum, il est permis de manger de la viande et de boire du vin même pendant les neuf jours.

Cependant, certaines règles doivent être respectées :

Entre Roch ‘Hodech Av et la semaine où tombe Tichea Béav, toute personne qui participe habituellement à ce type de repas durant l’année peut y assister et y manger de la viande.

En revanche, pendant la semaine où tombe Tichea Béav, on pourra inviter uniquement les proches parents (parents, frères, sœurs, oncles, etc.) ainsi que dix personnes supplémentaires, mais pas davantage.

Le Michna Beroura ajoute que si l’on souhaite inviter plus de personnes, on pourra leur servir un repas lacté.

Ceux qui viennent uniquement pour profiter de la viande commettent une faute, car ils ne participent pas réellement à la joie de la Mitsva.

Même le chanteur ou le photographe engagés pour l’événement n’ont pas le droit de manger de viande.

En revanche, les invités autorisés à participer à un Siyoum, c’est-à-dire ceux que l’on aurait invités même le reste de l’année, peuvent manger de la viande, même s’ils n’ont pas étudié avec celui qui termine le traité.

Le Michna Beroura écrit également qu’il ne faut pas organiser volontairement un Siyoum précisément pendant cette période afin de permettre la consommation de viande.

Toutefois, si l’on termine naturellement un traité pendant les neuf jours, il est permis de célébrer un Siyoum.

De même, on ne doit pas organiser un grand repas spécial pour ce Siyoum si l’on n’a pas l’habitude de le faire lors d’autres Siyoum au cours de l’année.

Procès ou litige avec un non-Juif

Nos Sages enseignent que le Mazal d’Israël est moins favorable durant cette période.

C’est pourquoi une personne qui a un procès ou un litige avec un non-Juif fera bien, dans la mesure du possible, de le repousser après Tichea Béav.

Certains écrivent même qu’il est préférable d’attendre jusqu’au 10 Av, voire jusqu’au 15 Av.

Les lois des Trois Semaines · אב תשפ״ו

33. Lessive, repassage et vêtements des enfants pendant la semaine de Tichea Béav

En bref : Pendant la semaine de Tichea Béav, il est interdit de laver les vêtements et d'en porter de fraîchement lavés, même en vue de les porter après ou par une blanchisserie ; les Ashkénazes s'abstiennent dès Roch 'Hodech Av. Les vêtements des enfants sont concernés, mais on peut laver ce dont un jeune enfant qui se salit souvent a réellement besoin (pas d'âge limite fixe : six ou neuf ans), sans y ajouter des vêtements d'adultes ou d'autres enfants ; sans nécessité réelle, c'est interdit.

La semaine où tombe Tichea Béav

Lessive et repassage

L’un des rares interdits mentionnés explicitement dans la Michna pour cette période est l’interdiction de laver les vêtements et de se couper les cheveux durant la semaine où tombe Tichea Béav (ainsi que l’interdiction de manger de la viande et de boire du vin lors du repas précédant le jeûne).

La plupart des autres restrictions observées pendant cette période ne relèvent pas de la loi stricte, mais de coutumes adoptées au fil des générations.

Les Ashkénazes ont l’habitude d’être plus stricts et commencent à s’abstenir de laver le linge dès Roch ‘Hodech Av.

L’interdiction de laver un vêtement s’applique même lorsqu’on n’a pas l’intention de le porter immédiatement, mais seulement après Tichea Béav.

Il est également interdit de confier son linge à une blanchisserie, même tenue par un non-Juif, car le simple fait de s’occuper du linge détourne l’esprit du deuil.

De même qu’il est interdit de laver des vêtements, il est interdit de porter des vêtements fraîchement lavés. C’est pourquoi il faut préparer à l’avance des vêtements déjà portés afin de pouvoir les changer pendant cette période, comme nous le détaillerons plus loin.

Concernant le repassage des vêtements, même lorsqu’il s’agit de vêtements déjà portés auparavant, les décisionnaires sont partagés. Certains l’autorisent1, tandis que d’autres l’interdisent2.

Selon la coutume Ashkénaze, où l’interdiction commence dès Roch ‘Hodech Av, le Michna Beroura écrit que celui qui n’a pas d’autre vêtement convenable pour Chabbat peut laver ce qui est nécessaire en l’honneur de Chabbat.

Une personne qui part en voyage pendant cette période devra prévoir suffisamment de vêtements afin de ne pas être amenée à faire une lessive3.

Il est permis d’enlever une tache sur un vêtement. Certains4 sont néanmoins plus stricts même concernant les taches, sauf lorsqu’il s’agit d’une question de dignité et de respect de la personne (Kevod HaBeriyot).

Les vêtements des enfants

Puisque l’interdiction de laver le linge pendant la semaine où tombe Tichea Béav est rapportée dans la Michna, on a l’habitude d’être particulièrement rigoureux à son sujet.

C’est pourquoi les vêtements des enfants sont également concernés.

Deux raisons sont données :

  • Certains expliquent que l’enfant participe lui aussi, dans une certaine mesure, au deuil.
  • D’autres expliquent que cela concerne surtout les adultes, qui ne doivent pas voir leurs enfants habillés de vêtements fraîchement lavés pendant cette période.

Cependant, le Rama écrit : « Les vêtements des très jeunes enfants, qui se salissent fréquemment, peuvent évidemment être lavés. »

Ainsi, lorsqu’un jeune enfant salit régulièrement ses vêtements et a besoin d’être changé fréquemment, il est permis de laver les vêtements dont il a réellement besoin.

En revanche, il n’y a aucune permission pour ajouter dans la même machine des vêtements d’adultes ou même des vêtements d’autres enfants qui ne nécessitent pas un lavage immédiat.

Concernant l’âge exact, il n’existe pas de limite fixe.

Certains décisionnaires parlent de six ans, d’autres de neuf ans.

En pratique, cela dépend de chaque enfant, de son comportement et de sa capacité à garder ses vêtements propres.

Cette permission n’existe que lorsqu’il y a un besoin réel.

Si l’enfant dispose déjà de suffisamment de vêtements propres jusqu’à Tichea Béav, il est interdit de faire une lessive pour lui.

De même, si le lavage est destiné à après Tichea Béav et non aux jours précédents, cela reste interdit.

Le Michna Beroura écrit que selon la coutume Ashkénaze, qui interdit la lessive dès Roch ‘Hodech Av, il est permis de laver, jusqu’à la semaine où tombe Tichea Béav, les vêtements des enfants n’ayant pas encore atteint l’âge de la Bar Mitsva.

  1. ‘Hout Chani, ‘Hazon Ovadia.

  2. Or Letsion.

  3. Ainsi ont tranché Rav Chlomo Zalman Auerbach et Rav Elyachiv ; mais certains veulent comparer cette loi à celle de ‘Hol HaMoed, où Rav Moché Feinstein a écrit d'être indulgent.

  4. Or Letsion.

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34. Achat et préparation des vêtements avant Tichea Béav

En bref : Acheter des vêtements neufs est permis tant que la lessive l'est : selon le Choul'han Aroukh jusqu'à la semaine de Tichea Béav, selon le Rama jusqu'à Roch 'Hodech Av, uniquement en cas de réel besoin et pour des vêtements sans Chéhé'hyéanou. Séfarades peuvent porter des vêtements lavés jusqu'après Chabbat 'Hazon, les Ashkénazes s'en abstiennent dès Roch 'Hodech Av (sauf Chabbat 'Hazon) ; on prépare donc à l'avance des vêtements portés environ une heure (au moins une demi-heure chacun).

Achat de vêtements neufs

Le Maguen Avraham écrit qu’il n’y a pas de différence entre laver un vêtement et en acheter un neuf.

Ainsi, tant que la lessive est permise, l’achat de vêtements l’est également.

Selon le Choul’han Aroukh, cela reste permis jusqu’à la semaine où tombe Tichea Béav, tandis que selon le Rama, seulement jusqu’à Roch ‘Hodech Av.

Toutefois, cette permission ne concerne que les cas où il existe un véritable besoin, et uniquement pour les vêtements sur lesquels on ne récite pas la bénédiction de Chéhé’héyanou, comme les sous-vêtements, les chaussettes et autres articles similaires.

Malgré cela, il ne convient pas de transformer cette période en période de shopping, ni d’organiser des journées d’achats et de stockage, puisque depuis Roch ‘Hodech Av nous devons diminuer la joie et les activités commerciales.

En revanche, les chaussures en tissu nécessaires pour Tichea Béav peuvent être achetées même la veille du jeûne.

Porter des vêtements fraîchement lavés

Le Maguen Avraham écrit que le port de vêtements fraîchement lavés suit les mêmes règles que la lessive elle-même.

Tant que la lessive est permise, il est permis de porter des vêtements lavés. Dès que la lessive devient interdite, le port de vêtements lavés devient lui aussi interdit.

Ainsi, selon la coutume Séfarade, il est permis de porter des vêtements lavés jusqu’après Chabbat ‘Hazon.

Les Ashkénazes, eux, s’en abstiennent déjà depuis Roch ‘Hodech Av, à l’exception de Chabbat ‘Hazon.

Préparer ses vêtements à l’avance

Comme il est difficile de porter les mêmes vêtements pendant toute une semaine, et encore plus longtemps selon la coutume Ashkénaze, on a pris l’habitude de préparer à l’avance des vêtements déjà portés mais encore propres et présentables.

Pour qu’un vêtement soit considéré comme déjà porté et non plus comme fraîchement lavé, il faut le porter pendant un certain temps. En pratique, on a l’habitude de le porter environ une heure.

Celui qui n’a pas eu le temps de préparer ses vêtements avant Chabbat peut le faire pendant Chabbat lui-même.

Même selon la coutume Ashkénaze, où le port de vêtements lavés est déjà interdit depuis Roch ‘Hodech, il reste permis de porter des vêtements propres en l’honneur de Chabbat, ce qui permet d’en profiter pour préparer les vêtements.

Afin d’éviter tout problème de préparation de Chabbat pour la semaine, il est conseillé de porter un vêtement vendredi soir, un autre Chabbat matin et, s’il a l’habitude de faire une sieste, un troisième après son réveil.

Il ne faut cependant pas procéder de manière artificielle, par exemple porter un vêtement une heure uniquement pour le retirer ensuite et le préparer pour la semaine.

Certains permettent malgré tout cette pratique, puisqu’au moment où il le porte il en tire un bénéfice réel, et cela n’est donc pas considéré comme une simple préparation.

Porter plusieurs chemises les unes sur les autres ne suffit généralement pas à rendre toutes les chemises « déjà portées ».

De même, porter un vêtement seulement une minute puis l’enlever ne suffit pas.

Le vêtement doit avoir absorbé un minimum de chaleur corporelle, d’humidité ou de transpiration pour ne plus être considéré comme fraîchement lavé.

Il est donc préférable de porter séparément chaque chemise, pantalon ou autre vêtement pendant au moins une demi-heure.

Toutefois, lorsqu’il fait très chaud et que l’on transpire beaucoup, on peut être plus indulgent et porter deux chemises en même temps, car même la chemise extérieure absorbe alors un peu d’humidité.

Celui qui a oublié de préparer ses vêtements peut les poser par terre et marcher légèrement dessus, ou encore frotter un peu l’intérieur du vêtement contre le sol, de façon à ce qu’il n’ait plus l’apparence d’un vêtement fraîchement lavé mais d’un vêtement déjà utilisé.

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35. Sous-vêtements et coupe de cheveux pendant la semaine de Tichea Béav

En bref : Sous-vêtements fraîchement lavés : la coutume la plus répandue est indulgente, le strict est digne d'éloge, mais le jour même de Tichea Béav il est préférable de s'abstenir ; leur lavage reste interdit selon tous les avis. Coupe de cheveux : les Ashkénazes s'abstiennent dès le 17 Tamouz, les Séfarades jusqu'à la semaine de Tichea Béav, où elle devient interdite ; chacun suit son Minhag. La rigueur concerne aussi les femmes (cils et sourcils exceptés) et les enfants ; les Baalé Brit peuvent se couper jusqu'à cette semaine, mais plus pendant.

Sous-vêtements

Concernant les sous-vêtements, les décisionnaires sont partagés sur la question de savoir s’il est permis de les porter lorsqu’ils sont fraîchement lavés.

La coutume la plus répandue est d’être indulgent, même si celui qui souhaite être plus strict est digne d’éloge.

Toutefois, le jour même de Tichea Béav, il est préférable d’être rigoureux et de ne pas porter de sous-vêtements fraîchement lavés.

Cette permission concerne uniquement le port de ces vêtements ; leur lavage reste interdit selon tous les avis.

Le livre Piské Techouvot écrit : « Les personnes pieuses, qui ressentent profondément la destruction du Temple, suivent généralement le sens simple des paroles de nos Sages et du Choul’han Aroukh. Elles ne changent leurs vêtements qu’en l’honneur de Chabbat ‘Hazon, et même pour les sous-vêtements elles réduisent autant que possible leur fréquence habituelle de changement. Si elles ont l’habitude de les changer chaque jour, elles les changent alors tous les deux ou trois jours. Durant la semaine où tombe Tichea Béav, elles sont encore plus strictes. Celui qui s’afflige et s’endeuille sur Jérusalem méritera de voir sa joie. »

Coupe de cheveux

Comme nous l’avons vu plus haut, le Rama écrit qu’il ne faut plus se couper les cheveux dès le 17 Tamouz, et telle est la coutume Ashkénaze.

Selon la stricte Halakha, les Séfarades peuvent se couper les cheveux jusqu’à la semaine où tombe Tichea Béav. Une fois cette semaine arrivée, la coupe de cheveux devient interdite selon la Guémara.

En pratique, différentes coutumes existent selon les communautés, et chacun suivra donc son Minhag.

Les femmes

Les décisionnaires discutent de savoir si cette interdiction s’applique également aux femmes.

Le Michna Beroura écrit qu’il est préférable d’être rigoureux également pour les femmes dès le 17 Tamouz. Toutefois, en cas de nécessité liée à la pudeur ou dans le cadre d’un Chiddoukh, il permet jusqu’à la semaine où tombe Tichea Béav.

Selon la coutume Séfarade, cette rigueur ne concerne que la semaine où tombe Tichea Béav. C’est pourquoi les décisionnaires Séfarades écrivent eux aussi qu’il est juste que les femmes soient rigoureuses, d’autant plus qu’il ne s’agit que d’une courte période.

Les cils et sourcils ne font pas partie de l’interdit.

Les enfants

Puisque l’interdiction de se couper les cheveux durant la semaine où tombe Tichea Béav est explicitement rapportée dans la Guémara, on y applique une rigueur particulière.

Il est donc interdit à un adulte de couper les cheveux d’un enfant pendant cette période.

Les Baalé Brit

Le père du bébé, le Mohel et le Sandak sont appelés les Baalé Brit.

Même selon la coutume Ashkénaze, ils peuvent se couper les cheveux jusqu’à la semaine où tombe Tichea Béav, en l’honneur de la Mitsva.

En revanche, une fois arrivée la semaine où tombe Tichea Béav, puisque l’interdiction est explicitement mentionnée dans la Michna, il n’y a plus lieu d’être indulgent.

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36. Se laver, le Mikvé et les ongles pendant la semaine de Tichea Béav

En bref : Séfarades : l'abstention de se laver ne commence que la semaine de Tichea Béav ; Ashkénazes : dès Roch 'Hodech Av. On peut se laver à l'eau froide sans savon (savon/shampoing si forte transpiration), en ajoutant un peu d'eau chaude sans que cela procure un vrai plaisir ; l'immersion au Mikvé reste permise, et une femme proche de l'accouchement peut se laver à l'eau chaude. On coupe les ongles dépassant la chair ; avant Chabbat 'Hazon, même les Ashkénazes.

Se laver à l’eau chaude ou froide

Le Choul’han Aroukh1 écrit : « Certains ont l’habitude de ne plus se laver depuis Roch ‘Hodech, tandis que d’autres ne s’en abstiennent que durant cette semaine. »

La coutume de la majorité des Séfarades est de ne s’abstenir de se laver que pendant la semaine où tombe Tichea Béav.

Les Ashkénazes, eux, sont plus stricts et commencent dès Roch ‘Hodech Av.

Malgré cela, le Michna Beroura écrit que celui qui a l’habitude, chaque Chabbat, de se laver la tête ainsi que le visage, les mains et les pieds à l’eau chaude peut continuer à le faire même pendant ce Chabbat.

Les décisionnaires discutent pour savoir si l’interdiction concerne uniquement l’eau chaude ou également l’eau froide.

Le Rambam écrit qu’il est permis de se laver entièrement à l’eau froide, puisque cela ne constitue pas une toilette de plaisir, et ainsi tranche Rav Ovadia Yossef.

Le Rama, en revanche, écrit que même l’eau froide est interdite. C’est ainsi que tranche le Or Letsion.

De nos jours, où la majorité des gens ont l’habitude de se laver quotidiennement, particulièrement pendant les fortes chaleurs de l’été, les décisionnaires2 écrivent qu’il est permis de se laver le corps à l’eau froide, sans savon.

Une personne qui transpire beaucoup et ne supporte pas cet inconfort peut utiliser un peu de savon ou de shampoing.

Lorsque les décisionnaires parlent d’eau froide, ils ne parlent pas forcément d’eau glacée. Il est permis d’ajouter un peu d’eau chaude afin d’enlever la sensation de froid, à condition que l’eau ne devienne pas agréable au point de procurer un véritable plaisir.

Il faut néanmoins veiller à ne pas transformer cette permission en autorisation générale, au point d’oublier complètement l’institution de nos Sages.

Même si aujourd’hui beaucoup de personnes sont considérées comme délicates, le Beit HaMikdach mérite bien que nous ressentions au moins une fois par an une certaine peine pour sa destruction.

Cette permission n’a donc pas été donnée pour une douche de confort, ni pour un simple léger inconfort, mais uniquement lorsqu’il existe un réel besoin : par exemple quelqu’un qui transpire beaucoup, ne supporte plus l’odeur de transpiration ou lorsque cela dérange son entourage.

Il est donc souhaitable de réduire autant que possible la fréquence des douches et la quantité d’eau utilisée, afin de conserver malgré tout un certain manque de confort et renforcer ainsi le sentiment de deuil lié à la destruction du Temple.

Enfants

Comme nous l’avons déjà expliqué, il convient d’habituer les enfants à partir de six ans aux lois de deuil observées pendant cette période.

On évitera donc également pour eux les bains ou douches pris uniquement pour le plaisir.

Cependant, s’ils se sont beaucoup salis ou ont fortement transpiré, il est permis de les laver afin d’enlever la saleté ou la transpiration, mais sans procéder comme lors de leur toilette habituelle.

Même selon la coutume Ashkénaze, on n’est rigoureux avec les enfants qu’à partir de la semaine où tombe Tichea Béav.

Femme proche de l’accouchement ou ayant accouché

Une femme proche de son accouchement peut se laver à l’eau chaude, car cela lui procure un soulagement et l’aide à mieux supporter l’accouchement.

De même, une femme ayant récemment accouché ou une personne affaiblie qui a besoin de se laver quotidiennement à l’eau chaude pour sa santé ou sa récupération peut le faire.

Dans ces cas, il ne s’agit pas d’un bain de plaisir mais d’un besoin médical ou de santé.

Toutefois, le jour même de Tichea Béav, il ne faut être indulgent qu’en cas de nécessité absolue, et il convient alors de consulter un Rav.

Mikvé

Une personne qui a l’habitude de se tremper au Mikvé, que ce soit le vendredi ou pendant la semaine, peut continuer à le faire dans de l’eau froide.

Si cela lui est difficile, elle peut même utiliser de l’eau tiède ou chaude, car le but de l’immersion n’est pas le plaisir mais la sainteté et la pureté.

Les ongles

Les A’haronim discutent de la question de savoir s’il est permis de se couper les ongles pendant cette période.

En pratique, lorsque les ongles dépassent la chair, c’est-à-dire qu’en regardant sa main du côté de la paume, on voit clairement qu’ils dépassent le bout du doigt, il est permis de les couper, même la veille de Tichea Béav.

Selon la Kabbala, cela présente même une importance particulière, car les forces négatives s’y attacheraient.

En revanche, si les ongles ne dépassent pas la chair, on ne les coupera pas.

Malgré tout, à l’approche de Chabbat ‘Hazon, même les Ashkénazes peuvent se couper les ongles.

  1. Siman 551, Séïf 16.

  2. Igrot Moché, Chevet HaLévi, ‘Hazon Ovadia.

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37. La veille de Tichea Béav : étude de la Torah, promenades et Séouda Hamafséket

En bref : Dès 'Hatsot la veille de Tichea Béav, on ne se promène pas ; qui peut étudier les sujets permis ce jour est digne d'éloge, mais si cela diminue son étude, mieux vaut poursuivre son étude habituelle. À la Séouda Hamafséket après 'Hatsot : pas de viande, ni vin, ni deux plats cuisinés (un seul plat cuit) ; coutume de se contenter de pain, d'œufs durs et d'eau, le pain n'étant pas obligatoire mais le repas devant en avoir le statut. Boissons sucrées permises, mieux vaut s'en abstenir.

La veille de Tichea Béav

Étude de la Torah

Le Rama1 écrit : « On a l’habitude de ne plus étudier la Torah à partir de ‘Hatsot la veille de Tichea Béav, sauf les sujets qu’il est permis d’étudier le jour de Tichea Béav. »

Puisque l’étude de la Torah réjouit l’homme, et qu’il est possible d’étudier les sujets autorisés à Tichea Béav, certains ont pris l’habitude d’être plus rigoureux dans ce domaine que pour d’autres interdictions qui ne s’appliquent qu’à Tichea Béav lui-même.

Cependant, de nombreux décisionnaires ne sont pas d’accord avec le Rama et permettent de continuer à étudier normalement même après ‘Hatsot.

Ainsi, celui qui peut consacrer ces heures aux sujets permis à Tichea Béav est digne d’éloge. Mais si cela risque de l’amener à délaisser ou à diminuer son étude de la Torah, il vaut mieux qu’il continue son étude habituelle.

Promenades et sorties

Le Rama écrit : « On ne se promène pas la veille de Tichea Béav. »

Cette restriction commence à partir de ‘Hatsot.

Le repas précédant le jeûne (Séouda Hamafséket)

La Séouda Hamafséket est le dernier repas que l’on prend avant l’entrée de Tichea Béav.

Il est permis de faire auparavant un autre repas comprenant plusieurs plats, puis de réciter le Birkat HaMazone et de prendre ensuite la Séouda Hamafséket.

Cependant, cela soulève un problème de Berakha Chééna Tsrikha (bénédiction inutile), puisqu’on récite le Birkat HaMazone uniquement pour recommencer à manger quelques instants plus tard.

De plus, cela peut donner l’impression que le véritable repas est le premier, tandis que la Séouda Hamafséket n’est faite que pour s’acquitter de l’obligation.

C’est pourquoi la coutume est de prier Min’ha entre les deux repas.

Certains ont également l’habitude d’avancer le premier repas afin d’arriver à la Séouda Hamafséket avec un peu d’appétit, ce qui lui donne davantage le caractère d’un véritable repas.

Deux plats cuisinés

Le Choul’han Aroukh écrit : « La veille de Tichea Béav, lors de la Séouda Hamafséket prise après ‘Hatsot, on ne mangera pas de viande, on ne boira pas de vin et on ne mangera pas deux plats cuisinés. »

Le Michna Beroura explique que la raison est : « Afin d’augmenter le deuil, de se souvenir de la destruction du Temple et d’en ressentir la peine. »

On ne doit donc consommer qu’un seul plat cuit lors de ce repas.

Même si deux plats ont été cuits dans la même marmite, ils restent considérés comme deux plats distincts et sont interdits.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’aliments que l’on a l’habitude de manger ensemble toute l’année, ils sont considérés comme un seul plat, à condition de les manger effectivement ensemble.

Si on les sépare, ils retrouvent le statut de deux plats distincts.

Cette règle concerne uniquement les aliments cuits.

Les fruits et légumes crus, ainsi que le lait2, les fromages ou les yaourts, ne sont pas considérés comme des plats cuisinés. Il est donc permis d’en manger plusieurs sortes.

En revanche, s’ils ont été cuits, ils prennent le statut de plat cuisiné.

Il est également permis de manger du pain, des gâteaux ou d’autres pâtisseries, car ils ne sont pas inclus dans cette interdiction.

Cependant, comme nous l’avons vu, le but est de renforcer le sentiment de deuil et de tristesse lié à la destruction du Temple. Il ne convient donc pas de consommer des aliments particulièrement agréables ou susceptibles de détourner l’esprit du deuil.

C’est dans ce sens que le Choul’han Aroukh3 écrit : « Celui qui le peut ne mangera à la Séouda Hamafséket que du pain sec avec du sel et de l’eau. »

La coutume la plus répandue est de se contenter de pain, d’œufs durs et d’eau.

Il n’est pas obligatoire de manger du pain, mais il faut malgré tout que cela ait le statut d’un repas. Sinon, le repas précédent serait considéré comme le dernier repas avant le jeûne.

Ainsi, celui qui ne mange pas de pain devra au minimum consommer d’autres aliments sous forme de repas, comme une salade ou plusieurs œufs.

Concernant les boissons, il n’existe pas d’interdiction stricte de boire des boissons sucrées comme les sodas ou les jus de fruits. Malgré cela, il est préférable de s’en abstenir afin de diminuer le plaisir procuré par ce repas.

  1. Siman 553, Séïf 2.

  2. La Michna Beroura écrit que c'est interdit, car le lait et le fromage sont définis comme un plat; mais cela ne valait qu'à leur époque, où on les cuisinait à la maison. À notre époque, où le lait et le fromage ne subissent qu'un simple processus de pasteurisation, ils ne sont plus considérés comme un plat.

  3. Séïf 6.

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38. Séouda Hamafséket : poisson, position assise, Zimoun et acceptation du jeûne

En bref : Le poisson reste permis selon la Halakha stricte, mais la coutume est de s'en abstenir à la Séouda Hamafséket. On s'assoit à terre — les jeunes filles Séfarades aussi, chez les Ashkénazes selon les communautés ; un malade, une personne âgée ou une femme sur le point d'accoucher peuvent utiliser un siège de moins de trois Tfa'him, sinon une chaise. Mieux vaut manger séparément pour éviter le Zimoun. Après le repas, on peut encore manger ou boire tant que le jeûne n'a pas été accepté explicitement.

Consommation de poisson

Comme nous l’avons vu plus haut, selon la Guémara, seule la viande est interdite, et uniquement lors de la Séouda Hamafséket.

La coutume est de s’abstenir de viande et de volaille dès Roch ‘Hodech Av.

Le poisson reste permis selon la Halakha stricte.

Cependant, la coutume est de ne pas manger de poisson lors de la Séouda Hamafséket, car certaines sources l’associent parfois à la viande, et parce qu’il représente également un aliment de prestige et de réjouissance, digne d’être servi à la table des rois.

S’asseoir par terre

Le Choul’han Aroukh tranche :

« On a l’habitude de s’asseoir à même le sol pendant la Séouda Hamafséket, sans avoir besoin d’enlever ses chaussures. »

Le but est que ce repas ait l’apparence d’un repas de deuil et d’humilité.

Il convient donc de s’asseoir à terre et non de manger debout.

Une fois le repas terminé, il est permis de retourner s’asseoir sur une chaise normale jusqu’au coucher du soleil, comme nous le verrons plus loin.

Une femme proche de l’accouchement, une personne âgée ou un malade qui ont du mal à s’asseoir par terre peuvent s’asseoir sur un siège de moins de trois Tfa’him de hauteur.

Si cela leur est également difficile, ou s’ils ne disposent pas d’un tel siège, ils peuvent utiliser une chaise normale.

Les jeunes filles Séfarades ont elles aussi l’habitude de s’asseoir à même le sol lors de ce repas. Chez les Ashkénazes, certaines communautés suivent cette coutume tandis que d’autres ne la pratiquent pas.

Le Zimoun

Le Choul’han Aroukh écrit qu’il faut veiller à ce que trois hommes ne s’installent pas ensemble à la Séouda Hamafséket de manière à devenir tenus de faire le Zimoun.

En effet, le fait de manger en groupe comporte une certaine dimension de joie qui ne correspond pas à l’esprit du moment.

Il est donc préférable que chacun mange séparément et ait l’intention de ne pas s’associer aux autres pour le Zimoun.

Si malgré tout trois personnes ont mangé ensemble et sont devenues tenues de faire le Zimoun, les A’haronim discutent de la conduite à adopter :

Le Hazon Ovadia écrit qu’ils doivent faire le Zimoun.

Le Or Letsion et le Michna Beroura estiment au contraire qu’ils ne doivent pas le faire, puisqu’ils ne sont pas assis autour d’une même table de manière à former un véritable groupe.

Peut-on continuer à manger après la Séouda Hamafséket ?

Il est permis de continuer à manger ou à boire après avoir terminé la Séouda Hamafséket, tant que l’on n’a pas accepté explicitement le jeûne.

Le Gaon de Vilna considère qu’une simple décision intérieure suffit pour accepter le jeûne.

Le Choul’han Aroukh tranche toutefois qu’il faut une acceptation explicite formulée verbalement.

Dès lors qu’une personne accepte clairement le jeûne, toutes les interdictions de Tichea Béav s’appliquent à elle. La seule exception concerne le port de chaussures en cuir lorsqu’elle les porte encore à ce moment-là, car cela est considéré comme une preuve qu’elle n’a pas encore accepté cette interdiction.

En revanche, si elle s’est simplement dit qu’elle ne mangerait plus, sans accepter explicitement le jeûne, elle peut encore revenir sur sa décision et manger ou boire, même après avoir récité le Birkat HaMazone.

Il est néanmoins conseillé de préciser explicitement que l’on n’accepte pas le jeûne avant le coucher du soleil, car Tichea Béav ne comporte pas de règle de Tosséfet Taanit comme Yom Kippour.

Bénédiction sur l’eau

Une personne qui boit de l’eau avant le jeûne uniquement afin d’augmenter ses réserves et de mieux supporter le jeûne, sans éprouver de soif ni de plaisir particulier à boire, ne récite pas de bénédiction sur cette eau.

En revanche, si elle boit une boisson sucrée, elle devra réciter la bénédiction correspondante comme à l’accoutumée.

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39. Tichea Béav : étude de la Torah, Téhilim et prière

En bref : À Tichea Béav, l'étude de la Torah et les Téhilim sont interdits ; il faut étudier les sujets permis (destruction du Beit HaMikdach, lois du deuil et de Tichea Béav), et les livres de Moussar sont permis. Les Téhilim d'un malade, de celui qui resterait sans rien faire ou des femmes : indulgence possible, de préférence après 'Hatsot, sinon rattraper le lendemain. La prière se récite normalement, sauf les Korbanot pour qui n'en a pas l'habitude ; certains Ashkénazes omettent le Pitoum Haketoret.

Tichea Béav

L’étude de la Torah

Le Choul’han Aroukh tranche :

« Il est interdit de lire la Torah, les Nevi’im et les Ktouvim, d’étudier la Michna, le Midrach, la Guémara, les Halakhot et les Agadot, car il est dit : “Les lois d’Hachem sont droites, elles réjouissent le cœur”. »

Tout le monde est concerné par cette interdiction, aussi bien les adultes que les enfants.

Il faut toutefois veiller à ne pas rester sans rien faire à cause de cette interdiction, mais au contraire étudier les sujets qui sont permis, comme tout ce qui concerne la destruction du Beit HaMikdach, les lois du deuil, les lois de Tichea Béav, etc.

Les Téhilim

Il est également interdit de lire les Téhilim. Cependant, le Michna Beroura écrit que certains ont l’habitude de les lire après Min’ha.

Celui qui a l’habitude de réciter des Téhilim tous les jours peut continuer même à Tichea Béav selon certains. Malgré tout, il est préférable de les rattraper le lendemain.

De même, lorsqu’on récite des Téhilim pour la guérison d’un malade, il y a lieu d’être indulgent, car cela n’apporte pas de joie ; c’est une prière et une supplication qui éveille la miséricorde divine.

Par ailleurs, une personne qui sait que si elle ne lit pas de Téhilim elle restera sans rien faire et n’étudiera pas les sujets autorisés, peut s’appuyer sur les avis indulgents et lire des Téhilim même pendant Tichea Béav. De même pour les femmes, il y a encore davantage de raisons d’être indulgent. Malgré tout, il est préférable de les lire après ‘Hatsot.

Les livres de Moussar

Il est permis d’étudier des livres de Moussar qui poussent l’homme à faire Techouva.

En revanche, les ouvrages fondés principalement sur l’explication des versets, les enseignements de nos Sages et les Midrachim sont interdits.

La prière

Toute cette interdiction ne concerne que l’étude de la Torah en dehors de la prière.

En revanche, on récite normalement tout le déroulement de la prière, y compris la Parachat Hatamid, Eizéhou Mekoman, Rabbi Ichmaël, ainsi que tous les Téhilim qui font partie de la Tefila.

Toutefois, celui qui n’a pas l’habitude de dire les Korbanot et les autres passages récités avant Hodou pendant l’année ne les dira pas à Tichea Béav.

Certains Ashkénazes ont l’habitude d’omettre le Pitoum Haketoret : certains ne récitent pas celui du début de la prière, d’autres celui de la fin, et d’autres encore omettent les deux.

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40. Tichea Béav : chaussures en cuir, position assise, sommeil et autres restrictions

En bref : Tichea Béav : pas de chaussures en cuir (tissu/synthétique permis) ; il est préférable d'éviter les baskets, mais c'est permis selon la Halakha ; les enfants ne sont pas concernés. On s'assoit par terre jusqu'à 'Hatsot (siège de moins de 8 cm permis, ou de moins de 24 cm en cas de difficulté ; âgé, malade ou femme enceinte peuvent s'asseoir normalement). Il est préférable de ne pas fumer ni sentir d'aromates, et de diminuer son confort la nuit. Pour « Chéassa Li Kol Tsorki », chacun suit son Minhag.

La bénédiction « Chéassa Li Kol Tsorki »

Les décisionnaires discutent pour savoir si l’on récite la bénédiction « Chéassa Li Kol Tsorki » dans les bénédictions du matin à Tichea Béav, puisqu’elle a été instituée en remerciement pour le port des chaussures, alors qu’en ce jour on ne porte pas de chaussures en cuir.

Aussi bien chez les Séfarades que chez les Ashkénazes, certains ont l’habitude de la réciter et d’autres non. Chacun suivra donc son Minhag.

Port de chaussures en cuir

L’un des interdits de Tichea Béav est de porter des chaussures en cuir. En revanche, il est permis de porter des chaussures en tissu ou en matière synthétique.

Malgré cela, les décisionnaires écrivent qu’il est préférable d’être plus strict et d’éviter de porter des baskets ou des chaussures dans lesquelles on ne ressent pas du tout que l’on marche « comme un endeuillé », même si elles ne contiennent aucun cuir. Toutefois, d’après la stricte Halakha, cela reste permis.

Les enfants ne sont pas concernés par l’interdit de porter des chaussures en cuir, mais il est bon de les habituer également à cette pratique.

S’asseoir par terre

On s’assoit par terre jusqu’à ‘Hatsot.

D’après la stricte Halakha, puisque les sols sont aujourd’hui carrelés, il est permis de s’asseoir directement par terre, sans rien interposer. Cependant, certains estiment qu’il faut malgré tout placer un vêtement ou un tissu entre soi et le sol. Il est donc préférable d’être rigoureux sur ce point.

Il est également permis de s’asseoir sur un siège dont la hauteur est inférieure à un Téfa’h (environ 8 cm). Celui pour qui cela est difficile peut s’appuyer sur l’usage répandu et s’asseoir sur un siège de moins de trois Tfa’him (environ 24 cm).

Une personne âgée, un malade ou une femme enceinte peuvent s’asseoir sur une chaise normale. Celui qui voyage en voiture peut également s’asseoir sur son siège. En revanche, dans un bus, s’il lui est possible de rester debout, il est préférable d’être plus strict et de ne pas s’asseoir. Certains décisionnaires permettent toutefois de s’asseoir dans le bus même a priori.

Dormir par terre

Le Choul’han Aroukh écrit : « Certains ont l’habitude, la nuit de Tichea Béav, de dormir sur le sol et de placer une pierre sous leur tête. »

Le Rama écrit également qu’il convient de diminuer son confort pendant la nuit de Tichea Béav. Ainsi, celui qui a l’habitude de dormir avec un oreiller l’enlèvera pour cette nuit.

En revanche, les femmes enceintes, qui ne sont pas en mesure de s’imposer cette peine, ne sont pas tenues d’observer ces pratiques.

Fumer

Il est préférable d’être strict et de ne pas fumer à Tichea Béav, en particulier pendant la lecture de la Méguilat Eikha et des Kinot. Mais pour celui à qui cela est vraiment très difficile, il est permis de fumer discrètement après ‘Hatsot.

Les aromates

Les décisionnaires discutent également de la permission de sentir des aromates à Tichea Béav, puisque cela procure un certain plaisir.

En pratique, il convient d’être strict et de ne pas sentir d’aromates à Tichea Béav.

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41. Tichea Béav : qui est dispensé du jeûne ? Femmes enceintes et allaitantes

En bref : Les femmes enceintes et allaitantes sont en principe tenues de jeûner à Tichea Béav, mais elles doivent l'interrompre en cas de grande faiblesse, fortes douleurs à la tête ou aux yeux, vomissements, vertiges, absence de mouvements du fœtus sans amélioration, plus de quatre contractions par heure, ou, au neuvième mois, contractions régulières. Il est préférable de consulter un Rav avant le jeûne. Les dispensées jeûneront si possible au moins la nuit et ne mangeront que pour les besoins du bébé.

Les personnes dispensées du jeûne

Même pour les personnes dispensées de jeûner - principalement les femmes enceintes ou allaitantes, les accouchées et les malades, dont les cas seront détaillés plus bas -, il est bon qu’elles jeûnent au moins pendant la nuit afin de participer au deuil. Le lendemain, elles mangeront et boiront, comme le rapporte le Michna Beroura au nom du Éliyah Rabba, qui écrit qu’il est bon de jeûner au moins quelques heures.

Mais si même cela leur est difficile, elles peuvent manger dès la nuit.

Malgré tout, le Choul’han Aroukh écrit : « Bien qu’elles soient dispensées, il convient qu’elles ne mangent ni ne boivent pour se faire plaisir, mais uniquement pour assurer les besoins du bébé. »

Et si boire leur suffit, elles ne mangeront pas1.

Certains disent également que, même si elles sont dispensées du jeûne, elles ne sont pas dispensées des lois du deuil. Elles éviteront donc de manger deux plats cuisinés au même repas, comme lors du repas précédant le jeûne, et il est bon d’agir ainsi dans la mesure du possible.

Lorsqu’elles mangent, elles n’ont pas besoin de manger ou de boire par petites quantités, comme à Yom Kippour. Elles mangent et boivent normalement.

Si elles mangent du pain, elles se laveront les mains normalement, puisque cette ablution est une Mitsva et non un plaisir. Cela ne ressemble pas au lavage des mains du matin ou après être allé aux toilettes, où l’on ne lave que jusqu’à la fin des articulations des doigts.

Les Ashkénazes récitent Na’hem dans le Birkat HaMazone. S’ils l’ont oublié, ils ne recommencent pas.

Les Séfarades n’ont pas l’habitude de le dire, bien que certains le récitent dans les Harahaman.

En revanche, dans la Amida, même celui qui mange dira Na’hem, mais il ne dira pas Anénou.

Toutefois, il ne pourra pas monter à la Torah lors de la lecture de Vaye’hal à Min’ha, même s’il est le seul Cohen de la synagogue ; il sortira à ce moment-là. En revanche, il pourra monter à la Torah lors de la lecture du matin.

Les femmes enceintes et allaitantes

Le Choul’han Aroukh tranche que les femmes enceintes et allaitantes sont tenues de jeûner à Tichea Béav.

Cependant, il existe des cas où elles doivent interrompre le jeûne. Dans tous les cas, il est préférable de consulter un Rav avant le jeûne.

Une femme enceinte dont l’état de santé n’est pas bon, ou qui est en grossesse à risque, n’a pas le droit de jeûner et doit consulter un Rav avant le jeûne.

Une femme enceinte en bonne santé ressent en général la faiblesse normale de celui qui jeûne, et cela ne justifie pas d’interrompre le jeûne.

Mais si elle ressent une grande faiblesse, de fortes douleurs à la tête ou aux yeux, des vomissements ou des vertiges, elle doit interrompre le jeûne.

De même, si elle sent une diminution ou une absence de mouvements du fœtus, elle doit changer de position, se reposer et attendre un peu. S’il n’y a pas d’amélioration, elle doit immédiatement interrompre le jeûne.

Si elle ressent plus de quatre contractions par heure, elle doit arrêter immédiatement de jeûner.

Et si elle est dans le neuvième mois et que les contractions deviennent régulières, elle doit boire abondamment sans attendre.

  1. Or Letsion

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42. Tichea Béav : accouchées et malades

En bref : Une accouchée ne jeûne pas les sept premiers jours ; de sept à trente jours elle est dispensée, sauf si elle se sent parfaitement bien ; dans le doute, elle peut manger ; après trente jours elle doit jeûner, sauf risque d'arrêt de l'allaitement. Un malade en danger, ou doute de danger, ne jeûne pas ; un malade sans danger vital mais faible est dispensé, et s'il se sent mal ou a de la fièvre il mange immédiatement. Maladie chronique : consulter un Rav ; âgés et affaiblis, notamment au-delà de 80 ans, dispensés.

Les accouchées

Une femme dans les sept jours suivant l’accouchement ne doit pas jeûner, même si elle pense pouvoir le supporter.

Entre sept et trente jours après l’accouchement, elle est dispensée du jeûne, car elle a le statut d’une malade présentant un risque.

Cependant, si elle se sent parfaitement en bonne santé et capable de jeûner, elle est tenue de jeûner.

Dans le doute, si elle n’est pas sûre d’elle, on lui permet de manger, surtout aujourd’hui où la faiblesse est plus répandue.

Malgré tout, comme mentionné plus haut, après sept jours il est bon qu’elle commence à essayer de jeûner, et dès qu’elle ressent une faiblesse elle peut manger. Mais fondamentalement, elle peut manger immédiatement.

Après trente jours, elle a le statut de toute personne et doit jeûner.

Mais s’il y a un risque que l’allaitement cesse définitivement à cause du jeûne, elle ne doit pas jeûner, car le bébé est considéré comme un malade sans danger immédiat, et les interdits rabbiniques ont été levés pour son besoin.

Mais si la diminution de lait ne concerne que ce jour-là, elle donnera du lait artificiel.

Les malades

Un malade présentant un danger, ou même un doute de danger, n’a pas le droit de jeûner.

Un malade sans danger vital mais réellement malade (pas une simple gêne), et qui est faible de manière générale, est dispensé du jeûne et ne doit pas être strict avec lui-même, afin de ne pas aggraver son état.

Mais s’il n’a pas de faiblesse générale, il peut être strict et jeûner. Cependant, s’il commence à se sentir mal ou à avoir de la fièvre, il doit immédiatement manger et boire.

Celui qui doute s’il est considéré comme malade sans danger peut manger et boire en petites quantités.

Une personne en bonne santé qui a seulement des maux de tête, de ventre, etc., doit jeûner. Mais si elle a de la fièvre, elle est considérée comme malade sans danger et doit interrompre le jeûne.

Une personne atteinte d’une maladie chronique (diabète, tension, etc.) doit consulter un Rav avant le jeûne.

Les personnes âgées et affaiblies, notamment au-delà de 80 ans, sont dispensées de jeûner.

Un malade guéri qui craint une rechute à cause du jeûne doit manger normalement.

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43. Tichea Béav : médicaments, pommades et lavage

En bref : Médicament : mieux vaut avaler le comprimé sans eau ; sinon de l'eau au goût altéré. Sirop sucré interdit sauf amer. Pommades adoucissantes interdites, sauf à but médical ; parfum pour sentir bon interdit, permis pour ôter une mauvaise odeur. Rincer la bouche interdit ; si grande gêne, certains autorisent moins d'un Revi'it. Visage, yeux : interdit sauf saleté localisée ; grande souffrance, indulgence. Mains : interdit sauf ablutions obligatoires jusqu'aux articulations (Cohen : toute la main).

Médicaments et pommades

Celui qui doit prendre un médicament, s’il peut avaler le comprimé sans eau, c’est préférable.

Sinon, il peut utiliser un peu d’eau dont le goût a été altéré, par exemple avec plusieurs sachets de thé, afin que cela ne soit pas une boisson de plaisir.

Mais un sirop au goût sucré est interdit, à moins de le rendre amer.

Les pommades et crèmes pour la peau, si elles servent à adoucir la peau, sont interdites.

Mais si elles sont utilisées à des fins médicales, comme sur une plaie, elles sont permises.

Il est donc interdit d’utiliser du parfum ou du déodorant pour sentir bon ; mais si le but est uniquement de supprimer une mauvaise odeur, ce sera permis.

Il n’est pas non plus convenable de se parfumer avant Tichea Béav afin d’entrer parfumé dans ce jour de deuil.

Lavage du visage, de la bouche et des mains

Il est interdit de se rincer la bouche à Tichea Béav et à Yom Kippour.

En cas de grande gêne à Tichea Béav, certains autorisent, à condition de ne pas utiliser plus qu’un Revi’it à la fois et de pencher la tête pour ne pas avaler. Il est préférable d’utiliser un bain de bouche plutôt que de l’eau.

Il est également interdit de laver le visage et les yeux.

Cependant, s’il y a une saleté dans les yeux (comme une sécrétion), et que l’habitude est de la nettoyer à l’eau, on peut le faire uniquement sur la zone concernée.

Celui qui ne peut pas supporter de ne pas se laver le visage et qui en souffre beaucoup peut être indulgent.

Il est permis d’enlever la saleté avec de l’eau ou des lingettes, mais il est interdit de s’essuyer le visage ou les mains avec des lingettes pour se rafraîchir, car cela est considéré comme un lavage de plaisir.

Il est interdit de laver les mains, sauf pour les ablutions obligatoires : au réveil, après être allé aux toilettes, et avant la prière.

Dans ces cas, on lave seulement jusqu’aux articulations des doigts, mais autant de fois qu’au cours de l’année.

Le Cohen qui fait la Birkat Cohanim lave toute la main, car c’est une Mitsva.

Le Lévi qui lui verse l’eau, s’il a l’habitude de se laver normalement les mains toute l’année, se contentera de laver jusqu’aux articulations.

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44. Tichea Béav : salutations, cadeaux, travail et écriture

En bref : À Tichea Béav, les salutations sont interdites ; on peut hocher la tête, répondre doucement à qui salue sans savoir, et demander comment on se sent à cause du jeûne. Cadeaux interdits, sauf au pauvre (Tsédaka) ; on n'envoie pas de nourriture avant la sortie du jeûne. On ne travaille pas, de jour comme de nuit ; un travail évitant une perte financière est permis, plus souple après 'Hatsot, et peut être confié à un non-Juif ; écrire est permis, sauf pour un Sofer, sauf si nécessaire pour ce jour.

Salutations

On ne salue pas son prochain à Tichea Béav, car c’est un jour de deuil et de tristesse.

Si quelqu’un nous salue sans connaître la Halakha, on lui répond doucement et brièvement, pour ne pas le blesser.

Toutes les formes de salutations sont interdites.

Il est toutefois permis de hocher la tête en signe de salut.

Si l’on rencontre quelqu’un qui serait offensé si on ne le salue pas, on lui explique simplement qu’il est interdit de dire bonjour ce jour-là.

On peut demander à quelqu’un comment il se sent à cause du jeûne, car ce n’est pas une salutation. Mais il ne faut pas demander un « comment ça va » général.

Donner des cadeaux

Il est interdit de donner un cadeau à son prochain à Tichea Béav, car cela entre aussi dans la catégorie des salutations.

Mais il est permis de donner à un pauvre, car cela relève de la Tsédaka.

Il est donc interdit d’envoyer de la nourriture à quelqu’un pour la fin du jeûne avant sa sortie ; on attendra la sortie du jeûne.

Travail

On a l’habitude de ne pas travailler à Tichea Béav pour ne pas détourner l’attention du deuil, de jour comme de nuit.

Le Choul’han Aroukh écrit que toute personne qui travaille ce jour-là ne verra pas de bénédiction dans son travail.

Le Michna Beroura ajoute que cela est vrai même après ‘Hatsot, même dans les endroits où l’on travaille habituellement, lorsque cela détourne de l’état de deuil.

Mais un travail qui évite une perte financière est permis. Ainsi, si quelqu’un risque de perdre son emploi s’il ne vient pas travailler, il peut travailler. Après ‘Hatsot, il y a encore plus de souplesse.

Il est permis de demander à un non-Juif de faire un travail, mais on ne lui fera pas construire ni rénover sa maison.

Certains décisionnaires disent que vendre de la nourriture après ‘Hatsot pour la sortie du jeûne est une Mitsva et verra donc une bénédiction dans ce travail.

Écriture

Il est permis d’écrire à Tichea Béav, car cela n’est pas considéré comme un travail.

Mais un Sofer ne doit pas écrire, sauf si c’est nécessaire pour ce jour précis.

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45. La sortie de Tichea Béav et la journée du 10 Av

En bref : Selon le Choul’han Aroukh, dès la sortie des étoiles on peut se couper les cheveux, laver ses vêtements, se laver et écouter de la musique ; certains Séfarades attendent toutefois midi du lendemain, comme les Ashkénazes, qui gardent le deuil jusqu’à midi du 10 Av. Viande et vin : rester strict jusqu’à la fin du 10 Av. Cette année, les Ashkénazes peuvent se couper les cheveux, se laver et laver leurs vêtements dès la sortie du jeûne pour Chabbat uniquement ; sinon attendre midi du vendredi.

Sortie de Tichea Béav et 10 Av

Selon le Choul’han Aroukh, dès la sortie des étoiles, il est permis de se couper les cheveux, de laver les vêtements, de se laver et d’écouter de la musique. Il y a différents Minhagim chez les Séfarades : certains font comme le Choul’han Aroukh, mais d’autres attendent midi du lendemain comme les Ashkénazes.

Mais concernant la viande et le vin, il est bon de rester strict jusqu’à la fin du 10 Av, car c’est le jour où le Temple a brûlé.

Le ‘Hida écrit qu’on ne récite pas la bénédiction de Chéhé’héyanou le 10 Av avant la nuit.

Les Ashkénazes continuent toutefois les coutumes de deuil jusqu’à midi du 10 Av, y compris les vêtements propres. Mais après midi, ils permettent la viande et le vin.

Cette année, il existe une souplesse particulière pour les Ashkénazes, afin de se préparer pour Chabbat : ils peuvent se couper les cheveux, se laver et laver leurs vêtements dès la sortie du jeûne en l’honneur de Chabbat. Mais cela n’est valable que si c’est réellement pour Chabbat : s’ils comptent se doucher à nouveau vendredi, ils n’ont pas le droit de se laver jeudi soir ; de même pour laver les vêtements dont ils n’auront pas besoin pour Chabbat. Il faudra donc attendre midi du vendredi.

Puissions-nous mériter la reconstruction du Beit HaMikdach dès cette année, et ne pas avoir besoin de toutes ces lois.

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46. Tefilat Haderekh (la prière du voyageur) : à partir de quelle distance et quand la réciter ?

En bref : Selon la stricte Halakha on récite Tefilat Haderekh dès 4 km (une Parsa) sur route interurbaine. En pratique, les Séfarades ne la récitent dans sa formule complète que pour un trajet aller d'au moins 72 minutes ; dès 4 km, ils la disent sans la formule complète, alors que les Ashkénazes la récitent complètement dès 4 km. Idéalement on la récite dès la sortie de la ville ; à postériori, tant qu'il reste 4 km (Ashkénazes) ou 72 minutes (Séfarades), on peut encore la dire avec la bénédiction.

Selon les décisions halakhiques du Rav Ofir Malka Chelita

Les Bénédictions

Tefilat Haderekh (la prière du voyageur)

À partir de quelle distance doit-on réciter Tefilat Haderekh ?

Le Choul’han Aroukh tranche qu’il faut réciter Tefilat Haderekh une fois qu’on est déjà en route, à condition qu’il reste encore au moins une Parsa à parcourir. Si le trajet est plus court, on la récite sans conclure par la bénédiction.

Si l’on a oublié de la dire au départ, on peut encore la réciter tant qu’on est en chemin et qu’il reste plus d’une Parsa avant d’arriver à destination. Une fois cette distance dépassée, on la dira sans la bénédiction.

Une Parsa correspond à 8 000 Amot, soit environ 4 kilomètres. Cette mesure dépend de la distance et non du temps. Ainsi, même en voiture, dès que l’on parcourt au moins 4 kilomètres sur une route interurbaine, on est tenu de réciter Tefilat Haderekh.

Cependant, certains avis considèrent qu’une Parsa correspond à un temps de trajet de 72 minutes. D’après eux, même si l’on parcourt bien plus de 4 kilomètres en voiture, si le trajet dure moins de 72 minutes, on ne récite pas la bénédiction dans sa formule complète.

Ainsi, bien que selon la stricte Halakha on se base sur la distance et non sur le temps, les Séfarades préfèrent ne pas faire de bénédiction avec le nom d’Hachem en cas de doute ou de discussion rabbinique (Ma’hloket). Ils ne récitent donc Tefilat Haderekh dans sa formule complète que pour un trajet aller d’au moins 72 minutes. Il existe aussi une discussion pour savoir si l’on peut également prendre en compte le trajet retour lorsqu’on revient le même jour, mais là aussi, on est rigoureux en raison du doute concernant les bénédictions.

Malgré cela, dès que l’on parcourt plus de 4 kilomètres, on doit réciter Tefilat Haderekh sans la formule complète de la bénédiction.

Les Ashkénazes, quant à eux, récitent la bénédiction dans sa formule complète dès un trajet de 4 kilomètres.

À partir de quand et jusqu’à quand peut-on la réciter ?

Le Choul’han Aroukh écrit qu’on peut réciter Tefilat Haderekh dès qu’on est véritablement sorti en route, c’est-à-dire après avoir quitté la ville, dépassé la dernière maison et parcouru encore environ 35 mètres.

Même s’il y a encore des habitations ou des localités le long de la route à moins d’une Parsa, les décisionnaires écrivent qu’aujourd’hui on peut réciter la bénédiction dès la sortie de la ville de départ.

La meilleure façon de faire est de la réciter immédiatement, avant d’avoir parcouru 4 kilomètres.

A posteriori, tant qu’il reste encore une Parsa avant l’entrée dans la ville de destination - soit 4 kilomètres selon l’avis des Ashkénazes, ou 72 minutes de trajet selon la pratique Séfarade - on peut encore la réciter dans sa formule complète. S’il reste moins que cela, on la dira sans la bénédiction.

Il en ressort que, pour les Séfarades, on ne récite Tefilat Haderekh dans sa formule complète que lorsque le trajet entre deux villes dure au moins 72 minutes, sans compter le temps de conduite à l’intérieur de la ville de départ et de la ville d’arrivée. De même, tant qu’il reste encore 72 minutes de trajet avant d’arriver à destination, on peut la réciter avec la bénédiction ; s’il reste moins, on la dira sans bénédiction.

C’est peut-être de là que vient la coutume répandue de ne pratiquement jamais la réciter dans sa formule complète.

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47. Tefilat Haderekh : plusieurs trajets dans la même journée, acquittement et formule complète

En bref : Même en voyageant plusieurs fois le même jour, Tefilat Haderekh ne se récite qu'une fois ; la nuit prolonge le jour précédent, sauf si l'on a dormi la nuit au moins une heure dans un lit. Le matin, pour un nouveau trajet sans avoir dormi dans son lit, il est bon de la réciter sans la formule complète. Un seul peut acquitter tous les voyageurs s'ils écoutent attentivement. La majorité maintient la formule complète ; certains ajoutent « et sauve-nous des accidents de la route », d'autres non, et de nombreux Séfarades ne la récitent pas dans sa formule complète.

Plusieurs trajets dans la même journée

Même si l’on voyage plusieurs fois dans la même journée, on ne récite Tefilat Haderekh qu’une seule fois.

La nuit est considérée comme la continuité du jour précédent. Ainsi, même si l’on a dormi dans son lit pendant la journée entre deux trajets, ou d’un sommeil léger pendant la nuit (dans la voiture ou sur le bord de la route), on ne la récite pas de nouveau.

En revanche, si l’on a dormi la nuit pendant au moins une heure dans un lit, il faut la réciter à nouveau.

Le matin, si l’on entreprend un nouveau trajet, même sans avoir dormi dans son lit durant la nuit, il est bon de la réciter à nouveau, mais sans la formule complète de la bénédiction.

Une personne peut acquitter tout le monde

Des personnes qui voyagent ensemble n’ont pas besoin de réciter chacune Tefilat Haderekh. Une seule personne peut la réciter pour tous, à condition que les autres écoutent attentivement du début jusqu’à la fin.

Mais si l’on sait qu’ils ne seront pas réellement attentifs, il vaut mieux que chacun la récite lui-même.

Tefilat Haderekh dans sa formule complète

Les décisionnaires discutent de la question de savoir si l’on doit encore aujourd’hui réciter Tefilat Haderekh dans sa formule complète, puisque les dangers de brigands et de bêtes sauvages sont devenus rares.

La majorité des décisionnaires estime malgré tout qu’il faut continuer à la réciter, car d’autres dangers existent de nos jours, notamment les accidents de la route.

C’est pourquoi certains ajoutent dans le texte : « et sauve-nous des accidents de la route ».

D’autres pensent qu’il ne faut pas modifier le texte institué par nos Sages. Selon eux, lorsqu’on dit « de toutes sortes de malheurs qui viennent au monde », il faut également avoir en tête les accidents de la route et les autres dangers semblables.

Malgré cela, de nombreux Séfarades ont conservé la coutume de ne pas la réciter dans sa formule complète.

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48. Birkat HaGomel : quand la réciter et dans quels délais ?

En bref : On ne récite HaGomel qu'après un danger : les Ashkénazes seulement après un danger réel (pas un simple trajet interurbain), les Séfarades dès un simple risque, soit après un trajet de 72 minutes (beaucoup de Séfarades ne la récitent toutefois pas, chacun suivant sa coutume). En avion, tous s'accordent à la réciter : 72 minutes pour les Séfarades (vol retour du même jour inclus), 4 km pour les Ashkénazes. A priori dans les 3 jours ; sinon 5, puis 30, et même au-delà.

Birkat HaGomel

Le Choul’han Aroukh écrit :

« Quatre personnes doivent remercier Hachem : ceux qui ont traversé la mer et sont revenus à terre, ceux qui ont traversé le désert et sont arrivés dans un endroit habité, celui qui était malade et a guéri, et celui qui était emprisonné et est sorti de prison. »

Les décisionnaires discutent pour savoir si l’on ne récite cette bénédiction qu’après avoir été exposé à un danger réel. Selon cet avis, on ne récite pas HaGomel après un simple trajet d’une ville à une autre, et telle est la coutume Ashkénaze.

D’autres estiment qu’un simple risque de danger suffit. Selon eux, on récite HaGomel après un trajet interurbain de 72 minutes, en raison du risque d’accident de la route. Telle est la coutume Séfarade.

Cependant, de nombreux Séfarades ont pris l’habitude de ne pas réciter cette bénédiction, et chacun suivra sa propre coutume.

Concernant un voyage en avion, tous les décisionnaires s’accordent à dire qu’il faut réciter HaGomel. Même s’il y a statistiquement moins d’accidents en avion qu’en voiture, les décisionnaires écrivent que l’avion ressemble davantage au cas original de la Guémara, puisque le voyage se déroule hors de toute zone habitée. De plus, un accident d’avion est généralement beaucoup plus grave qu’un accident de voiture, même s’il est moins fréquent.

Ainsi, après un vol d’au moins 72 minutes pour les Séfarades - en incluant également le vol retour s’il a lieu le même jour - et de 4 kilomètres pour les Ashkénazes, on récitera HaGomel, même si l’avion n’a pas survolé de mers ou de déserts.

A priori, il faut réciter HaGomel dans les trois jours à compter du moment où l’on y est obligé. Si on ne l’a pas fait, on la récitera dans les cinq jours. Si on ne l’a toujours pas récitée, on la dira dans les trente jours. Et même après cela, on pourra encore la réciter quand on le voudra.

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49. Manger en route : le changement d'endroit pendant un repas

En bref : Pour le pain et les gâteaux (ainsi que les fruits des sept espèces et le vin), après un Kazaït (idéalement en moins de 4 minutes, au maximum 7 minutes a posteriori), il est a priori interdit de sortir, mais si on est sorti on continue à manger sans refaire la bénédiction ; sinon, comme les fruits ordinaires et les boissons, quitter l'endroit impose une nouvelle bénédiction. A posteriori, pain et gâteaux ne font pas refaire la bénédiction (Safek Berakhot Lehakel, même pour les Séfarades). Dans la maison, a priori on change de pièce.

Manger en route – le changement d’endroit

Lorsqu’on part en voyage ou en promenade, on est souvent amené à manger, à grignoter ou à boire en chemin. Il faut donc savoir quand on peut s’appuyer sur la bénédiction déjà récitée, quand il faut refaire une bénédiction, et quand il faut réciter une bénédiction finale.

En règle générale, pour le pain et les gâteaux (ainsi que les fruits des sept espèces et le vin), si on a déjà mangé un Kazaït (idéalement en moins de 4 minutes, et au maximum 7 minutes a posteriori), alors même s’il est interdit a priori de quitter sa place, si on est quand même sorti, on peut continuer à manger sans refaire la bénédiction. Si l’on n’a pas mangé un Kazaït, ou qu’on l’a mangé en plus de 7 minutes, le statut est comme celui des fruits et des boissons.

En effet, on reste obligé de revenir à l’endroit où l’on a commencé pour y réciter la bénédiction finale. Même si finalement on n’est pas revenu, le premier repas est encore considéré comme non terminé, et si l’on veut continuer à manger, on ne refait pas de bénédiction. Cela n’est valable que si l’on avait l’intention de continuer à manger. Mais si on avait terminé son repas à la maison et qu’on est sorti sans faire le Birkat HaMazone, il est interdit de continuer à manger et il faudra refaire la bénédiction.

En principe, selon le Choul’han Aroukh, même pour le pain et les gâteaux il faudrait refaire la bénédiction. Mais à cause du principe de Safek Berakhot Lehakel (en cas de doute sur une bénédiction, on est indulgent), on tient compte des autres avis et même les Séfarades ne referont pas la bénédiction. Mais cela n’est valable qu’a posteriori, car on est justement dans un doute : faut-il suivre le Choul’han Aroukh et bénir de nouveau, ou suivre les autres avis et ne pas bénir ?

Toute la question de refaire une bénédiction ou non concerne essentiellement les fruits (qui ne font pas partie des sept espèces) et les boissons (à l’exception du vin). Dès qu’on quitte l’endroit, la première consommation est considérée comme terminée et ce qu’on mange ensuite est considéré comme une nouvelle consommation, qui nécessite une nouvelle bénédiction.

En revanche, si quelqu’un mangeait du pain et est sorti, comme il ne doit pas refaire de bénédiction, il peut aussi continuer à boire et à manger des fruits (à condition d’avoir déjà fait leur bénédiction chez lui), car le Birkat HaMazone les couvre également. Toute sa consommation est donc encore considérée comme un seul et même repas, même s’il ne mange plus de pain.

Mais si quelqu’un mangeait des gâteaux et aussi des fruits ou des boissons, même s’il peut continuer à manger des gâteaux, il ne pourra pas continuer à consommer des fruits ou des boissons puisqu’ils ne sont pas inclus dans la bénédiction de Al Hami’hya.

Le fait d’avoir prévu dès le départ de changer d’endroit n’autorise pas à le faire. Cependant, si on est sorti mais qu’on voit encore l’endroit où l’on était au début, et qu’aucun passage fréquenté par le public ne sépare les deux endroits, même s’il est interdit a priori de sortir, si on est sorti on ne refait pas la bénédiction.

À l’intérieur de la maison

De nos jours, il est normal de se déplacer dans toute la maison pendant le repas. On peut donc, a priori, passer d’une pièce à une autre. De même pour un balcon ou une cour privée délimitée.

En revanche, une cour commune ou une cour privée non délimitée est considérée comme étant à l’extérieur de la maison.

Concernant la cage d’escalier ou le parking couvert de l’immeuble, les décisionnaires sont partagés : certains considèrent cela comme un changement d’endroit, d’autres estiment que puisqu’on n’est pas sorti sous le ciel ouvert, on est encore au même endroit. Par conséquent, a priori on évitera d’y sortir, mais si on l’a fait, on ne refera pas la bénédiction en raison du principe de Safek Berakhot Lehakel.

Lorsqu’on laisse des compagnons sur place

Il existe un cas où il est permis de sortir : lorsqu’un groupe d’amis ou une famille mange ou boit ensemble. Peu importe qu’il s’agisse de pain, de gâteaux, de fruits ou d’eau. Si l’un d’entre eux sort au milieu du repas et que les autres l’attendent, lorsqu’il revient il ne refait pas de bénédiction, car ses compagnons le rattachent encore à son endroit initial.

A priori, il ne faut pas partir pour une longue durée, mais pour un court moment c’est permis.

En revanche, cela ne permet que de revenir manger à sa place initiale. Il est interdit de continuer à manger ou à boire dehors.

Tout cela n’est valable que s’ils étaient réellement installés ensemble, et non s’il s’agit simplement de plusieurs personnes qui se sont retrouvées au même endroit sans prêter attention au départ les unes des autres. De même, si lui mangeait seul et que les autres étaient simplement présents sans manger, rien ne les relie.

De même encore, si les autres ont terminé de manger et ont récité leur bénédiction finale, ou s’ils sont eux aussi sortis, même s’ils sont revenus ensuite, cette installation commune est annulée et il faudra refaire la bénédiction.

Le Guide des vacances · אב תשפ״ו

50. Cachérisation des ustensiles dans une location

En bref : La cachérisation dépend de l'équipement : four à pyrolyse (cycle à température maximale), sinon grilles chauffées à 200 °C ; micro-ondes à ne pas utiliser ; plaques de gaz : décisionnaires partagés ; induction/vitrocéramique : bien nettoyer et sécher. Plan de travail/évier : verser de l'eau bouillante si l'on y pose des aliments chauds ; table : une nappe ; barbecue à gaz (plus de 400 °C) : trente minutes. Tevilat kélim : requise si le logement appartient à un Juif.

La Cacheroute

Cachérisation des ustensiles dans une location

Four

Si le four possède un programme pyrolyse, on peut le faire fonctionner à la température maximale et ensuite l’utiliser.

Si les grilles et supports de plaques ont été laissés à l’intérieur pendant le cycle de nettoyage, même si cela risque de les abîmer, on pourra également les utiliser.

Sinon, il faudra les chauffer au four à
200 °C et les envelopper dans du papier aluminium épais. Malgré tout, il est préférable de ne pas les utiliser sans pyrolyse.

Micro-ondes

Il ne faut pas l’utiliser.

Plaques de gaz

Les décisionnaires sont partagés : certains demandent de chauffer les grilles à blanc ou de les recouvrir de papier aluminium, d’autres ne l’exigent pas. Ceux qui sont indulgents ont sur qui s’appuyer.

Plaques à induction ou vitrocéramiques

Il faut bien les nettoyer et veiller à ce que le dessous des casseroles ainsi que la plaque soient parfaitement secs.

Certains sont plus stricts et conseillent d’allumer toutes les zones de cuisson pendant vingt minutes.

Lave-vaisselle

Il faut le nettoyer soigneusement, enlever tous les restes de nourriture et la graisse, puis le faire fonctionner à la température maximale, à vide, avec du produit nettoyant.

Plan de travail et évier

Si on y pose uniquement des aliments froids et que les aliments chauds sont toujours posés sur une serviette ou un support, aucune cachérisation n’est nécessaire.

En revanche, si on y pose directement des aliments chauds, il faut y verser de l’eau bouillante provenant d’un récipient qui est encore sur le feu. Cela suffit même pour les Ashkénazes.

Autre possibilité : recouvrir la zone où l’on veut poser des aliments chauds avec du papier aluminium épais. Deux couches sont préférables afin de pouvoir poser directement un aliment chaud dessus, même sans casserole.

Table

Si on y pose seulement des aliments froids, un simple nettoyage suffit. Pour des aliments chauds, il faut mettre une nappe.

Barbecue à gaz

S’il peut atteindre plus de 400 °C, on peut l’allumer pendant trente minutes à température maximale, avec le couvercle fermé et la grille à l’intérieur.

Immersion des ustensiles (Tevilat Kélim)

Si le logement appartient à un Juif et qu’il est destiné à des locations de courte durée, les ustensiles nécessitent une immersion. Il faut donc, a priori, éviter de les utiliser sans les avoir immergés.

Il y a davantage de possibilités d’être indulgent pour les ustensiles en verre.

En revanche, il est permis d’utiliser un appareil électrique.

Si le propriétaire est non-Juif, aucune immersion n’est nécessaire.

Le Guide des vacances · אב תשפ״ו

51. Chabbat à l'hôtel : carte magnétique et allumage des bougies

En bref : Carte magnétique : usage interdit, laisser la porte ouverte ; refermée et tôt, en grande nécessité, un non-Juif peut l'ouvrir ; près de la sortie de Chabbat, attendre (interdit même par allusion) ; sans non-Juif, si c'est indispensable, ouvrir de façon inhabituelle ; pas le samedi après-midi. Bougies : en chambre ou salle à manger, pas dans le hall. Séfarades : la première bénit et acquitte ; Ashkénazes : chacune bénit. Sinon, lumière électrique (lampe de poche de préférence).

Le Chabbat

Porte qui s’ouvre avec une carte magnétique

Il est interdit d’utiliser une carte magnétique pour ouvrir une porte, car cela entraîne une action électrique.

Par conséquent, si en arrivant à l’hôtel on découvre qu’il n’y a pas de clé classique, il faudra laisser la porte de la chambre ouverte.

Si la porte s’est refermée et qu’il est encore tôt, en cas de grande nécessité, on peut demander à un non-Juif de l’ouvrir.

En revanche, si l’on est proche de la sortie de Chabbat, il faudra attendre et il est interdit de demander à un non-Juif de l’ouvrir.

Dans ce cas, peu importe qu’on le demande sous forme d’allusion ou d’un ordre : le simple fait de profiter de l’action du non-Juif est interdit, pas seulement le fait de lui demander explicitement.

S’il n’y a pas de non-Juif et qu’il est indispensable de rentrer dans sa chambre, par exemple le vendredi soir pour aller dormir, on peut ouvrir la porte de manière inhabituelle, en tenant la carte entre ses doigts différemment de l’ordinaire. Si cela est difficile, deux personnes peuvent la tenir ensemble.

En revanche, si c’est simplement pour retourner dans sa chambre le samedi après-midi, on ne peut pas être indulgent sans l’aide d’un non-Juif, même si la nuit est encore loin.

Allumage des bougies à l’hôtel

L’endroit prévu pour l’allumage des bougies est soit le lieu du repas, soit le lieu où l’on dort. Ainsi, les personnes qui séjournent à l’hôtel pour Chabbat doivent allumer soit dans leur chambre, soit dans la salle à manger.

Cependant, la plupart des hôtels interdisent toute flamme dans les chambres et demandent d’allumer les bougies dans un espace spécialement prévu dans le hall de l’hôtel.

Or, il est interdit d’y allumer, car ce n’est ni un lieu de repas ni un lieu de résidence, mais simplement un lieu de passage ; la bénédiction serait donc vaine.

S’il est possible d’allumer dans la salle à manger, il faut le faire là-bas. Selon la coutume Séfarade, seule la première femme qui allume récite la bénédiction et peut acquitter les autres. Chez les Ashkénazes, chacune récite sa propre bénédiction.

Si même cela n’est pas autorisé, on récitera la bénédiction sur une lumière électrique : de préférence une lampe de poche, puisque l’électricité est déjà stockée dans la batterie ; à défaut, sur la lumière de la chambre, même si elle est en LED.

Dans tous les cas, il est interdit d’allumer une flamme dans une chambre lorsque la direction de l’hôtel l’interdit, car ce serait une Mitsva accomplie au moyen d’une transgression assimilable à du vol.

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52. Me'in Chéva, plaque de Chabbat et réfrigérateur en location

En bref : Sans Sefer Torah, on ne récite pas Me'ein Chéva le vendredi soir (à Jérusalem, on la récite). Sans plaque, on peut laisser sur une cuisinière gaz ou électrique un plat cuit au moins à moitié (pas sur induction), sans déplacer la casserole ni le remettre sur le feu. Si le réfrigérateur de location sans mode Chabbat n'est ni neutralisable (bouton, aimant) ni sur minuterie, il est interdit de l'ouvrir ; si on l'a oublié, on fait appel à un non-Juif, sinon à un Chinouy ou un enfant.

La bénédiction de Me’ein Chéva le vendredi soir

Quand on prie le vendredi soir dans un endroit qui n’est pas une synagogue et qu’il n’y a pas de Sefer Torah, on ne récite pas la bénédiction de Me’ein Chéva. Après la Amida, on dira simplement Yom Hachichi Vayekhoulou puis le Kaddich.

En revanche, s’il y a un Sefer Torah et qu’on prie à cet endroit pendant plusieurs jours d’affilée, on récite Me’ein Chéva.

À Jérusalem, on a l’habitude de la réciter dans tous les cas, mais ce n’est pas l’usage en dehors de Jérusalem.

Celui qui n’a pas de plaque de Chabbat

Il est permis de cuisiner avant Chabbat et de laisser le plat sur une cuisinière à gaz ou électrique (mais pas sur une plaque à induction qui s’éteint lorsqu’on retire la casserole), à condition que le plat soit déjà cuit au moins à moitié.

Il est malgré tout préférable d’être plus strict et de recouvrir les flammes avec une plaque métallique, si on en possède une, ou au minimum que le plat soit complètement cuit.

Mais selon la stricte loi, même si le plat n’est qu’à moitié cuit, cela reste permis, à condition de ne pas y toucher avant de le retirer du feu.

Il est également interdit de déplacer la casserole, d’ouvrir le couvercle puis de le remettre, car cela accélère la cuisson.

De même, il est interdit de remettre la casserole sur le feu, même si toutes les conditions habituelles du retour sur le feu ont été respectées.

Réfrigérateurs et congélateurs sans mode Chabbat

Quand on arrive dans une location de vacances, on ne peut pas toujours compter sur la présence d’un réfrigérateur ou d’un congélateur adapté à Chabbat comme à la maison. Il faut donc savoir comment les utiliser sans transgresser d’interdits.

Il faut distinguer les anciens réfrigérateurs, dont le principal problème est généralement l’ampoule, des réfrigérateurs récents, remplis de capteurs qui réagissent à chaque ouverture et fermeture de la porte.

Pour les anciens modèles, il suffit généralement de mettre du ruban adhésif sur le bouton qui se relâche à l’ouverture de la porte afin de neutraliser l’éclairage, le ventilateur et le signal sonore qui en dépendent.

Pour les modèles récents, le mieux est de les brancher sur une minuterie de Chabbat et de prévoir, avant Chabbat, des plages horaires pendant lesquelles le réfrigérateur sera éteint, afin de pouvoir l’ouvrir à ces moments-là.

Si ce n’est pas possible, on fera comme avec les anciens réfrigérateurs, en bloquant le bouton.

Dans les réfrigérateurs qui n’ont pas de bouton, le système fonctionne généralement avec un aimant. Il faut alors essayer de coller un aimant suffisamment puissant et vérifier avant Chabbat que l’appareil ne détecte plus l’ouverture de la porte (la lumière ne s’allume pas, le ventilateur ne s’arrête pas, etc.).

S’il est impossible de neutraliser ces systèmes, il est interdit d’ouvrir le réfrigérateur pendant Chabbat, car il s’agit d’un Psik Reicha, et il faudra impérativement installer une minuterie de Chabbat.

S'ils se rendent compte, pendant Chabbat, qu'ils ont oublié de neutraliser la lumière du réfrigérateur, et que le repas de Chabbat ou le jus de raisin pour le Kidouch s'y trouve, il faudra en priorité faire appel à un non-Juif pour lui demander de l'ouvrir. S'il n'y a pas de non-Juif disponible, on pourra l'ouvrir soit avec un Chinouy, soit en faisant appel à un enfant. Dans ce dernier cas, il est indispensable de lui proposer, s'il le souhaite, une friandise se trouvant dans le réfrigérateur — « Si tu veux, tu peux la prendre » — car c'est la seule façon permise : il doit ouvrir dans son propre intérêt, et non dans l'intérêt de ses parents.

Contact : Rav Eliezer Elgrabli
[email protected]

0614330440 /+972548442497

Jouer un rôle, ou devenir soi ? · תשרי תשפ״ז

53. Jouer un rôle, ou devenir soi ?

Kippour : Et si ce jour-là révélait notre vrai visage ?

Un malaise, chaque année ?

Nous avons traversé le mois d’Eloul, Roch Hachana et les dix jours de Techouva. Nous avons essayé de nous améliorer : quelques progrès, quelques échecs, mais souvent le sentiment de stagner. Nous arrivons maintenant au grand jour : Yom Kippour. Une journée entière de jeûne et de prière, pour demander pardon de nos fautes.

Mais un malaise revient chaque année. Depuis l’enfance, nous demandons pardon et promettons de changer. Et chaque année, le scénario se répète : les dix jours de Techouva s’achèvent, et nous sommes toujours les mêmes. Nos résolutions tiennent quelques jours, au mieux jusqu’à Souccot ; tenir jusqu’à ‘Hanouka ferait déjà de nous des Tsadikim. Alors, qui trompons-nous ? Notre Techouva a-t-elle encore un sens, si nous savons dès le départ que nous retomberons dans nos anciennes habitudes ?

Le Pirkei DeRabbi Eliezer rapporte que le Satan vient le jour de Yom Kippour pour accuser le peuple d’Israël, mais il ne lui trouve aucune faute. Il se tient devant Hachem et dit : « Tu as un peuple sur terre qui est comme les anges : pieds nus, sans manger ni boire, pur de toute faute. » Hachem retient ce témoignage, sorti de la bouche de l’accusateur lui-même, et pardonne. Le Maharal écrit de même dans sa Dracha de Chabbat Chouva : toutes les Mitsvot de ce jour ont pour but d’éloigner de l’homme tout ce qui est matériel, jusqu’à ce qu’il ressemble à un ange.

Alors ? Nous déguisons-nous pour un jour, ou est-ce justement ce jour-là que nous découvrons qui nous sommes vraiment ?

Deux boucs, un seul tirage au sort

Le jour de Yom Kippour, on prend deux boucs : l’un pour Hachem et l’autre pour Azazel. Les Sages disent qu’ils doivent être identiques : même apparence, même taille, même valeur. L’un comme l’autre peut être destiné à Hachem. Seul le tirage au sort détermine la destination de chacun : l’un entre à l’intérieur, dans le Saint des Saints, tandis que l’autre est envoyé dans le désert.

De tous les animaux, c’est le sang du bouc qui ressemble le plus au sang de l’homme. C’est pourquoi les frères de Yossef ont trempé sa tunique dans le sang d’un bouc. Lorsque son sang est aspergé à l’intérieur du Beit HaMikdach, c’est comme si notre propre sang était aspergé, comme si l’homme lui-même était introduit dans l’endroit le plus saint qui soit.

C’est là, explique le Maharal, que se trouve tout le secret de Yom Kippour : si l’homme peut être introduit dans le Saint des Saints, c’est que ses fautes ne font pas partie de lui. Sa place est à l’intérieur ; celle de la faute est à l’extérieur. Le simple fait que l’homme puisse se tenir devant Hachem prouve donc que la faute n’est qu’un vêtement, quelque chose qui le recouvre sans jamais devenir lui.

Elazar ben Dourdia : quand la faute devient une identité

La Guemara raconte l’histoire d’Elazar ben Dourdia, qui avait commis toutes les fautes du monde. Lorsqu’il a voulu faire Techouva, il s’est tourné vers les montagnes et les collines, vers le ciel et la terre, vers le soleil et la lune, et les a priés d’implorer miséricorde pour lui. Tous lui ont répondu : nous ne pouvons pas t’aider. Jusqu’à ce qu’il dise : « Cela ne dépend que de moi. » Il a alors posé sa tête entre ses genoux et a pleuré jusqu’à ce que son âme sorte. Une voix céleste s’est alors faite entendre : « Rabbi Elazar ben Dourdia est destiné à la vie du monde futur. »

Chez lui, la faute était déjà devenue une partie de son identité. Pour s’en séparer, la Techouva seule ne suffisait pas : il fallait la mort. Mais la plupart d’entre nous n’en sont pas là. Nous fautons, mais la faute ne fait pas partie de nous : elle n’est qu’un vêtement extérieur.

« Cela ne dépend que de moi »

Le début même de l’histoire de Rabbi Elazar ben Dourdia enseigne un grand principe. Au départ, il cherchait la cause chez tous les autres : les montagnes et les collines, ce sont les parents ; le ciel et la terre, ce sont les forces de l’âme qu’il a reçues d’Hachem ; le soleil et la lune, ce sont les Tsadikim et les Rabbanim.

Nous avons nous aussi tendance à attribuer notre situation à la maison dans laquelle nous avons grandi, à notre environnement, à nos parents, au Yetser Hara, aux difficultés et aux épreuves. Mais tant que l’homme attribue sa situation aux autres, il ne peut pas changer. C’est seulement lorsqu’il dit : « Cela ne dépend que de moi » que la Techouva commence.

Un jour pour nettoyer

Dans le langage des Sages, « Kippour » signifie également essuyer, comme dans le traité Zeva'him. Yom Kippour est un jour où l’on nettoie. Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre, mais de retirer ce qui nous recouvre. L’éclat, lui, n’a jamais disparu.

Le point qu’on ne peut pas abîmer

Yom Kippour est aussi le jour où nous avons reçu les secondes Tables de la Loi, le jour où le lien entre le peuple d’Israël et la Torah s’est révélé à nouveau. On comprend alors : tout ce qui appartient à la Torah, c’est nous ; tout ce qui nous en éloigne est extérieur à nous.

À l’intérieur de chaque Juif se trouve un petit Saint des Saints, un point intérieur qu’on ne peut pas abîmer. C’est ce que nous disons chaque matin : « L’âme que Tu m’as donnée est pure. » Dans son essence même, le Juif veut le bien. Mais le Yetser Hara intervient aussitôt et le détourne de cette volonté. Le vrai « moi », représente ce point intérieur qui recherche le bien. Le Yetser Hara, lui, nous fait croire le contraire. C’est pourquoi un Juif qui accomplit une Mitsva Chelo Lichma (sans les bonnes intentions) est considéré comme un Tsadik. Chez un non-Juif qui agit Chelo Lichma, c’est comme s’il n’avait rien fait. Car le Juif, au plus profond de lui-même, veut réellement faire le bien.

Quand un Juif faute, ce point intérieur ne disparaît pas : il est seulement recouvert. Comme une voiture neuve sur laquelle la poussière s’accumule jusqu’à ce qu’on ne voie plus sa couleur : la couleur n’a pas changé ; il faut simplement enlever la couche de poussière.

Les maîtres du Moussar disent qu’Hachem juge l’homme là où il en est à cet instant. Si, maintenant, l’homme veut vraiment être proche d’Hachem, même s’il sait qu’il va encore échouer, son point intérieur s’est révélé. C’est ce point-là qu’Hachem regarde et qu’Il aime.

Kol Nidré : tu n’es pas prisonnier

La faute emprisonne l’homme, lui donnant l’impression qu’il n’a aucun moyen d’en sortir : « C’est moi, c’est ma vie, je ne peux pas vivre autrement. » C’est aussi ce que signifie l’ouverture de Yom Kippour avec Kol Nidré : un vœu, c’est ce qui attache l’homme. Combien de fois se dit-on : « Je dois, je suis obligé, je ne peux pas faire autrement, c’est ma nature. »

Kol Nidré vient nous dire : tu es délié. Tu n’es pas ta faute, tu n’es pas ton désir. Les cinq interdictions de Yom Kippour nous enseignent la même chose : tu n’es pas obligé de manger, tu n’es pas obligé de boire, tu n’es pas obligé d’être esclave de ton corps. Tu peux te libérer et redevenir celui que tu es vraiment.

La part de gâteau

On raconte qu’il y a environ soixante-dix ans, pendant une période de pénurie en Eretz Israël, les enfants d’une école terminèrent l’étude d’un traité. Le Rav demanda à sa femme de préparer un peu de gâteau avec le peu de farine qui restait à la maison, et chaque enfant reçut une petite part. L’un des enfants se dit : cela fait déjà deux jours que mon père ne mange pas pour que je puisse manger, cette part lui revient. Il l’enveloppa dans son mouchoir. Mais toute la journée, il ne cessa d’y penser. Au début, il se contenta de la regarder. Puis il la sentit. Ensuite, il lécha une toute petite miette. Quand il arriva chez lui, il ne restait plus que quelques miettes.

Il les donna à son père, honteux. Son père le prit dans ses bras et lui dit : « Mon fils, tu as pensé à moi toute la journée en voulant m’apporter ce gâteau. Il est vrai que le désir a été plus fort, mais ton cœur était avec moi. »

Voilà ce qu’est Yom Kippour

Il en va de même pour nous. Hachem nous a fait descendre dans un monde rempli d’épreuves et de désirs, et nous voulons Lui rendre une âme pure. Parfois nous tombons, et parfois nous ne faisons que « goûter ». Mais si, tout au long du chemin, nous voulons vraiment être à Lui, Hachem ne regarde pas seulement les miettes : Il voit le combat, et ce point intérieur qui n’a jamais cessé de L’aimer.

Voilà ce qu’est Yom Kippour : pas un jour où l’on devient quelqu’un d’autre, mais un jour où l’on découvre qui l’on a toujours été. Car la faute, ne nous représente pas : nous appartenons au Saint des Saints, et le reste n’est qu’un revêtement.

Le peuple d’Israël est saint : « Même les plus vides parmi toi sont remplis de Mitsvot comme une grenade. »

Les lois de la Soucca · תשרי תשפ״ז

54. L'importance de la Mitsva de la Soucca

En bref : La Soucca a une sainteté particulière : il est recommandé d'y rester autant que possible, de traiter sa maison comme un logement de passage et de faire de la Soucca son véritable lieu de vie pendant les sept jours de la fête. Certains décisionnaires déconseillent de partir en promenade pendant Souccot, d'autres permettent d'en sortir comme on sortirait de chez soi. Pour qu'une Soucca soit cachère, il faut vérifier sa taille, ses parois, le Skhakh qui la recouvre et la manière dont on l'utilise.

Lorsque Hachem nous a fait sortir d’Égypte, Il nous a abrités dans des Souccot dans le désert. Les Sages discutent pour savoir s’il s’agissait de véritables cabanes ou de nuées de gloire (ענני כבוד). En souvenir de cela, Il nous a enjoint de construire une Soucca pendant la fête de Souccot.

Bien que la sortie d’Égypte ait eu lieu en été, la Mitsva de la Soucca n’a pas été fixée à cette période. En été, on s’installe naturellement dans des cabanes à cause de la chaleur. Hachem nous a donc ordonné de sortir dans la Soucca au début de l’hiver, pour montrer que nous n’y allons pas pour notre confort, mais pour accomplir Sa volonté.

La Soucca possède une sainteté particulière, et nos maîtres lui attribuent de grands mérites. Le Maharsham écrit même : « La Mitsva de la Soucca équivaut aux 613 Mitsvot. »

La Soucca est comme la maison d’Hachem. Celui qui y entre est entouré de sainteté et reçoit des lumières de foi et de Kedoucha. Il est donc recommandé de rester dans la Soucca autant que possible, et de ne pas simplement y entrer pour manger puis ressortir immédiatement.

Il faut traiter sa maison comme un logement de passage et faire de la Soucca son véritable lieu de vie pendant les sept jours de la fête. C’est ce que faisaient certains Tsadikim, qui ne sortaient pratiquement pas de leur Soucca de toute la fête.

Certains décisionnaires écrivent même qu’il ne faut pas partir en promenade pendant Souccot, car on renonce ainsi à une partie de la Mitsva de rester dans la Soucca. D’autres, en revanche, expliquent que la Soucca n’est pas une prison et qu’il est permis d’en sortir, comme on sortirait normalement de chez soi pour se promener.

On voit donc l’importance de la Soucca : dès qu’on peut y être, il faut y rester.

Pour qu’une Soucca soit cachère, il faut vérifier sa taille, ses parois, le Skhakh qui la recouvre et la manière dont on l’utilise.

Il existe aussi plusieurs types de Souccot (en bois, en métal, ou une pergola sur une terrasse ou dans un jardin), chacune a ses règles.

La Soucca doit être recouverte par le Skhakh, et rien ne doit se trouver entre le Skhakh et le ciel. Le Skhakh doit également être suffisamment proche des parois.

Un Skhakh éloigné des parois, ou un élément posé au-dessus de lui, peut invalider la Soucca. Les cas sont détaillés plus bas.

Les lois de la Soucca · תשרי תשפ״ז

55. La taille de la Soucca

En bref : La Soucca doit mesurer au minimum 7×7 Tefa'him (environ 56×56 cm), exigés dans les deux sens — idéalement au moins 70×70 cm — et au moins 10 Tefa'him de hauteur (environ 80 cm), idéalement 1 m. Les parties non cachères ne comptent pas dans ces dimensions. Pour un rebord de terrasse : s'il fait moins de 10 Tefa'him de hauteur (moins de 80 cm), sa largeur peut être ajoutée à celle de la Soucca ; s'il fait plus de 10 Tefa'him, il ne peut pas être compté et la Soucca n'est pas cachère.

La Soucca doit mesurer au minimum 7×7 Tefa'him, soit environ 56×56 cm. L’idéal est de prévoir au moins 70×70 cm.

Sa hauteur doit être d’au moins 10 Tefa'him, soit environ 80 cm, idéalement 1 m.

Ces 7 Tefa'him sont exigés dans les deux sens. Une Soucca de 6 Tefa'him de largeur n’est donc pas cachère, même si elle fait 100 Amot de longueur : la largeur minimale n’est pas atteinte.

Les parties non cachères, que nous verrons plus loin, ne comptent pas dans les dimensions : la Soucca doit atteindre la taille minimale sans elles.

Est-ce que le rebord d’une terrasse peut compter dans la taille de la Soucca ?

Prenons une terrasse étroite dont le sol ne mesure que 6 Tefa'him de largeur, soit environ 48 cm, mais qui est bordée tout autour d’un rebord d’au moins 1 Téfa'h. La largeur de ce rebord peut parfois être comptée.

Si le rebord fait moins de 10 Tefa'him de hauteur, soit moins de 80 cm, sa largeur peut être ajoutée à celle de la Soucca.

En revanche, si le rebord fait plus de 10 Tefa'him de hauteur, il ne peut pas être compté dans les 7 Tefa'him nécessaires. Dans ce cas, la Soucca n’est pas cachère.

Les lois de la Soucca · תשרי תשפ״ז

56. Les parois de la Soucca

En bref : Les parois doivent être assez solides pour tenir face à un vent normal pendant toute la fête ; sinon la Soucca n'est pas cachère. À priori on fera quatre parois complètes, mais les décisionnaires conseillent trois parois pleines. Selon la loi stricte, deux parois complètes et une troisième partielle suffisent : une paroi d'au moins 1 Téfa'h (8 cm) placée à moins de 3 Tefa'him (24 cm) de la deuxième vaut 4 Tefa'him par le Lavoud. Si le bas de la paroi est à plus de 3 Tefa'him (24 cm) du sol, la Soucca n'est pas cachère.

La Soucca doit ressembler à une vraie habitation. Ses parois doivent donc être suffisamment solides pour ne pas tomber sous l’effet d’un vent normal.

Elles n’ont pas besoin d’être aussi solides que les murs d’une maison. Il suffit qu’elles puissent tenir pendant toute la durée de la fête.

Une Soucca qui ne tient pas face à un vent normal n’est donc pas cachère, même s’il n’y a aucun vent au moment où on l’utilise.

À priori, il est préférable de faire quatre parois complètes.

Selon la loi stricte, deux parois complètes et une troisième paroi partielle suffisent. Cette troisième paroi doit atteindre la majorité de la largeur minimale, soit 4 Tefa'him.

Par exemple, lorsque les deux parois complètes sont disposées en forme de L, il faut ajouter une paroi d’au moins 1 Téfa'h (8 cm) de largeur, placée à moins de 3 Tefa'him (24 cm) de la deuxième paroi.

Grâce à la règle du « Lavoud », un espace de moins de 3 Tefa'him est considéré comme fermé. On considère donc cette petite paroi comme si elle avait une largeur de 4 Tefa'him, ce qui représente la majorité des 7 Tefa'him nécessaires.

Selon la loi stricte, on peut aussi construire les parois selon le principe de la « Tsourat Hapeta'h », c’est-à-dire une structure qui ressemble à l’encadrement d’une porte.

Mais ces lois sont délicates et mal connues. Les décisionnaires conseillent donc de faire trois parois pleines plutôt que quatre parois incomplètes.

Les parois peuvent être faites de presque n’importe quel matériau : du tissu, du plastique ou autre.

Une paroi en tissu qui bouge avec le vent demande cependant des précautions, même si elle est attachée de tous les côtés. Nous y reviendrons dans les lois des Souccot en métal.

Si le bas de la paroi est à plus de 3 Tefa'him (24 cm) du sol, la Soucca n’est pas cachère.

La rambarde d’une terrasse

Une paroi qui part du sol et monte jusqu’à une hauteur de 10 Tefa'him est cachère, même si elle n’atteint pas directement le Skhakh.

Il faut simplement que le Skhakh commence dans le prolongement de la paroi et qu’il ne soit pas décalé de plus de 3 Tefa'him sur les côtés.

Cela reste valable même si le Skhakh se trouve beaucoup plus haut que la paroi et qu’il n’y a rien entre les deux pour les relier.

La rambarde d’une terrasse peut donc servir de paroi, à condition qu’elle mesure au moins 10 Tefa'him de haut et que le Skhakh passe au-dessus d’elle.

Utiliser une porte comme paroi

Lorsqu’on construit une Soucca sur une terrasse, la porte qui sépare la maison de la terrasse peut servir de paroi.

Mais si, lorsque la porte est ouverte, la Soucca n’a plus assez de parois cachères, on n’y mangera et on n’y dormira qu’avec la porte fermée. C’est le cas, par exemple, d’une Soucca qui ne couvre qu’une partie de la terrasse : elle n’a pas trois autres parois cachères, et le côté de la porte n’atteint pas les 7 Tefa'him nécessaires pour compter comme troisième paroi.

Il est également préférable que la porte soit fermée au moment où commence la fête et au moment où l’on installe le Skhakh, même si ce n’est pas indispensable pour rendre la Soucca cachère.

Selon la loi stricte, ouvrir et fermer la porte pendant Chabbat ou Yom Tov ne pose pas de problème de « Boné » (construire) ni de « Sotère » (détruire). On peut donc l’ouvrir et la fermer, même si cela change le statut de la Soucca.

Certains décisionnaires hésitent malgré tout : pour eux, ce changement de statut pose justement un problème de Boné et de Sotère.

Pour éviter tout doute, il est donc préférable d’ajouter à côté de la porte une planche ou une plaque de bois d’au moins 7 Tefa'him de largeur (56 cm) et 10 Tefa'him de hauteur (80 cm).

Les lois de la Soucca · תשרי תשפ״ז

57. Le Skhakh : conditions et planches de bois

En bref : Le Skhakh doit être d'origine végétale, ne pas être susceptible de recevoir l'impureté, ne pas être rattaché à la terre, et donner plus d'ombre que de soleil. Les planches de 4 Tefa'him (environ 32 cm) ou plus sont interdites ; les plus étroites sont permises, mais l'habitude est de ne pas utiliser non plus celles de moins de 4 Tefa'him — précaution qui ne concerne que les planches de plus de 1 Téfa'h (environ 8 cm). Les lattes et tasseaux de moins de 1 Téfa'h peuvent servir de Skhakh.

Le Skhakh

Le Skhakh doit remplir trois conditions pour être cachère :

  1. Il doit être d’origine végétale (ce qui a poussé de la terre).1
  2. Il ne doit pas être susceptible de recevoir l’impureté.2
  3. Il ne doit pas être rattaché à la terre.

Si l’une de ces conditions manque, le Skhakh n’est pas cachère.

Il y a également une quatrième condition : le Skhakh doit donner plus d’ombre que de soleil. Autrement dit, il faut avoir plus de Skhakh que d’espaces vides.

Les planches de bois

Même si les planches de bois remplissent les conditions nécessaires pour être du Skhakh cachère, les Sages ont interdit de les utiliser lorsqu’elles sont larges, car à leur époque les toits des maisons étaient faits de planches. Si on avait permis de construire une Soucca avec de telles planches, on aurait pu rester chez soi en croyant être dans une Soucca.

Cette interdiction concerne les planches de 4 Tefa'him ou plus, soit environ 32 cm de largeur, car c’est avec ces planches qu’on faisait les plafonds. L’interdiction ne concerne pas les planches plus étroites.

Malgré cela, l’habitude est de ne pas utiliser non plus de planches de moins de 4 Tefa'him, afin d’éviter de les poser de manière trop serrée, au point que la pluie ne puisse plus passer entre elles.3

Cette précaution ne concerne toutefois que les planches de plus de 1 Téfa'h, soit environ 8 cm.

Des planches étroites, de moins de 1 Téfa'h de largeur (comme des lattes ou tasseaux), peuvent être utilisées comme Skhakh, puisqu’il n’y a pas de risque qu’elles empêchent la pluie de passer.

  1. Il s’agit précisément de quelque chose qui pousse de la terre, et non de ce que l’on extrait seulement du sol, comme les métaux ou la terre elle-même.

  2. Tout ustensile est susceptible de recevoir l’impureté, même s’il n’a pas de réceptacle.

  3. Selon Rabbénou Tam, une Soucca dans laquelle la pluie ne peut pas pénétrer n’est pas cachère, puisqu’elle ressemble à une maison.

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58. Attacher le Skhakh, son support et sa position

En bref : Le Skhakh doit tenir face au vent normal ; sinon l'attacher (lin) ou l'alourdir de planches. À priori, ne pas le poser/attacher à ce qui reçoit l'impureté (métal), mais un support de support est permis ; à postériori la Soucca reste cachère et on peut bénir. Il doit atteindre au-dessus des parois à moins de 3 Tefa'him (≈24 cm) ; au-delà, la paroi ne compte plus : un vide invalide la Soucca, un élément non cachère prolonge la paroi (Dofen Akouma) jusqu'à 4 Amot, sans s'asseoir dessous.

Attacher le Skhakh

Comme nous l’avons expliqué pour les parois, le Skhakh doit lui aussi être suffisamment stable pour rester en place pendant les sept jours de Souccot.

Ainsi, si le Skhakh risque de s’envoler avec un vent normal, la Soucca n’est pas cachère, même s’il n’y a pas de vent sur le moment et que le Skhakh est toujours en place.

Il faut donc attacher le Skhakh, sauf s’il est assez lourd pour ne pas s’envoler sous un vent normal.

Cela reste vrai même pour une Soucca située entre plusieurs bâtiments qui la protègent du vent : sans ces bâtiments, le Skhakh ne tiendrait pas face au vent normal de cet endroit.

Le support du Skhakh

À priori, il ne faut pas poser directement le Skhakh sur quelque chose qui peut recevoir l’impureté (מקבל טומאה).1

Par exemple, il vaut mieux ne pas poser directement le Skhakh sur des barres en métal.

En revanche, selon la majorité des décisionnaires, il est permis de faire un « support de support ».2 On peut donc poser des tasseaux en bois sur les barres métalliques, puis poser le Skhakh sur les tasseaux en bois.

Il est également permis de poser le Skhakh sur des poutres en béton de moins de 4 Tefa'him de largeur, car personne ne ferait son Skhakh avec des poutres en béton.

Ce qui retient le Skhakh a le statut de support. C’est pourquoi, lorsqu’il faut attacher le Skhakh parce qu’il ne tient pas seul face à un vent normal, il vaut mieux ne pas l’attacher directement avec des colliers de serrage en plastique, des fils de fer ou tout autre élément susceptible de recevoir l’impureté : ce sont eux qui maintiendraient le Skhakh.

Première solution : attacher le Skhakh avec des ficelles de lin non travaillé.

Deuxième solution : poser quelques planches étroites au-dessus du Skhakh pour l’alourdir, de sorte qu’il tienne sans attache.3

Dans les deux cas, une fois que le Skhakh tient déjà grâce aux ficelles ou aux planches, on peut ajouter des colliers de serrage partout ailleurs pour renforcer l’ensemble : ils ne sont plus ce qui maintient le Skhakh, mais seulement un renfort, et n’ont donc pas le statut de support.

Tout cela ne concerne que la conduite à tenir à priori.

Si on a déjà posé le Skhakh sur des éléments qui peuvent recevoir l’impureté, par exemple sur des barres en métal, ou si on l’a attaché avec des colliers de serrage ou du fil de fer alors qu’il ne tenait pas seul face au vent : la Soucca reste cachère à postériori. Il est même permis de réciter la bénédiction « Lechèv BaSoucca ».

De même, si on veut préparer sa Soucca avant la fête sans avoir de ficelle de lin ni de planches à disposition, on peut utiliser des colliers de serrage.

Il vaut même mieux attacher le Skhakh avec des colliers de serrage que de ne pas l’attacher du tout. En effet :

  • Si le Skhakh tenait même sans les colliers, ceux-ci n’ont rien changé et ne sont donc pas considérés comme le « support » du Skhakh.
  • Si le Skhakh ne tenait pas sans eux, alors sans les colliers la Soucca aurait été non cachère, tandis qu’avec eux elle devient cachère.

Celui qui a déjà attaché son Skhakh avec des colliers de serrage n’a pas besoin de les retirer.4 Il peut simplement ajouter des ficelles de lin à quelques endroits. Les colliers ne seront alors plus considérés comme ce qui maintient le Skhakh, mais seulement comme un renfort.

La position du Skhakh

Le Skhakh doit aller jusqu’au-dessus des parois. S’il s’arrête avant, la distance horizontale entre le Skhakh et la paroi ne doit pas dépasser 3 Tefa'him, soit environ 24 cm.

Au-delà de 3 Tefa'him, cette paroi ne compte plus comme paroi de la Soucca.

Comme nous l’avons vu, il faut au minimum deux parois complètes et une troisième de 7 Tefa'him. Le Skhakh doit donc se trouver au-dessus des deux parois complètes (ou à moins de 3 Tefa'him de celles-ci), et couvrir au moins 7 Tefa'him le long de la troisième paroi.

Si on n’a pas assez de Skhakh pour couvrir l’espace restant, il vaut mieux y mettre un matériau non cachère comme Skhakh plutôt que de laisser un espace vide.

Lorsqu’il y a un élément non cachère, on peut appliquer le principe de « Dofen Akouma », la « paroi courbée » : cet espace est considéré comme un prolongement de la paroi, jusqu’à 4 Amot.

Un espace vide entre le Skhakh et la paroi, en revanche, invalide la Soucca dès qu’il dépasse 3 Tefa'him.

Attention : si on place un élément non cachère à cet endroit, il ne faut pas s’asseoir directement dessous. Cet endroit ne fait pas réellement partie de la Soucca ; il sert uniquement à prolonger la paroi.

  1. Les Sages ont craint qu’en posant le Skhakh sur un objet susceptible de recevoir l’impureté, on n’en vienne à utiliser un tel objet comme Skhakh lui-même.

  2. Le ’Hazon Ich estime que même un « support de support » est à éviter à priori, mais la majorité des décisionnaires s’accordent pour le permettre.

  3. Et même lorsqu’elles font plus d’un Téfa'h de largeur : l’interdiction de les utiliser comme Skhakh ne provient que du décret relatif aux plafonds, et elles ne sont donc pas soumises à la règle du « support ».

  4. Il n’y a pas là de problème de « Taassé velo min he’assouï », puisque le support n’est pas disqualifiant selon la Torah.

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59. Les éléments non cachères au-dessus du Skhakh

En bref : Au-dessus du Skhakh, un élément non cachère de plus de 4×4 Tefa'him (≈32×32 cm), comme un balcon, une climatisation ou une poutre en béton, interdit de s'asseoir directement dessous ; traversant toute la Soucca, il la divise : elle reste cachère avec quatre parois et un Skhakh proche des quatre côtés, mais pas avec trois parois. Un obstacle de moins de 4×4 Tefa'him n'invalide pas la Soucca. Un espace vide dans le Skhakh l'invalide dès 3×3 Tefa'him.

Les éléments non cachères qui se trouvent au-dessus du Skhakh

Lorsqu’un élément se trouve au-dessus du Skhakh (par exemple un balcon, des cordes à linge, un arbre, le moteur d’une climatisation ou des poutres en béton d’un balcon), il faut en mesurer les dimensions.

Un arbre

Si des branches d’arbre se trouvent au-dessus de la Soucca, il faut vérifier :

Si on faisait descendre toutes les branches au niveau du Skhakh, donneraient-elles à elles seules plus d’ombre que de soleil ?

Si oui, la Soucca n’est pas cachère, car cela signifie que c’est l’arbre qui fournit l’ombre et non le Skhakh.

En revanche, si les branches sont peu nombreuses et donnent peu d’ombre (sans le Skhakh, il y aurait encore plus de soleil que d’ombre), et que le Skhakh cachère est assez dense pour donner à lui seul largement plus d’ombre que de soleil, la Soucca est cachère.1

En pratique, cette évaluation est difficile : lorsque c’est possible, on évite de construire la Soucca sous un arbre.

Balcon, climatisation ou poutres en béton

Lorsqu’un balcon, des poutres en béton ou un moteur de climatisation se trouvent au-dessus de la Soucca, il faut mesurer la partie qui fait obstacle au-dessus du Skhakh.

Si cette partie mesure plus de 4×4 Tefa'him, soit environ 32×32 cm, il ne faut pas s’asseoir directement dessous.

Si cette partie traverse toute la Soucca, par exemple une poutre en béton d’un bout à l’autre, on considère la Soucca comme divisée en deux.

Si la Soucca possède quatre parois cachères et que le Skhakh est proche des parois des quatre côtés, la Soucca reste cachère : chacune des deux parties possède alors trois parois cachères.2

En revanche, si la Soucca ne possède que trois parois, ou si le Skhakh est éloigné de plus de 3 Tefa'him d’une des parois, et que la poutre la divise de sorte que chaque côté n’a plus que deux parois, la Soucca n’est pas cachère.

Si la poutre divise la Soucca de telle manière qu’un côté possède trois parois et l’autre seulement deux, la partie intérieure est cachère et la partie extérieure ne l’est pas.

Tout cela à condition que la partie cachère mesure au moins 7×7 Tefa'him : une partie plus petite n’est pas une Soucca cachère.

Si l’obstacle mesure moins de 4×4 Tefa'him, il n’invalide pas la Soucca, même s’il est très long ou très large : il faut un carré de 4×4 Tefa'him. Il est donc permis de manger dessous, sauf dans le cas suivant.

Si cet obstacle traverse toute la Soucca et la divise, et que sa largeur est comprise entre 3 et 4 Tefa'him, soit entre 24 et 32 cm, il ne divise pas la Soucca en deux.

Selon le Choul'han Aroukh, il est permis de manger dessous. Le Michna Beroura est cependant plus strict et recommande de ne pas manger directement dessous, même si la Soucca elle-même reste cachère.

Cordes à linge ou barreaux

Il est permis à priori de construire une Soucca sous des cordes à linge ou des barreaux de fenêtre, même lorsqu’ils sont espacés de moins de 3 Tefa'him.

En effet, on n’applique pas le principe de « Lavoud » pour aggraver : les fils ou les barreaux ne sont pas considérés comme reliés pour former un toit non cachère.3

Pour le linge étendu pendant Souccot : si les vêtements sont suspendus séparément, il n’y a pas de problème, puisqu’aucun vêtement ne fait 4 Tefa'him de largeur.

En revanche, si on étend au-dessus de tous les fils une grande nappe ou un autre tissu dont la largeur atteint 4 Tefa'him, l’endroit situé directement dessous n’est plus cachère.

Certains sont également plus stricts lorsque le vent plaque le linge de telle manière qu’il couvre une largeur de 4 Tefa'him au-dessus de la Soucca. Mais en pratique, cela n’invalide pas la Soucca.

Un espace vide dans le Skhakh

La mesure de 4×4 Tefa'him vue plus haut ne s’applique que pour un élément solide.

Un espace complètement vide dans le Skhakh, en revanche, invalide la Soucca dès qu’il atteint 3×3 Tefa'him.

Dans ce cas, on ne peut pas non plus utiliser le principe de « Dofen Akouma » sur les côtés.

Si on n’a pas assez de Skhakh cachère pour combler un espace vide, il vaut donc mieux y mettre un drap ou un autre matériau non cachère plutôt que de laisser l’espace ouvert.

  1. Les décisionnaires sont partagés sur la manière de mesurer l’ombre. Selon certains, on mesure l’ombre du Skhakh seul : s’il donne la majorité de l’ombre, la Soucca est cachère. Selon d’autres, il faut la majorité de l’ombre même sans compter celle de l’arbre, autrement dit si l’on retire tous les endroits que l’arbre ombrage, il doit rester malgré tout la majorité de l’ombre. Par exemple, si l’arbre donne 25 % d’ombre, il faut que le Skhakh en donne 76 %, afin qu’après avoir retiré les 25 % il reste encore 51 % d’ombre. Le Choul’han Aroukh tranche de manière stricte. En cas de nécessité, on peut néanmoins s’appuyer sur l’avis indulgent, mais sans réciter la bénédiction.

  2. À condition qu’il n’y ait là qu’une seule poutre. S’il y a plusieurs poutres, la partie située entre deux poutres ne possède que deux parois : elle est donc non cachère.

  3. Même selon le Ba’h, qui est plus strict (et il est bon de tenir compte de son avis à priori), la majorité des décisionnaires estiment qu’il n’interdit que lorsque l’ensemble des cordes, ou la largeur totale des barreaux, atteint 4 Tefa'him ; en deçà, il n’y a pas d’interdiction. Il y a ici une raison supplémentaire d’être indulgent : ces éléments ont été conçus dès le départ pour rester ouverts et non fermés. Celui qui veut être rigoureux posera du Skhakh au-dessus, et la Soucca sera alors cachère selon toutes les opinions.

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60. Lorsque le Skhakh s'envole : peut-on le remettre ?

En bref : À 'Hol HaMoed, on remet soi-même le Skhakh. À Chabbat et Yom Tov, s'il en tombe au point qu'il n'en reste plus assez, c'est un problème de « Ohel » : demander à un non-Juif (1er jour de Souccot Chabbat : indulgence si la joie de Yom Tov en pâtit, sinon attendre la fin du Chabbat). Si seule une partie s'est envolée, assez de Skhakh cachère mais un vide entre parois et Skhakh, on peut soi-même y placer un drap non cachère (« Dofen Akouma »), si trois parois sont à moins de 4 Amot (≈ 1,96 m).

Il arrive qu’un vent particulièrement fort fasse tomber ou déplace le Skhakh. Peut-on le remettre en place ?

Pendant ‘Hol HaMoed

Il n’y a aucun problème. On peut remettre soi-même le Skhakh à sa place.

Chabbat et Yom Tov

Si le Skhakh est tombé, que ce soit en partie ou complètement, au point qu’il ne reste plus suffisamment de Skhakh sur la Soucca, le remettre peut poser un problème de « Ohel » (faire un toit).

Il faut donc demander à un non-Juif de remettre le Skhakh, et dans ce cas on peut le lui demander explicitement.1

Les décisionnaires discutent cependant pour savoir si cette permission s’applique également lorsque le premier jour de Souccot tombe un Chabbat (comme cette année).2

Si cela nuit à la joie de Yom Tov (par exemple si on n’a pas encore pu prendre le repas de Yom Tov), on peut être indulgent. Sinon, il sera préférable d’attendre la fin du Chabbat.

Dans certains cas, il y a une autre solution.

Si seule une partie du Skhakh s’est envolée et qu’il reste suffisamment de Skhakh pour avoir une Soucca cachère, mais qu’un espace vide s’est créé entre les parois et le Skhakh, on peut soi-même placer à cet endroit un drap ou un autre élément non cachère pour le Skhakh.3

On pourra alors utiliser le principe de « Dofen Akouma », et considérer cet élément comme un prolongement de la paroi. Il sera toutefois interdit de manger ou de dormir sous cet élément : seule la partie couverte de Skhakh cachère est valable.

Cela n’est possible que s’il y a trois parois situées à moins de 4 Amot, soit environ 1,96 m, de la partie où se trouve le Skhakh.

  1. Il y a une contradiction apparente dans le Michna Beroura : au début des lois de la Soucca, il penche pour la rigueur et écrit qu’on ne doit pas demander à un non-Juif de poser le Skhakh à Yom Tov, alors qu’à la fin des lois de la Soucca il écrit qu’il est permis de demander à un non-Juif de remettre le Skhakh. Plusieurs explications ont été proposées ; la plus large est la suivante : au début, il parle de celui qui a négligé de construire sa Soucca, et on n’a donc pas été indulgent avec lui ; à la fin, il parle de celui qui avait construit sa Soucca et dont le Skhakh s’est envolé, et dans ce cas on a été indulgent en combinant plusieurs opinions.

  2. Cette permission repose sur la combinaison de plusieurs raisons d’être indulgent, dont l’avis des Tossafot selon lequel le travail de « construire » n’est pas interdit par la Torah à Yom Tov, de sorte que la permission ne vaudrait que pour Yom Tov et non pour Chabbat. Un Chabbat de ’Hol HaMoed, on peut y joindre un autre avis, selon lequel il s’agit d’une tente provisoire puisqu’elle est destinée à moins de sept jours. Mais le premier jour de Yom Tov tombant un Chabbat, lorsqu’il remet le Skhakh, c’est bien pour sept jours. Là encore, les décisionnaires ont avancé des raisons d’être indulgent au titre de la joie de Yom Tov, en y joignant l’avis selon lequel une tente destinée à moins de trente jours est considérée comme provisoire.

  3. Car cela est considéré comme un simple ajout à une tente provisoire.

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61. Les Souccot en métal

En bref : Une Soucca en métal aux parois en tissu n'est pas cachère, le tissu bougeant au vent. Il faut le Lavoud (barres, cordes ou sangles espacées de moins de 24 cm, bien tendues, sur 80 cm de haut), mis en place avant le Skhakh. À priori, on pose le Skhakh sur des tasseaux en bois, non directement sur le métal ; à postériori, la Soucca reste cachère. Si toutes les parois sont en Lavoud, les Ashkénazes font quatre parois, les Séfarades trois ; deux parois complètes et un côté en Lavoud restent cachères à priori.

Ce sont les Souccot faites d’une structure en métal, sur laquelle on accroche des tissus pour former des parois et sur laquelle on pose le Skhakh. Il faudra faire attention à plusieurs points.

D’abord, une structure métallique sans parois, sur laquelle on a simplement posé du Skhakh, n’est pas une Soucca cachère. Une Soucca a besoin à la fois de Skhakh et de parois.

Il faut donc vérifier si les tissus utilisés comme parois sont réellement des parois cachères.

Le Choul'han Aroukh1 écrit qu’il ne faut pas faire les parois d’une Soucca avec du tissu, car celui-ci bouge avec le vent. Selon la majorité des décisionnaires, même si le tissu est attaché de tous les côtés, le fait qu’il bouge au milieu suffit à poser problème : ce n’est pas considéré comme une paroi suffisamment stable.2

Comment rendre les parois d’une Soucca en métal cachères ?

La solution est d’utiliser le principe du « Lavoud », comme l’explique le Choul'han Aroukh : il faut placer des tiges ou des barres espacées de moins de 3 Tefa'him (24 cm).

Certaines Souccot en métal possèdent déjà des barres horizontales espacées de moins de 24 cm. Dans d’autres, on tend une corde ou une sangle dans chaque espace, en veillant à ce que chaque espace fasse moins de 3 Tefa'him, jusqu’à une hauteur de 10 Tefa'him.

De cette manière, on obtient des parois d’une hauteur d’au moins 10 Tefa'him (80 cm, idéalement environ 1 m3).

Lorsque le Lavoud est réalisé avec des cordes ou des sangles, il faut bien les tendre pour qu’elles ne bougent pas avec le vent. Sinon, on retombe sur le même problème que pour les parois en tissu.

Sans le Lavoud, la Soucca n’a pas de parois cachères. Il faut donc installer le Lavoud avant de poser le Skhakh.

Ceci est valable pour toute Soucca : les parois doivent être mises en place avant le Skhakh. Sinon, on tombe dans le problème de « Taassé velo min he'assouï » : le Skhakh a été posé avant que les parois existent, et la Soucca deviendrait cachère d’elle-même, sans acte de construction.

Le Skhakh sur une structure métallique

Comme nous l’avons expliqué pour le support du Skhakh, il ne faut pas, à priori, poser directement le Skhakh sur les barres métalliques.

Il faut plutôt poser des tasseaux ou des poutres en bois sur la structure métallique, puis poser le Skhakh sur le bois.

À postériori, si le Skhakh a déjà été posé directement sur le métal, la Soucca reste cachère et on peut y réciter la bénédiction.

Combien faut-il de parois ?

Une Soucca classique est cachère avec trois parois. Mais selon le Maguen Avraham et le Michna Beroura, si les parois sont faites uniquement de Lavoud, trois parois ne suffisent pas : il faut en faire quatre.

Des parois faites uniquement de Lavoud sont plus faibles : on exige donc une paroi de plus.

C’est la règle suivie par les Ashkénazes : quand les parois sont faites uniquement de Lavoud, ils font quatre parois et non trois.

Les Séfarades, en revanche, suivent le Choul'han Aroukh et le Kaf Ha'Haïm : trois côtés en Lavoud suffisent selon la loi stricte.

Mais celui qui veut tenir compte de toutes les opinions, s’agissant d’une Mitsva de la Torah, fera aussi une quatrième paroi en Lavoud, du côté de l’entrée.

Tout cela concerne le cas où toutes les parois sont faites uniquement avec du Lavoud.

Mais si la Soucca possède déjà deux parois complètes et qu’un seul côté est fait avec du Lavoud, elle est cachère à priori.

Et pour embellir la Mitsva, on peut ajouter des planches bien attachées des deux côtés. La Soucca sera alors cachère selon toutes les opinions.

  1. Choul’han Aroukh, Siman 630, Séïf 10.

  2. Le ’Hazon Ich estime qu’une cloison n’est disqualifiée que lorsqu’elle bouge de 3 Tefa'him ; mais la majorité des décisionnaires estiment que même lorsqu’elle bouge un peu, c’est interdit.

  3. Afin de tenir compte de l’avis du ’Hazon Ich concernant les mesures d’origine biblique.

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62. La pergola : pergola aérée

En bref : Une pergola aérée (espace entre poutres plus grand que leur largeur, donnant moins d'ombre que de soleil) : on peut poser du Skhakh cachère au-dessus des poutres, la Soucca est cachère même si les poutres font 4 Tefa'him (32 cm) ou plus, le Skhakh non cachère étant alors annulé. Cela ne vaut que si le Skhakh est au-dessus des poutres. Pour construire sous la pergola (Skhakh sous les poutres) : poutres espacées de plus de 24 cm et larges de moins de 32 cm ; sinon, poser le Skhakh au-dessus.

La pergola

On peut utiliser une pergola de deux manières :

  • soit comme Skhakh lui-même ;
  • soit comme structure sur laquelle on pose un Skhakh cachère.

Dans les deux cas, la Soucca n’est cachère qu’à certaines conditions.

On peut distinguer deux types de pergolas :

  1. une pergola aérée, qui donne moins d’ombre que de soleil ;
  2. une pergola dense, dont les poutres donnent elles-mêmes de l’ombre sur toute la surface ou sur sa plus grande partie.

Pergola aérée

C’est une pergola où l’espace entre deux poutres est plus grand que la largeur des poutres, quelle que soit la dimension de cet espace.

Dans ce cas, la pergola donne moins d’ombre que de soleil. Il est donc permis de poser du Skhakh cachère au-dessus des poutres, et la Soucca est cachère.

Cela reste valable même si les poutres font 4 Tefa'him (environ 32 cm) ou plus : le Skhakh non cachère est alors annulé par le Skhakh cachère placé au-dessus.

Tout cela ne s’applique que si le Skhakh est posé au-dessus des poutres.

Si on veut construire sa Soucca sous la pergola, en utilisant uniquement le Skhakh placé sous les poutres, deux conditions doivent être réunies :

  1. les poutres doivent être espacées de plus de 3 Tefa'him (24 cm)1 ;
  2. les poutres elles-mêmes doivent faire moins de 4 Tefa'him (32 cm) de largeur.

Si elles font 4 Tefa'him ou plus, elles sont considérées comme du Skhakh non cachère.

Si l’une de ces conditions n’est pas remplie (par exemple si les poutres sont espacées de moins de 24 cm ou si elles font plus de 32 cm de largeur), la solution la plus simple est de poser le Skhakh au-dessus des poutres, comme expliqué plus haut. Si l’on veut malgré tout construire la Soucca sous la pergola, il faudra aussi mettre du Skhakh cachère au-dessus des poutres, pour annuler le Skhakh non cachère.

  1. Sinon, on craindrait l’avis du Ba’h, selon lequel on applique le principe de « Lavoud » pour être plus strict lorsque l’ensemble des poutres atteint une largeur de 4 Tefa'him.

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63. La pergola dense

En bref : Pergola dense (elle sert de Skhakh) : elle doit avoir été construite pour ombrager, non pour l'intimité (si les deux, les décisionnaires sont partagés), et il faut soulever le Skhakh sur au moins 1×1 Téfa'h (8×8 cm) avant Souccot. Si le Skhakh est fixé par clous ou colle, on ne s'appuie pas à priori sur les opinions indulgentes, mais en cas de nécessité on peut le faire à postériori, sans bénédiction Lechèv BaSoucca. Des planches de plus de 8 cm de largeur sont non cachères selon les Sages.

Pergola dense

Deuxième cas : la pergola dense. Ici, la pergola elle-même sert de Skhakh. Il faut donc vérifier plusieurs conditions.

La pergola n’a pas besoin d’avoir été construite dès le départ pour la Mitsva de Souccot. Même construite pour l’usage personnel de son propriétaire, elle peut être cachère.

Première condition : la pergola doit avoir été construite pour apporter de l’ombre et non pour préserver l’intimité.

Autrement dit : pour protéger du soleil, et non pour empêcher les voisins de voir ce qui se passe dessous.

Si elle a été construite pour les deux raisons à la fois, les décisionnaires sont partagés : certains l’interdisent et d’autres la permettent.

Deuxième condition : puisqu’elle n’a pas été construite spécialement pour la Mitsva, il faut « innover quelque chose » avant Souccot.

Pour cela, on soulève le Skhakh sur une surface d’au moins 1×1 Téfa'h, puis on le remet en place avec l’intention de l’utiliser pour la Mitsva de Souccot.

Le reste de la pergola peut alors rester tel quel.

Troisième condition : elle ne doit pas être considérée comme une « Soucca de toute l’année ».

Un endroit utilisé comme habitation toute l’année n’est pas valable comme Soucca, même s’il a été construit pour faire de l’ombre.

Mais la plupart des pergolas ne servent qu’en été, pas en hiver. Elles ne sont donc généralement pas considérées comme des « Souccot de toute l’année ».

Autre règle1 : le Skhakh ne doit pas être fixé avec des clous ou de la colle.

Un Skhakh fixé de cette manière devient un toit permanent, donc une habitation fixe : il n’est pas cachère selon la Torah.

Certains décisionnaires sont toutefois indulgents2 à postériori.3

À priori, il ne faut pas compter sur cette opinion, puisqu’il s’agit d’un doute concernant une Mitsva de la Torah.

Mais celui qui se trouve dans un endroit où la Soucca a été construite ainsi, peut, en cas de nécessité, s’appuyer sur les opinions indulgentes. Dans ce cas, il ne fera pas la bénédiction « Lechèv BaSoucca », car en cas de doute sur une bénédiction, on s’abstient. Il pourra simplement la dire dans son cœur.

Rappelons aussi la règle vue plus haut : on n’utilise pas comme Skhakh des planches de plus de 1 Téfa'h, soit environ 8 cm de largeur.

Plusieurs cas se présentent donc :

  1. La pergola a été construite pour préserver l’intimité → elle est non cachère selon la loi stricte, même à postériori.
  2. Elle a été construite pour faire de l’ombre et les planches font plus de 8 cm de largeur → elle est non cachère selon les Sages.
  3. Elle a été construite pour faire de l’ombre et les planches font moins de 8 cm → il ne faut pas l’utiliser ainsi à priori, car les planches sont fixées aux poutres avec des clous ou de la colle. À postériori, certains décisionnaires permettent de la considérer comme cachère.

Même selon les opinions indulgentes, il faut « innover quelque chose », c’est-à-dire ajouter du Skhakh sur une surface d’au moins 1×1 Téfa'h (8×8 cm).

Puisque la Mitsva de la Soucca n’arrive qu’une fois par an, il vaut mieux ne pas l’accomplir dans une situation douteuse ni en s’appuyant sur des solutions qui ne valent qu’à postériori.

Il est donc préférable de rendre la pergola cachère dès le départ.

  1. Maguen Avraham, Siman 627,2 ; Chaar HaTsiyoun, Siman 633,6.

  2. ’Hazon Ovadia

  3. Toute la disqualification énoncée là-bas ne concerne que le cas où la pluie ne peut pas pénétrer et où le Skhakh est fixé avec des clous ; mais s’il est seulement attaché, on peut être indulgent à postériori.

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64. Comment rendre une pergola cachère ?

En bref : Deux solutions : retirer une planche sur deux et poser du Skhakh cachère au-dessus : la Soucca est cachère selon toutes les opinions. Si les planches font moins de 8 cm, on les remet sans clous ni colle, avec intention pour la Mitsva. Pour n'utiliser qu'une partie de la pergola, il suffit de rendre cachère cette partie : moins de 4 Amot (1,96 m) entre elle et les parois (au moins trois), les parois du côté non cachère montant jusqu'au Skhakh ; on ne s'assiéra que sous la partie cachère.

Il y a deux solutions :

Retirer une planche sur deux

On retire une planche sur deux.

Les planches restantes donnent alors moins d’ombre que de soleil. On pose ensuite du Skhakh cachère au-dessus, et la Soucca est cachère selon toutes les opinions.

Si les planches font moins de 8 cm

Il n’est pas nécessaire de les remplacer par du Skhakh.

On retire une planche sur deux, puis on remet les planches retirées à leur place sans clous ni colle, avec l’intention de les utiliser pour la Mitsva de Souccot.

La Soucca est alors cachère selon toutes les opinions.

Si on ne veut utiliser qu’une partie de la pergola

Si on n’a pas besoin de toute la surface de la pergola pour la Soucca, il n’est pas nécessaire de démonter toute la pergola. Il suffit de rendre cachère la partie qui servira de Soucca.

Il y a deux conditions :

  1. entre les parois (au moins trois parois) et la partie rendue cachère, il doit y avoir moins de 4 Amot (1,96 m) ;
  2. les parois situées du côté de la partie non cachère doivent monter jusqu’au Skhakh.

On ne s’assiéra ensuite que sous la partie rendue cachère. Les autres parties restent non cachères.

En effet, pour ces parois, on utilise le principe de « Dofen Akouma » : la partie non cachère est considérée comme un prolongement de la paroi. Si cette paroi ne monte pas jusqu’au Skhakh, même si elle fait 10 Tefa'him de hauteur, ce principe ne s’applique pas et la partie reste non cachère.

En revanche, une paroi devant laquelle le Skhakh a été rendu cachère n’a pas besoin de monter jusqu’au Skhakh : une hauteur de 10 Tefa'him suffit, comme pour toute Soucca.

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65. Les décorations de la Soucca

En bref : Ne pas suspendre une décoration de 32 cm ou plus de largeur et de longueur ; suspendue à moins de 32 cm du Skhakh et destinée uniquement à décorer, elle fait partie du Skhakh et n'invalide rien. À postériori, si elle est à 32 cm ou plus : petite (moins de 4×4 Tefa'him), on peut s'asseoir dessous ; 4×4 ou plus, l'endroit n'est plus cachère et celui qui a mangé dessous n'a pas accompli la Mitsva. Les décorations sont Mouktsé à Chabbat et Yom Tov, sauf condition faite avant la fête.

Peut-on manger sous les décorations ?

Comme nous l’avons vu, un élément qui n’est pas cachère pour le Skhakh invalide l’endroit situé directement dessous dès qu’il mesure 4×4 Tefa'him, soit environ 32×32 cm.

Il faut donc faire attention à ne pas suspendre dans la Soucca une décoration qui fait 32 cm ou plus de largeur et de longueur.

Cependant, les Sages ont établi qu’une décoration suspendue à moins de 4 Tefa'him (32 cm) du Skhakh1 et qui est là uniquement pour décorer la Soucca (et non pour un besoin pratique, comme un tissu installé pour empêcher la pluie de tomber sur les personnes assises dessous) fait partie du Skhakh et n’invalide pas l’endroit.

Les décisionnaires recommandent donc de suspendre les décorations, même petites, le plus près possible du Skhakh, afin qu’elles ne se retrouvent pas à 4 Tefa'him ou plus.

À postériori, si une décoration se trouve à 4 Tefa'him (32 cm) ou plus du Skhakh, il faut distinguer :

  • si la décoration est petite et ne mesure pas 4×4 Tefa'him → il est permis de s’asseoir dessous ;
  • si elle mesure 4×4 Tefa'him ou plus → cet endroit n’est plus cachère, et celui qui a mangé directement dessous n’a pas accompli la Mitsva, même à postériori.

Peut-on déplacer les décorations ?

Les décorations suspendues dans la Soucca, ainsi que celles qui sont tombées de la Soucca, sont considérées comme Mouktsé pendant Chabbat et Yom Tov. Il est donc interdit de les déplacer.

En revanche, si, avant la fête, on a posé une condition en disant :

« Je ne m’en sépare pas pendant tous les Bein HaChemachot (crépuscules) des huit jours de la fête »,

il sera permis de les déplacer et d’en faire ce que l’on veut.

Ainsi, si des décorations tombent pendant Chabbat ou Yom Tov et qu’aucune condition n’a été faite avant la fête, il est interdit de les toucher.

Si la condition a été faite correctement, on peut les remettre à leur place, à condition de ne pas enfreindre une interdiction de Chabbat.

Il est donc interdit de les recoller, même si la colle est encore présente dessus, et il est interdit d’enfoncer un nouveau clou.

En revanche, il est permis de les accrocher à un clou déjà fixé dans le mur ou de les attacher avec un nœud permis pendant Chabbat.

  1. Les décisionnaires sont partagés : mesure-t-on la distance depuis le haut de la décoration ou depuis son extrémité inférieure ? À priori, il faut veiller à ce que toute la décoration se trouve dans les 4 Tefa'him ; à postériori, celui qui est indulgent a sur qui s’appuyer. Il est cependant préférable de s’asseoir ailleurs.

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66. Construire la Soucca par l'intermédiaire d'un autre

En bref : Selon la loi stricte, on peut faire construire la Soucca et poser le Skhakh même par un non-Juif (si c'est pour faire de l'ombre, elle peut être cachère, à condition d'« innover quelque chose » ensuite). Mais à priori, le Skhakh doit être posé par un Juif soumis à la Mitsva, et non par un enfant, une femme ou un non-Juif ; mieux vaut le poser soi-même. Pour les parois, il est permis à priori de les faire construire par un non-Juif. On ne fait pas de bénédiction sur la construction.

Construire la Soucca par l’intermédiaire d’un autre (émissaire, mineur, femme, non-Juif)

Selon la loi stricte, il est permis de faire construire la Soucca et de faire poser le Skhakh même par un non-Juif.

Même si le non-Juif l’a construite pour son propre usage, elle peut être cachère, à condition qu’il l’ait construite pour faire de l’ombre.

Il faudra cependant ensuite « innover quelque chose », comme nous l’avons expliqué pour la pergola.

À priori, les décisionnaires écrivent cependant que le Skhakh doit être posé par un Juif soumis à cette Mitsva, et non par un enfant, une femme ou un non-Juif.

Mieux vaut d’ailleurs poser soi-même le Skhakh : comme pour toute Mitsva, il est préférable de l’accomplir en personne.

Cela concerne uniquement le Skhakh. Pour les parois, il est permis à priori de les faire construire par un non-Juif.

Le Yerouchalmi rapporte que celui qui construit sa Soucca doit faire une bénédiction sur sa construction. Le Talmud Bavli n’est pas de cet avis, et c’est lui que l’on suit : on ne fait donc pas cette bénédiction.

Il reste très important, et c’est un grand mérite, de construire soi-même sa Soucca et de poser le Skhakh.1

  1. Ainsi qu’il est écrit : « Tu feras pour toi la fête de Souccot… », verset que les Sages ont expliqué comme parlant de la Soucca. Il s’agit donc d’une préparation de Mitsva explicitement mentionnée dans la Torah.

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67. Le comportement à avoir dans la Soucca

En bref : On se comporte dans la Soucca comme dans le palais d'un roi : mieux vaut y discuter, jouer ou fumer que rentrer, en évitant ce qui est dégradant (poubelle, change d'enfant). On n'y fait pas Netilat Yadaïm pour le repas (sauf personne âgée ou respectable), on n'y fait pas entrer casseroles ni plata — à défaut, on les pose sur le côté en excluant l'endroit — et on sort la vaisselle après le repas. La bouilloire est permise ; un non-Juif ne peut y entrer les sept jours, sauf nécessité.

La sainteté de la Soucca est très grande. Il faut donc y éviter les usages qui ne conviennent pas et s’y comporter comme si on se trouvait dans le palais d’un roi.

Il faut éviter d’y tenir des conversations futiles.

Mais, comme nous l’avons expliqué plus haut, le but de la Soucca est justement d’y vivre pendant toute la fête, et pas seulement d’y manger et d’y boire.

Il vaut donc mieux discuter, jouer, fumer, etc. dans la Soucca que de rentrer dans la maison pour le faire.

On évitera seulement ce qui est dégradant.

La Soucca remplace le salon et la chambre à coucher de la maison, mais elle ne remplace pas la cuisine ni les toilettes.

C’est pourquoi les décisionnaires écrivent qu’il ne faut pas mettre de poubelle dans la Soucca.

Certains permettent de faire entrer une poubelle pour débarrasser la table, puis de la sortir immédiatement, mais il est préférable d’utiliser simplement un sac.

Il ne faut pas non plus changer la couche d’un enfant dans la Soucca.

En revanche, il est permis d’y faire Netilat Yadaïm du matin, comme on le ferait dans sa chambre. Il faut simplement sortir le récipient d’eau tout de suite après.

Pendant le repas : Netilat Yadaïm, casseroles, plata, vaisselle

Netilat Yadaïm : Il ne faut pas faire Netilat Yadaïm pour le repas à l’intérieur de la Soucca.

Une personne âgée ou respectable, à qui l’on apporte l’eau à table toute l’année, peut cependant le faire aussi dans la Soucca.

Si l’endroit où l’on fait Netilat Yadaïm est éloigné de la Soucca, il est préférable à priori de se laver les mains sans les essuyer, d’aller dans la Soucca, puis d’y faire la bénédiction « Al Netilat Yadaïm ». On essuie ensuite ses mains et on fait immédiatement HaMotsi. À postériori, ce n’est toutefois pas indispensable.

Les casseroles : Le Michna Beroura écrit qu’il ne faut pas faire entrer les casseroles dans la Soucca.

Même celui qui, toute l’année, apporte les casseroles directement à table ne doit pas le faire dans la Soucca : la plupart des gens ne posent pas les casseroles sur la table, et cet usage ne convient pas à la sainteté de la Soucca.

Certains décisionnaires sont plus stricts : tant que les casseroles sont dans la Soucca, elle n’est plus cachère et on ne récite pas « Lechèv BaSoucca ».

Même si cette opinion n’est pas retenue à postériori, il faut tout de même être vigilant à priori.

La plata : Il ne faut pas non plus faire entrer la plata de Chabbat dans la Soucca, même pour éviter les allers-retours entre la Soucca et la maison.

Si on n’a vraiment pas d’autre possibilité et qu’on doit faire entrer les casseroles ou la plata dans la Soucca, on les posera sur le côté et on exclura cet endroit de la Soucca, par exemple en tendant au-dessus d’elles un tissu de 4×4 Tefa'him (environ 32×32 cm).

Même cela n’est pas idéal, car certains décisionnaires demandent une vraie séparation d’une hauteur de 10 Tefa'him entre les casseroles et la Soucca.

La vaisselle après le repas : Le Choul'han Aroukh écrit également qu’une fois le repas terminé, il faut sortir les assiettes et les couverts de la Soucca et ne pas les y laisser, car c’est un manque de respect envers la Soucca.

La bouilloire : En revanche, il est permis de faire entrer une bouilloire électrique dans la Soucca, puisqu’on en a couramment sur la table toute l’année.

Faire entrer un non-Juif dans la Soucca

Il est interdit de faire entrer un non-Juif dans la Soucca pendant les sept jours de la fête.

Le Chakh écrit que la sainteté de la Soucca disparaît lorsqu’un non-Juif y entre et que les Ouchpizin prononcent alors de sévères malédictions.

Cependant, en cas de nécessité, c’est permis : par exemple pour un aide-soignant qui s’occupe d’une personne juive, ou si un refus risquait de le vexer et de provoquer un 'Hilloul Hachem.

Si cela est possible, on peut alors exclure l’endroit où se trouve le non-Juif de la Soucca.

Si le maître de maison n’a pas besoin de manger à ce moment-là, il peut même exclure toute la Soucca en fermant le toit ou la bâche qui la recouvre.

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68. L'intention dans la Mitsva de Soucca

En bref : Deux intentions en Soucca. La 1re, nécessaire : savoir qu'en y mangeant, dormant ou restant on accomplit la Mitsva ; sans elle on n'est normalement pas quitte, sauf à postériori si le comportement le montre (p. ex. y dormir ou dire Lechèv BaSoucca) ; mais celui dont la Soucca est sur le balcon et qui y va aussi dans l'année pourrait ne pas être quitte même à postériori. À priori, il est bien d'y penser en entrant. La 2e (Nuées de Gloire) n'est pas indispensable, mais c'est le meilleur.

Toute Mitsva doit être accomplie avec l’intention de faire une Mitsva. Pour certaines Mitsvot, si on n’a pas eu cette intention, on n’est pas quitte, même à postériori. Cependant, les Sages ont dit que lorsque la manière d’agir montre clairement qu’on accomplit la Mitsva, on est quitte à postériori.

Pour la Mitsva de Soucca, il y a deux intentions.

La première : savoir qu’en mangeant, en dormant ou en restant dans la Soucca, on accomplit la Mitsva. Cette intention est nécessaire. Si on ne l’a pas eue, on n’est normalement pas quitte. Mais celui qui sort de chez lui pour aller dans la Soucca montre clairement qu’il veut accomplir la Mitsva : il est donc quitte à postériori. Malgré tout, à priori, il est bien de penser au moment où l’on entre : « Je vais maintenant accomplir la Mitsva de Soucca. »

En revanche, celui dont la Soucca est sur son balcon et qui y va aussi pendant l’année, pour manger ou boire par exemple, pourrait ne pas être quitte même à postériori1. Son comportement ne montre pas forcément qu’il entre dans la Soucca pour accomplir une Mitsva. Mais lorsqu’il vient y dormir, comme il n’a pas l’habitude de dormir sur le balcon pendant l’année, il est évident qu’il le fait pour la Mitsva.

De même, celui qui entre dans la Soucca et récite la bénédiction « Lechèv BaSoucca » montre clairement qu’il y entre pour accomplir la Mitsva, et il est donc quitte à postériori.

La deuxième intention est particulière à la Soucca et à quelques autres Mitsvot dont la Torah donne elle-même la raison.

Lorsque la Torah nous a ordonné la Mitsva de Soucca, elle en a donné la raison :

« Afin que vos générations sachent que J’ai fait habiter les enfants d’Israël dans des Souccot lorsque Je les ai fait sortir d’Égypte. »

Cela fait référence aux Nuées de Gloire par lesquelles Hachem entourait les enfants d’Israël afin de les protéger du soleil et de la chaleur.

Cette intention n’est pas indispensable pour être quitte de la Mitsva. Mais celui qui veut accomplir la Mitsva de la meilleure manière possible pensera également à cela chaque fois qu’il entre dans la Soucca.

Si on a oublié ces deux intentions en entrant dans la Soucca, on peut encore y penser tant qu’on y est.

  1. Certains décisionnaires considèrent que s’il n’a pas eu l’intention d’accomplir la Mitsva, non seulement il n’est pas quitte, mais il est considéré comme ayant mangé en dehors de la Soucca et aurait donc commis une faute. D’autres ne sont pas d’accord et considèrent qu’il n’est simplement pas quitte, sans avoir commis de faute puisqu’il a tout de même mangé dans la Soucca.

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69. L'obligation de manger dans la Soucca

En bref : L'obligation de manger dans la Soucca porte sur un repas fixe : plus d'un Kabeitsa de pain (plus de 55 g) ; en dessous, permis dehors. Sans Soucca, le premier soir on mange dans celle de la synagogue ou d'autrui avec « Lechèv BaSoucca » ; les autres jours, seuls les aliments qui obligent. Vin, viande, poisson et fromage : en principe permis dehors, mais beaucoup recommandent la Soucca ; la Havdala se fait dans la Soucca (Séfarades sans « Lechèv BaSoucca », certains Ashkénazes la récitent).

Obligation de manger dans la Soucca

L’obligation de manger dans la Soucca concerne principalement un repas fixe, c’est-à-dire plus d’un Kabeitsa de pain (plus de 55 g).

En dessous de cette quantité, c’est une consommation occasionnelle : on peut donc manger en dehors de la Soucca.

Si on n’a pas de Soucca

Celui qui n’a pas de Soucca doit, le premier soir, manger dans la Soucca de la synagogue ou dans celle de quelqu’un d’autre. Il y récite la bénédiction « Lechèv BaSoucca » comme dans sa propre Soucca.

Pendant les autres jours de Souccot, il n’est pas obligé de manger dans une Soucca tant qu’il ne mange pas un aliment qui l’y oblige. Celui qui se contente de manger de la viande, du poisson, des fruits ou des légumes pendant les sept jours n’a donc pas besoin de Soucca.

Le Chabbat, où il faut manger du pain, il en mangera moins qu’un Kabeitsa : il honore ainsi le repas de Chabbat sans faire un véritable repas hors de la Soucca.

Boire du vin ou du jus de raisin en dehors de la Soucca

En principe, le Choul'han Aroukh permet de boire du vin en dehors de la Soucca. Mais le Michna Beroura écrit qu’il ne faut pas prendre l’habitude de s’installer pour boire du vin en dehors de la Soucca.

La Havdala doit se faire dans la Soucca. Les Séfarades ne récitent pas dans ce cas la bénédiction « Lechèv BaSoucca », tandis que certains décisionnaires ashkénazes la récitent.

Viande, poisson et fromage

En principe, il est également permis de manger de la viande, du poisson ou du fromage en dehors de la Soucca, même de manière régulière et comme repas fixe : c’est ce que tranche le Choul'han Aroukh.

Cependant, beaucoup de décisionnaires recommandent d’être plus strict, notamment de nos jours où il est courant de faire un repas complet sans pain. Celui qui le peut mangera donc ces aliments dans la Soucca.

Pendant un repas

Tout ce que nous avons dit sur les aliments qui ne nécessitent pas la Soucca concerne celui qui n’est pas déjà au milieu d’un repas.

Mais celui qui est au milieu d’un repas avec du pain dans la Soucca et qui en sort pour aller chercher quelque chose dans la maison ne peut même pas boire un verre d’eau dehors : tout ce qu’il mange ou boit fait partie de ce repas et doit donc être consommé dans la Soucca.

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70. Le premier soir de Souccot

En bref : Le premier soir de Souccot, la Torah impose un Kazaït de pain dans la Soucca, à priori plus d'un Kabeitsa, en 4 minutes (à postériori 7) ; un Kazaït oblige « Lechèv BaSoucca », alors que les autres jours, seul plus d'un Kabeitsa l'impose. S'il pleut, les Séfarades sont dispensés et mangent à la maison ; les Ashkénazes (Rama) mangent ce Kazaït dans la Soucca, avec Kiddouch, sans « Lechèv BaSoucca ». Si la pluie cesse, on retourne y manger un Kabeitsa avec « Lechèv BaSoucca ».

Il y a une Mitsva de la Torah de manger le premier soir de Souccot un Kazaït de pain dans la Soucca. C’est la quantité minimale. À priori, il vaut mieux manger plus d’un Kabeitsa.

Ce morceau doit être mangé dans le temps appelé « Kédei Akhilat Peras », environ quatre minutes (à postériori sept minutes). Il faut donc manger rapidement le morceau de pain du HaMotsi. Le maître de maison peut manger un peu, distribuer le pain aux autres, puis manger son Kazaït dans les quatre minutes.

Le premier soir, il existe une obligation particulière de manger dans la Soucca. Même celui qui ne mange qu’un Kazaït de pain doit donc réciter « Lechèv BaSoucca », alors que les autres jours, la bénédiction n’est récitée que sur plus d’un Kabeitsa.

Comme nous l’avons dit, il faut particulièrement faire attention aux deux intentions sur le premier Kazaït de la première nuit, puisqu’il s’agit de la quantité qui est obligatoire selon la Torah.

S’il pleut le premier soir

Comme nous le verrons plus loin, lorsqu’il pleut, on est normalement dispensé de la Soucca. Mais les décisionnaires ont discuté pour savoir si cela s’applique également au premier Kazaït du premier soir.

Selon le Choul'han Aroukh, et c’est la coutume séfarade, s’il pleut, même le premier soir, on est dispensé de manger dans la Soucca et on peut manger à la maison.

Il est cependant bien d’attendre un moment pour voir si la pluie s’arrête, à condition d’avoir un toit au-dessus de la Soucca, qui garde le Skhakh sec et permet de manger dès que la pluie cesse.

En revanche, si la Soucca n’a pas de toit, le Skhakh peut avoir absorbé beaucoup d’eau et continuer à goutter longtemps après la fin de la pluie. Dans ce cas, attendre ne sert à rien.

Et s’il y a des invités ou des enfants qui attendent le repas, il ne faut pas les faire attendre : on fera immédiatement le Kiddouch et on mangera à la maison.

Malgré tout, il est bien d’aller manger ensuite, au milieu du repas, un Kazaït de pain dans la Soucca, même s’il pleut encore, mais sans réciter « Lechèv BaSoucca ».

Le Rama, en revanche, considère que même si pendant les autres jours de Souccot on est dispensé de la Soucca lorsqu’il pleut, le premier soir il faut malgré tout manger le premier Kazaït dans la Soucca.

On fera donc le Kiddouch dans la Soucca, on récitera Chéhé'héyanou, mais pas « Lechèv BaSoucca », en raison du doute concernant la bénédiction. On mangera le Kazaït de pain, puis on pourra retourner à la maison pour continuer le repas de fête.

Selon tous les avis, si la pluie s’arrête et que le Skhakh ne goutte plus, il faudra retourner dans la Soucca, y manger un Kabeitsa de pain et réciter « Lechèv BaSoucca » : il est possible qu’on n’ait pas été quitte la première fois, puisqu’on était alors Mitstaer, gêné par la pluie et donc dispensé de la Soucca.

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71. Quand il pleut

En bref : Quand il pleut, on quitte la Soucca : rester pour y manger sous la pluie est appelé Hedyot. Le dormeur que la pluie réveille est immédiatement considéré comme Mitstaer, donc dispensé ; le mangeur n'est dispensé que si la pluie entre dans la Soucca au point que, si cela arrivait dans sa maison, il quitterait la pièce. Si la pluie est seulement annoncée, ou s'il tombe quelques gouttes qui n'entrent pas dans la Soucca, il n'est pas encore dispensé et ne doit pas rentrer.

Lorsqu’il pleut, on quitte la Soucca et on retourne à la maison. Il ne faut pas rester dans la Soucca pour manger sous la pluie : celui qui le fait est appelé Hedyot (un sot, qui se fatigue pour rien).

Il y a cependant une différence entre dormir et manger.

Celui qui dormait dans la Soucca et que la pluie réveille est immédiatement considéré comme Mitstaer, et donc dispensé de rester dans la Soucca.

Pour celui qui mangeait, ce n’est pas automatique. Il n’est dispensé que si la pluie entre dans la Soucca au point que, si cela arrivait dans sa maison, il quitterait la pièce.

En revanche, si la pluie est seulement annoncée, ou s’il tombe quelques gouttes qui n’entrent pas dans la Soucca, il n’est pas encore dispensé et ne doit pas retourner à la maison.

Si la pluie s’arrête

Celui qui a commencé son repas à la maison à cause de la pluie, ou qui a quitté la Soucca au milieu du repas et a continué à manger chez lui, n’est pas obligé de retourner dans la Soucca lorsque la pluie s’arrête.

Mais s’il est rentré à la maison et que la pluie s’est arrêtée avant qu’il commence à manger, il doit retourner dans la Soucca et réciter à nouveau « Lechèv BaSoucca ». Il avait abandonné son intention de rester dans la Soucca : son retour compte donc comme une nouvelle entrée.

En revanche, s’il est simplement entré à la maison pour attendre que la pluie s’arrête avec l’intention de retourner dans la Soucca, il n’a pas réellement changé d’intention et ne récite pas à nouveau la bénédiction.

La même règle s’applique pour dormir : si on s’est déjà couché, même sans s’être endormi, on n’a pas besoin de retourner dans la Soucca lorsque la pluie s’arrête.

Mais si on est rentré à la maison et que la pluie s’est arrêtée avant de se coucher, on doit retourner dans la Soucca.

Celui qui s’est couché habillé : les décisionnaires sont partagés pour savoir s’il doit retourner dans la Soucca. Il fera donc tout son possible pour y aller.

Si le Skhakh a absorbé beaucoup d’eau, par exemple lorsqu’il n’y a pas de toit au-dessus de la Soucca : même après l’arrêt de la pluie, tant que le Skhakh continue à goutter, on est toujours Mitstaer et on reste dispensé de la Soucca. On pourra manger à la maison jusqu’à ce que le Skhakh arrête de goutter.

Lorsque c’est possible, il est donc bien de mettre au-dessus de la Soucca une bâche ou un toit amovible qu’on déploie quand il pleut. On peut ainsi retourner dans la Soucca dès que la pluie s’arrête.

Si cette bâche empêche complètement l’eau d’entrer dans la Soucca, il est même préférable, selon certains décisionnaires, de rester dans la Soucca pendant la pluie1.

Mais tant que la bâche est déployée au-dessus de la Soucca, on ne récite pas « Lechèv BaSoucca » : beaucoup de décisionnaires considèrent malgré tout qu’on n’est pas quitte.

Il n’y a pas ici de problème de construction d’un toit pendant Chabbat ou Yom Tov, puisque la bâche est posée directement sur le Skhakh, sans espace d’un Téfa'h entre les deux, et que le Skhakh est déjà lui-même un toit.

Changement d’endroit

Celui qui a commencé à manger dans la Soucca, puis est retourné à la maison à cause de la pluie, peut continuer son repas sans refaire les bénédictions s’il avait déjà mangé un Kazaït de pain ou de Mézonot.

Mais s’il mangeait des aliments dont la bénédiction finale est Boré Nefachot, ou s’il n’avait pas encore mangé un Kazaït de pain avant de sortir, cela dépend de l’endroit où se trouve la Soucca.

Si elle est sur son balcon ou dans sa cour privée, il ne refait pas la bénédiction.

Mais si la Soucca se trouve dans une cour commune, sur un toit commun ou dans la rue, même s’il avait l’intention de sortir puis de revenir, il devra refaire les bénédictions.

Cette règle vaut non seulement lorsqu’on quitte la Soucca à cause de la pluie, mais aussi au moment du Kiddouch. Comme le Kiddouch doit se faire à l’endroit du repas, sans interruption entre les deux, il vaut mieux à priori ne pas rentrer à la maison entre le Kiddouch et le HaMotsi.

Si possible, il est préférable de laisser quelqu’un dans la Soucca afin que le repas reste considéré comme fixé dans la Soucca.

  1. Cette permission repose sur l’avis de certains décisionnaires selon lesquels tout ce qui se trouve à moins de quatre Tefa’him du Skhakh fait encore partie de la Soucca, même si cet élément a été placé pour un autre besoin. Le Choul’han Aroukh rapporte lui aussi cette opinion, sur laquelle on peut s’appuyer pour être indulgent. Il vaut mieux toutefois utiliser une bâche transparente qui laisse passer la lumière du soleil : selon de nombreux décisionnaires, on reste alors considéré comme étant dans la Soucca.

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72. Les femmes, les enfants et le malade face à la Mitsva de Soucca

En bref : Les femmes sont dispensées de la Soucca (Mitsvat Assé liée au temps) : les séfarades ne récitent pas « Lechèv BaSoucca », les ashkénazes si. Chaque homme doit y faire asseoir sa femme et sa famille. Les jeunes enfants sont dispensés ; dès cinq-six ans, le père doit les habituer à manger et dormir dans la Soucca et les empêcher de manger à la maison. S'il fait froid la nuit, l'enfant est dispensé. Le malade l'est aussi, même pour un mal de tête ou des yeux s'il sera mieux à la maison.

Obligation des femmes et des enfants

La Mitsva de Soucca est une Mitsvat Assé liée au temps, et les femmes en sont donc dispensées.

Cependant, le Kaf Ha'Haïm rapporte au nom du Yafé LaLev : « C’est une Mitsva pour chaque homme d’Israël de faire asseoir avec lui dans la Soucca sa femme et sa famille. Ils s’abriteront ainsi à l’ombre de la foi, leurs âmes seront purifiées et ils connaîtront chaque jour les bontés d’Hachem envers Son peuple. Alors Sa crainte et Son amour seront devant eux, et ils ne fauteront pas. »

Les femmes séfarades ne récitent pas « Lechèv BaSoucca » ; les femmes ashkénazes la récitent.

Les jeunes enfants sont dispensés de la Soucca. Mais il existe une obligation d’éducation ('Hinoukh) de les habituer à cette Mitsva.

C’est pourquoi le Choul'han Aroukh écrit qu’un enfant qui n’a plus besoin de sa mère en permanence, vers l’âge de cinq ou six ans, doit être habitué à manger et à dormir dans la Soucca.

Comme cette obligation vient du 'Hinoukh, c’est au père de faire entrer son fils dans la Soucca et de l’empêcher de manger à la maison.

La mère n’est pas obligée de l’y amener, mais elle ne doit pas non plus l’empêcher d’aller dans la Soucca ni l’obliger à manger à la maison.

S’il fait froid la nuit, l’enfant est dispensé de dormir dans la Soucca.

Le malade

Un malade est dispensé de la Soucca.

Même celui qui a simplement mal à la tête ou aux yeux est dispensé s’il sait qu’il se sentira mieux à la maison.

Les lois de la Soucca · תשרי תשפ״ז

73. La bénédiction Lechèv BaSoucca

En bref : La majorité des décisionnaires et la pratique ashkénaze (Michna Beroura) récitent « Lechèv BaSoucca » même en entrant dans la Soucca sans y manger ; les Séfarades, suivant le Maamar Mordekhaï, ne la récitent pas dans ce cas à cause du doute (si un membre mange, il peut acquitter les autres). Les Séfarades ne la récitent que pour un repas fixe : plus de 55 g de pain, ou plus de 220 g de pâtisseries ou d'un plat de céréales ; les Ashkénazes, dès plus d'un Kabeitsa de pain ou de Mézonot.

Selon la majorité des décisionnaires, il faudrait réciter « Lechèv BaSoucca » à chaque entrée dans la Soucca, même lorsqu’on n’y entre pas pour manger ou dormir, mais simplement pour s’asseoir, discuter ou étudier. Et cela même plusieurs fois dans la même journée.

Rabbénou Tam, suivi par le Choul'han Aroukh, est d’un autre avis : on ne récite « Lechèv BaSoucca » que lorsqu’on entre dans la Soucca pour y faire un repas fixe.

Tout ce qu’on fait d’autre dans la Soucca se rattache à cette bénédiction. Même si l’on entre plusieurs fois dans la Soucca sans réciter de bénédiction, celle du repas, déjà récitée ou à venir, couvre aussi le temps passé dans la Soucca.

Reste le cas de celui qui entre dans la Soucca sans prévoir d’y manger. Selon la majorité des décisionnaires, il doit réciter la bénédiction du seul fait qu’il entre. Et même selon Rabbénou Tam, si l’on ne récite pas la bénédiction dès l’entrée, c’est parce que la bénédiction du repas couvre aussi le temps passé dans la Soucca.

Mais s’il ne compte absolument pas manger, cette raison ne s’applique plus.

Le Michna Beroura, suivi par la pratique ashkénaze, tranche donc qu’on récite « Lechèv BaSoucca » même simplement pour rester dans la Soucca.

Les Séfarades suivent en revanche le Maamar Mordekhaï et ne récitent pas la bénédiction dans ce cas, à cause du doute.

Si un membre de la famille compte manger, il peut réciter la bénédiction et acquitter les autres, même s’ils ne mangent pas.

Sur quelle quantité de nourriture récite-t-on « Lechèv BaSoucca » ?

Selon le Choul'han Aroukh, ainsi que la coutume séfarade, on ne récite « Lechèv BaSoucca » que pour un repas fixe.

Cela correspond à plus d’un Kabeitsa de pain, c’est-à-dire plus de 55 g.

Cela peut également être le cas lorsqu’on fait un vrai repas à base de pâtisseries et qu’on en mange plus de quatre Bétzim, soit environ 220 g, au point d’être obligé de faire Netilat Yadaïm et Birkat HaMazone.

Plat de pâtes

De même, celui qui fait un repas à base d’un plat de céréales (l’une des cinq espèces), par exemple une assiette de pâtes de plus de 220 g (une assiette normale dépasse déjà cette quantité), est considéré comme ayant fixé son repas dessus. Même s’il récite Boré Miné Mézonot et Al HaMi'hya, il devra également réciter « Lechèv BaSoucca ».

Selon le Michna Beroura, ainsi que la coutume ashkénaze, toute consommation de plus d’un Kabeitsa de pain ou de Mézonot nécessite la bénédiction « Lechèv BaSoucca », même sans avoir vraiment fixé son repas dessus.

Le Michna Beroura conseille donc, quand on entre dans la Soucca, de manger rapidement un peu plus d’un Kabeitsa de Mézonot. On pourra ainsi réciter « Lechèv BaSoucca » et tenir compte de l’avis selon lequel cette bénédiction se récite à chaque entrée.

Si on sort de la Soucca et qu’on y revient

Celui qui a récité « Lechèv BaSoucca », est sorti puis est revenu et veut réciter à nouveau la bénédiction pour son repas suivant : tout dépend de la raison de sa sortie.

S’il est sorti avec l’intention de revenir immédiatement, il ne récite pas à nouveau la bénédiction.

Mais s’il est sorti en prévoyant de s’absenter une heure ou deux, il a interrompu son intention de rester dans la Soucca : il devra réciter à nouveau « Lechèv BaSoucca », même s’il est finalement revenu quelques minutes plus tard.

À plus forte raison, celui qui a récité « Lechèv BaSoucca » pour son repas et n’est pas sorti de la Soucca jusqu’au repas suivant ne récite pas à nouveau la bénédiction.

S’il a oublié de réciter la bénédiction

S’il a oublié de réciter « Lechèv BaSoucca » et s’en rend compte au milieu du repas, il récite la bénédiction immédiatement et mange encore un peu de pain.

S’il ne peut plus manger de pain, il peut tout de même réciter la bénédiction puisqu’il est encore au milieu de son repas, puis boire de l’eau ou manger des fruits.

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74. L'obligation de dormir dans la Soucca

En bref : Contrairement au repas occasionnel, même une courte sieste hors de la Soucca est interdite. Si quelqu'un s'endort malgré lui dehors, on n'est pas obligé de le réveiller, mais il est bien de le réveiller doucement et de lui proposer d'aller dormir dans la Soucca. L'obligation porte sur la tête et la majeure partie du corps ; avoir une table dans la Soucca est bon mais non obligatoire, même à priori.

Comme nous l’avons expliqué plus haut, il est permis de manger un repas occasionnel en dehors de la Soucca. Pour le sommeil, c’est différent : même une courte sieste hors de la Soucca est interdite. Il arrive en effet qu’un court sommeil suffise à se reposer : toute sieste est donc considérée comme un sommeil « fixe ».

Si quelqu’un s’endort malgré lui en dehors de la Soucca, les décisionnaires discutent pour savoir s’il faut le réveiller. En pratique, on n’est pas obligé1 de le faire, mais il est tout de même bien de le réveiller doucement et de lui proposer d’aller dormir dans la Soucca, surtout si l’on sait qu’il y tient.

Il faut faire son possible pour dormir dans la Soucca. Le Chout Min Hachamaïm écrit que celui qui se prive de la Mitsva de Soucca reçoit une lourde punition. À l’inverse, celui qui a le mérite d’y dormir reçoit une grande récompense et s’imprègne de sainteté.

L’obligation de dormir dans la Soucca concerne la tête et la majeure partie du corps. Celui qui n’a pas beaucoup de place dans sa Soucca peut donc dormir les jambes repliées, ou avec les jambes qui dépassent dans une partie qui ne compte pas comme Soucca.

Il est bon d’avoir une table dans la Soucca lorsqu’on y dort, car la Soucca est alors aménagée à la fois pour dormir et pour manger. Mais ce n’est pas obligatoire : même à priori, il est permis de dormir dans une Soucca sans table.

  1. Il existe plusieurs raisons permettant d’être indulgent : notamment le fait qu’une personne qui dort est dispensée de toutes les Mitsvot, ainsi que le fait qu’il est courant, même à la maison, de s’endormir parfois quelques minutes sur un canapé.

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75. La personne qui souffre dans la Soucca (Mitstaer)

En bref : Celui qui souffre du fait même d'être dans la Soucca (pluie, moustiques, peur…) est dispensé, sans être plus strict ; la dispense ne concerne pas la souffrance due au seul trajet. Si la gêne peut être supprimée (ventilateur, chauffage), on doit le faire, même au prix de grands efforts. Celui qui a déjà quitté la Soucca et s'est couché ou a commencé à manger n'est plus obligé d'y retourner, mais s'il y retourne, il reçoit une grande récompense.

La Torah dit :

« Vous habiterez dans des Souccot pendant sept jours. »

Les Sages ont expliqué ces mots ainsi : « Vous habiterez comme vous habitez chez vous ». On doit vivre dans la Soucca comme on vit normalement dans sa maison. C’est pourquoi, comme nous l’avons dit plus haut, on y fait autant que possible ses activités habituelles.

Mais cette même règle entraîne aussi une dispense. Si on subit une gêne telle que, chez soi, on quitterait la pièce, on est également dispensé de rester dans la Soucca et on peut la quitter.

Les Sages ont donc dit : « Celui qui souffre est dispensé de la Soucca. » Le Yerouchalmi ajoute que celui qui fait une Mitsva alors qu’il en est dispensé est appelé Hedyot.

Cependant, si la gêne peut être facilement supprimée, par exemple lorsqu’il fait très chaud ou très froid et qu’on peut apporter un ventilateur ou un chauffage, on doit le faire si cela ne demande pas trop d’efforts. Si cela demande un effort important, on n’y est pas obligé.

Il faut distinguer deux situations : celui qui souffre du fait même d’être dans la Soucca, et celui qui souffre seulement du trajet pour y arriver.

Quand la Soucca elle-même est inconfortable

Si on souffre du fait même d’être dans la Soucca, à cause de la pluie, d’une mauvaise odeur, d’un bruit qui empêche de dormir, de la peur des chats ou des voleurs, des moustiques, etc., on est dispensé de la Soucca.

Et dans ce cas, il ne faut pas chercher à être plus strict que nécessaire. Celui qui reste dans la Soucca malgré cette gêne alors qu’il en est dispensé est appelé Hedyot.

Quand c’est seulement le trajet qui est difficile

En revanche, si c’est seulement le trajet jusqu’à la Soucca qui est pénible, la règle change.

C’est le cas de celui qui n’a pas de Soucca dans sa cour et doit marcher une demi-heure sous un soleil brûlant ou par grand vent pour rejoindre une Soucca, ou de celui qui n’a pas encore de Soucca et doit en construire une.

Ce n’est pas la Soucca elle-même qui cause cette souffrance, mais l’effort nécessaire pour accomplir la Mitsva. La dispense de Mitstaer ne s’applique donc pas : elle ne concerne que la souffrance causée par la Soucca elle-même.

Quelqu’un qui était déjà dispensé de retourner dans la Soucca

Celui qui a quitté la Soucca à cause de la pluie, est rentré chez lui pour dormir ou manger, et s’est déjà couché ou a déjà commencé son repas, n’est plus obligé de ressortir pour retourner dans la Soucca.

Les décisionnaires écrivent que dans ce cas, celui qui décide malgré tout de retourner dans la Soucca n’est pas appelé Hedyot. Au contraire, il reçoit une grande récompense pour son effort.

De même, lorsqu’il est possible de supprimer la gêne, par exemple avec un chauffage ou un appareil anti-moustiques, même si cela demande beaucoup d’efforts, c’est une Mitsva de le faire pour pouvoir rester dans la Soucca.

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76. Les voyageurs et une Soucca inadaptée pour dormir

En bref : Celui qui doit prendre la route pour une raison nécessaire (Mitsva, travail, subsistance) est dispensé de la Soucca et peut même y manger du pain ; mais celui qui part en promenade ou en voyage de plaisir n'est pas dispensé. Si la Soucca est construite dans un endroit qui empêche lui-même de dormir (peur des chats, des voleurs) et qu'il n'a pas d'autre Soucca, il pourra y manger sans réciter la bénédiction, en raison du doute. En revanche, si le problème vient seulement du froid qui empêche de dormir, la Soucca reste valable.

Les voyageurs

Comme nous l’avons déjà expliqué, les Sages ont déduit de l’expression « vous habiterez comme vous habitez chez vous » que la vie dans la Soucca doit ressembler autant que possible à la vie normale dans sa maison.

De même qu’on quitte parfois sa maison pour aller travailler, faire des démarches, etc., on peut quitter sa Soucca lorsqu’on doit se déplacer.

Celui qui doit prendre la route pour une raison nécessaire est donc dispensé de la Soucca, et peut même manger du pain en dehors.

Mais les Sages ont limité cette dispense aux déplacements réellement nécessaires, par exemple pour accomplir une Mitsva, travailler ou s’occuper de ses affaires et de sa subsistance.

En revanche, celui qui part simplement en promenade ou en voyage pour son plaisir n’est pas dispensé. Il ne peut donc pas profiter du voyage pour manger hors de la Soucca ce qui doit normalement y être mangé.

Une Soucca adaptée pour manger mais pas pour dormir

Les décisionnaires discutent du cas de celui qui a construit sa Soucca dans un endroit où il est impossible de dormir, par exemple parce qu’il a peur des chats ou des voleurs.

Certains considèrent qu’elle reste cachère pour y manger. D’autres considèrent que la Soucca doit être comparable à une maison, c’est-à-dire un endroit où l’on peut faire tout ce qu’on fait dans une maison. Si on ne peut pas y dormir, elle n’est donc pas valable non plus pour manger.

En pratique, s’il n’a pas d’autre Soucca, il pourra y manger, mais sans réciter la bénédiction, puisqu’il y a un doute concernant la validité de la Soucca et qu’en cas de doute sur une bénédiction, on s’abstient.

Cela ne concerne qu’une Soucca où l’endroit lui-même empêche de dormir.

En revanche, si le problème est simplement qu’il fait très froid et qu’on ne peut pas dormir dehors à cette saison, la Soucca reste valable. Le problème vient du froid, pas de la Soucca.

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77. Comment honorer 'Hol HaMoed ?

En bref : Situé entre les jours ordinaires et les jours de fête, ‘Hol HaMoed doit être honoré par la nourriture, la boisson et des vêtements propres (au minimum beaux et respectables ; beaucoup portent ceux de Chabbat) ; il est bien de mettre une nappe comme à Chabbat et Yom Tov. Le pain n'est pas obligatoire comme à Yom Tov, mais c'est une Mitsva de faire un vrai repas avec du pain, une fois le soir et une fois dans la journée, surtout à Souccot. C'est aussi une Mitsva de boire un Revi’it de vin chaque jour.

Honorer la fête

Les jours de ‘Hol HaMoed ne sont ni des jours ordinaires, ni des jours de fête. Ils sont entre les deux : beaucoup ne savent pas comment s’y comporter, et finissent par les traiter comme des jours ordinaires.

La Mekhilta explique qu’il faut honorer ‘Hol HaMoed par la nourriture, les boissons et des vêtements propres, et ne pas se comporter comme pendant les jours ordinaires. Beaucoup portent les vêtements de Chabbat ; au minimum, écrit le Michna Beroura, il faut des vêtements beaux, propres et respectables.

Les décisionnaires écrivent également qu’il est bien de mettre une nappe sur la table comme pour Chabbat et Yom Tov.

Même s’il n’est pas obligatoire de manger du pain comme à Yom Tov, c’est tout de même une Mitsva de faire un vrai repas avec du pain, une fois le soir et une fois dans la journée. Il faut honorer la fête par la nourriture et la boisson, et le pain est la base du repas : on s’efforcera donc de le faire.

C’est particulièrement important pendant la fête de Souccot, car cela permet aussi d’accomplir la Mitsva de la Soucca. De plus, certains avis considèrent qu’il faut manger deux repas dans la Soucca chaque jour de la fête. Même si ce n’est pas la Halakha retenue, celui qui peut faire cet effort sera béni.

C’est également une Mitsva de boire un Revi’it de vin chaque jour de ‘Hol HaMoed, pour la joie de la fête. Les commentateurs expliquent que la Mitsva de ושמחת בחגך‎, « Tu te réjouiras pendant ta fête », s’applique également à ‘Hol HaMoed.

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78. Peut-on se couper les cheveux ou les ongles pendant 'Hol HaMoed ?

En bref : Pendant 'Hol HaMoed, il est interdit de se couper les cheveux et de se raser, chez un Juif comme chez un non-Juif, même pour qui se rase chaque jour ; les femmes aussi, mais elles peuvent se raser les autres parties du corps. Il est permis de tailler la moustache, de se peigner et de couper les cheveux d'un petit enfant (mieux avant Yom Tov). Se couper les ongles est permis comme d'habitude, même s'ils ont été coupés la veille de Yom Tov ; les Ashkénazes sont plus stricts.

Se couper les cheveux

C’est une Mitsva de se couper les cheveux en l’honneur de Yom Tov1, afin d’entrer dans la fête propre et présentable.

Les Sages ont donc interdit de se couper les cheveux et de se raser pendant ‘Hol HaMoed, afin que personne ne repousse sa coupe jusqu’à la fête et n’entre dans Yom Tov avec une apparence négligée. Même celui qui se rase tous les jours n’a pas le droit de le faire.

Les femmes n’ont pas non plus le droit de se couper les cheveux pendant ‘Hol HaMoed2, mais il est permis de se raser les autres parties du corps3.

Il n’y a pas de différence entre se faire couper les cheveux chez un Juif ou chez un non-Juif : dans les deux cas, c’est interdit. De même, un Juif n’a pas le droit de couper les cheveux d’un non-Juif, sauf s’il n’a pas de quoi manger.

En revanche, il est permis de couper les cheveux d’un petit enfant qui les a longs. Malgré tout, c’est une Mitsva de le faire avant Yom Tov, afin qu’il entre dans la fête propre et présentable.

Il est également permis de tailler la moustache, même avec des ciseaux.

Il est aussi permis de se peigner, sans craindre d’arracher quelques cheveux.

Les ongles

Il est permis4 de se couper les ongles pendant ‘Hol HaMoed comme d’habitude, même s’ils avaient déjà été coupés la veille de Yom Tov, puisqu’ils repoussent rapidement. Cependant, les Ashkénazes ont l’habitude d’être plus stricts sur ce point.

  1. Choul’han Aroukh, Siman 531, Séïf 1.

  2. Choul’han Aroukh, Siman 546, Séïf 5.

  3. Michna Beroura, Séïf Katan 16. Il lui est également permis de s’occuper de tous les soins de beauté et de mise en valeur qui concernent les besoins du corps, comme expliqué plus loin.

  4. Choul’han Aroukh, Siman 532, Séïf 1.

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79. La lessive, le repassage et le cirage des chaussures pendant 'Hol HaMoed

En bref : La lessive est interdite pendant 'Hol HaMoed, sauf pour le linge qui se salit constamment — serviettes (indulgence en cas de besoin pour celles de bain), nappes nécessaires si toutes sales, vêtements d'enfants se salissant constamment, chaussettes et sous-vêtements — et seulement pour ce qui est nécessaire à la fête. Un seul vêtement de Chabbat sale peut être lavé, mais pas deux. Nettoyer les taches, brosser la poussière, repasser et cirer les chaussures pour la fête sont permis.

La lessive

Comme pour la coupe de cheveux, les Sages ont interdit de faire la lessive pendant ‘Hol HaMoed1. Le but est d’éviter qu’on repousse sa lessive jusqu’à la fête et qu’on entre dans Yom Tov avec des vêtements sales.

Même celui qui a lavé tous ses vêtements avant Yom Tov et qui les a ensuite tous salis n’a pas le droit de les laver. Il devra acheter de nouveaux vêtements ou nettoyer les taches.

Les Sages ont toutefois permis de laver ce qui se salit constamment : ce genre de linge, même lavé la veille de Yom Tov, aurait de toute façon besoin d’être relavé pendant la fête. Cette permission ne concerne que ce qui est nécessaire pour la fête.

Il est donc permis de laver :

  • Les serviettes pour les mains et les serviettes de bain. Certains sont toutefois plus stricts pour les serviettes de bain ; en cas de besoin, on peut être indulgent.
  • Les nappes : si elles sont toutes sales, il est permis de laver celles qui sont nécessaires.
  • Les vêtements des enfants qui se salissent constamment. Il n’y a pas d’âge précis : cela concerne tout enfant qui ne sait pas encore garder ses vêtements propres.
  • Les vêtements qui prennent facilement la transpiration, comme les chaussettes, les sous-vêtements, etc.

Le Choul'han Aroukh écrit que celui qui ne possède qu’un seul vêtement a le droit de le laver. Les décisionnaires précisent que s’il possède des vêtements ordinaires propres mais un seul vêtement de Chabbat, et que celui-ci est devenu sale, il peut le laver.

En revanche, s’il possède deux vêtements de Chabbat et qu’ils sont tous les deux sales, il lui est interdit de les laver, comme nous l’avons expliqué.

Il est permis de nettoyer les taches, car cela n’est pas considéré comme une lessive. On peut aussi brosser la poussière d’un vêtement ou d’un chapeau.

Dans tous les cas, même lorsque la lessive est permise, elle ne concerne que ce qui est nécessaire pour la fête. Ce qui n’est pas nécessaire pour ‘Hol HaMoed et Yom Tov ne doit pas être lavé, même en l’ajoutant dans la machine avec le linge autorisé.

Repassage et cirage des chaussures

Il est permis de repasser les vêtements pour les besoins de la fête, et de cirer les chaussures.

  1. Choul’han Aroukh, Siman 534, Séïf 1.

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80. L'interdiction de travailler pendant 'Hol HaMoed

En bref : Selon le Choul'han Aroukh, l'interdiction de travailler à 'Hol HaMoed est rabbinique, le Biour Halakha penchant pour la Torah ; les Sages ont permis cinq cas (perte, nourriture, personne sans quoi manger, collectivité, travail simple). Un travail simple est permis s'il est nécessaire pour la fête ; sinon il reste interdit. Est professionnel tout travail demandant compétence (repeindre, réparer une voiture, percer un mur) ; planter un clou ou changer une roue sont simples et permis si nécessaires.

L’interdiction de travailler

Celui qui méprise les fêtes, par exemple en y travaillant, est considéré comme s’il pratiquait l’idolâtrie.

Les décisionnaires discutent de la nature de l’interdiction de travailler pendant ‘Hol HaMoed. Pour certains, c’est une interdiction de la Torah, comme à Yom Tov, avec toutefois certaines autorisations. Pour d’autres, c’est une interdiction rabbinique.

Le Choul'han Aroukh considère que l’interdiction est rabbinique. Le Biour Halakha penche toutefois pour une interdiction de la Torah, comme l’ont écrit plusieurs Richonim.

De manière générale, les Sages ont permis le travail dans cinq cas :

  • Une perte qui risque d’être subie
  • Les travaux nécessaires à la préparation de la nourriture
  • Une personne qui n’a pas de quoi manger
  • Les besoins de la collectivité
  • Un travail simple, fait sans savoir-faire particulier, même pour une personne seule

L’interdiction concerne surtout un travail professionnel ou un travail qui n’est pas nécessaire pour la fête. Mais un travail simple, fait pour les besoins de la fête, est permis.

Commençons par ce dernier cas.

Travail simple, même pour une personne seule

Le travail simple est permis pendant ‘Hol HaMoed, à condition d’être nécessaire pour la fête. Si l’on n’en a pas besoin maintenant, cela reste interdit, même s’il s’agit d’un travail simple.

Un travail est considéré comme professionnel dès qu’il demande une certaine compétence ou une attention particulière pour être bien fait.

Repeindre une maison, réparer une voiture ou une crevaison sont donc des travaux professionnels : beaucoup savent les faire, mais ils demandent une certaine compétence pour être bien faits.

Il en va de même pour percer un mur ou réparer des appareils électriques.

En revanche, planter un clou dans un mur ou changer une roue ne demandent pas de compétence particulière. Ce sont donc des travaux simples, permis lorsqu’ils sont nécessaires pour la fête.

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81. Travailler pour éviter une perte : le Davar HaAved

En bref : Pendant ‘Hol HaMoed, même un travail professionnel est permis pour éviter une perte (Davar HaAved), même minime, à condition qu’elle porte sur ce qu’on possède déjà et que le travail ne demande pas trop d’efforts (sinon : indulgence seulement en cas de perte importante). Un simple manque à gagner n’est pas une perte, et si l’on peut attendre la fin de la fête, c’est interdit — de même pour qui a repoussé exprès le travail. Un salarié doit tout faire pour ne pas travailler ; si l’employeur refuse et qu’il risque le licenciement ou des dommages importants, c’est permis, sinon interdit.

Une perte qui risque d’être subie

Même un travail professionnel est permis lorsqu’il s’agit d’éviter une perte.

Il y a « perte » lorsque, sans ce travail fait pendant ‘Hol HaMoed, on subirait une perte sur ce qu’on possède déjà. Même une perte minime compte, et même si le travail n’est pas nécessaire pour la fête.

Un manque à gagner, en revanche, n’est pas une perte : il n’entre pas dans cette autorisation.

De même, si on peut attendre la fin de la fête sans subir de perte, il est interdit de faire le travail pendant ‘Hol HaMoed.

Si la perte n’est pas certaine mais que la crainte est raisonnable, on peut être indulgent.

Cependant, l’autorisation de « Davar HaAved » (une perte qui risque d’être subie) ne s’applique que lorsque le travail ne demande pas trop d’efforts. S’il exige un effort excessif, on ne peut pas être indulgent, sauf en cas de perte importante.

Reporter volontairement le travail à ‘Hol HaMoed

Celui qui aurait pu faire un travail avant la fête mais l’a volontairement repoussé à ‘Hol HaMoed n’a pas le droit de le faire : c’est une sanction des Sages pour avoir repoussé le travail exprès.

Mais s’il l’a repoussé sans avoir l’intention de le faire pendant ‘Hol HaMoed, et qu’après la fête il ne pourra plus le faire, c’est permis.

Un salarié

Un salarié doit faire tout son possible pour éviter de travailler pendant ‘Hol HaMoed. Il doit en parler à son employeur et essayer de prendre ses jours de congé pendant la fête.

Si son employeur refuse malgré tout, et qu’en ne venant pas travailler il risque d’être licencié ou de subir d’autres dommages importants, il lui est permis de travailler : c’est un « Davar HaAved ».

Mais s’il n’y a pas de risque de ce genre, il lui est interdit de travailler pendant ‘Hol HaMoed.

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82. Préparation de la nourriture et besoins du corps pendant 'Hol HaMoed

En bref : Pendant 'Hol HaMoed, tout est permis pour préparer la nourriture, même un travail professionnel, mais seulement pour la nourriture de la fête. Les travaux nécessaires aux besoins du corps sont permis s'ils sont simples ; si leur absence cause une gêne importante, même un travail professionnel est permis. Dans tous ces cas, la réparation doit pouvoir s'achever pendant 'Hol HaMoed : il est interdit de déposer la voiture au garage si elle ne sera prête qu'après la fête.

Préparation de la nourriture et besoins du corps

Tout est permis pour la préparation de la nourriture, même un travail professionnel.

Il est donc permis de cuisiner et de faire de la pâtisserie, ainsi que de réparer un four, un réfrigérateur ou tout autre appareil nécessaire à la préparation ou à la conservation de la nourriture.

Tout cela ne vaut que pour la nourriture de la fête, et non pour ce qui sera consommé après.

Pour réparer un four, on peut même appeler un technicien juif : pour lui, ce n’est pas directement une préparation de nourriture, mais il travaille pour qu’un autre Juif puisse préparer la sienne.

Dans ce cas, la sanction pour report volontaire ne s’applique pas. Même s’il aurait pu cuisiner ou réparer le four avant la fête, il en a besoin maintenant pour la nourriture de la fête : il peut donc le réparer. Il vaut mieux toutefois ne pas compter là-dessus à l’avance.

Les travaux nécessaires aux besoins du corps sont également permis pendant ‘Hol HaMoed lorsqu’il s’agit d’un travail simple. Si leur absence cause une gêne importante, même un travail professionnel est permis.

Si la douche tombe en panne et que sa réparation nécessite un professionnel, elle est donc permise : sans douche, on devrait aller aux bains publics.

Il en va de même si la climatisation ou le chauffage de la maison tombe en panne.

Si la voiture tombe en panne et qu’on doit se rendre dans un endroit où on ne peut pas aller à pied, ou seulement au prix d’un effort excessif, on peut la faire réparer, même si cela nécessite un travail professionnel.

Mais dans tous ces cas, la réparation doit pouvoir être terminée pendant ‘Hol HaMoed, pour qu’on en profite pendant la fête. Il est interdit de déposer la voiture chez le garagiste pendant ‘Hol HaMoed si elle ne sera prête qu’après la fête.

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83. Travailler quand on manque de nourriture ou pour les besoins de la collectivité

En bref : Un travailleur pauvre qui manque de nourriture peut travailler ; on peut même lui confier des travaux sans rapport avec la fête pour qu'il achète dignement ce dont il a besoin, mais non pour rembourser des dettes. Les Séfarades peuvent être indulgents même s'il possède déjà le nécessaire ; pour les Ashkénazes, il est préférable d'être plus strict, mais l'indulgent a sur qui s'appuyer. Les travaux nécessaires au public (épicerie ouverte, ascenseur, Érouv) sont permis.

Une personne qui n’a pas de quoi manger

Un travailleur pauvre qui n’a pas de quoi manger a le droit de travailler. On peut aussi lui confier des travaux, même sans rapport avec la fête et sans perte à éviter, afin qu’il gagne de l’argent et achète dignement ce dont il a besoin pour la fête.

En revanche, il lui est interdit de travailler simplement pour rembourser des dettes ou pour d’autres besoins similaires.

Les décisionnaires discutent pour savoir qui entre dans cette catégorie.

Certains expliquent qu’il s’agit uniquement d’un pauvre à qui manque même le strict nécessaire. S’il possède déjà le nécessaire mais qu’il lui manque des choses importantes, comme du vin ou de la viande, il lui est interdit de travailler.

D’autres considèrent qu’on peut également être indulgent dans ce cas, afin qu’il puisse profiter de la fête comme tout le monde et ne manque de rien.

C’est pourquoi les Séfarades1 peuvent être indulgents même s’il possède déjà le nécessaire. Pour les Ashkénazes, il est préférable d’être plus strict, mais celui qui se montre indulgent a sur qui s’appuyer.

Les besoins de la collectivité

Il est permis de faire les travaux nécessaires au public.

Il est donc permis d’ouvrir une épicerie pendant ‘Hol HaMoed, puisque les gens ont besoin d’acheter de la nourriture.

En revanche, les magasins de vêtements et autres commerces similaires ne peuvent pas ouvrir, puisque le public n’a pas besoin d’acheter des vêtements pendant la fête.

Il est également permis de réparer un ascenseur, un bus, la climatisation d’une synagogue ou l’Érouv, ainsi que tout ce dont le public a besoin pendant la fête.

  1. Puisque l’interdiction de travailler pendant ‘Hol HaMoed est d’ordre rabbinique.

Les lois de 'Hol HaMoed · תשרי תשפ״ז

84. L'écriture pendant 'Hol HaMoed

En bref : L’écriture courante, à la main ou sur ordinateur, n’est pas un travail professionnel mais un travail simple : il est donc permis d’écrire ce qui est nécessaire pour la fête (par ex. une liste de courses), ainsi que pour éviter une perte. Pour des choses non nécessaires pour la fête, il faut écrire autrement que d’habitude. Les enfants ont aussi le droit de dessiner, et l’on peut écrire des ‘Hidouché Torah même sans les utiliser pendant ‘Hol HaMoed. Prendre des photos est permis, car ce n’est pas considéré comme de l’écriture.

Écriture

L’écriture courante, à la main ou sur ordinateur, n’est pas considérée comme un travail professionnel, mais comme un travail simple.

Il est donc permis d’écrire ce qui est nécessaire pour la fête, par exemple une liste de courses.

C’est permis aussi pour éviter une perte.

En revanche, si l’on veut écrire des choses qui ne sont pas nécessaires pour la fête, il faut écrire autrement que d’habitude.

Les enfants ont également le droit de dessiner.

Il est permis d’écrire des ‘Hidouché Torah, même si l’on ne compte pas les utiliser pendant ‘Hol HaMoed.

Il est permis de prendre des photos pendant ‘Hol HaMoed, car cela n’est pas considéré comme de l’écriture.

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85. Peut-on faire du commerce pendant 'Hol HaMoed ?

En bref : Il est interdit de faire du commerce pendant ‘Hol HaMoed, y compris acheter des vêtements, des ustensiles pour la maison ou tout produit inutile pour la fête. En revanche, on peut acheter ce dont on a besoin pour la fête : nourriture, appareils nécessaires à la préparation des repas, vêtements dont on a besoin pour la fête. En cas de « Davar HaAved » (promotion qui ne sera plus disponible après la fête, ou produit introuvable chez soi qu’il faudrait refaire le trajet exprès pour acheter), on peut acheter, même sans en avoir besoin pour la fête.

Commerce

Il est interdit de faire du commerce pendant ‘Hol HaMoed. Cela comprend notamment l’achat de vêtements, d’ustensiles pour la maison et de tous les produits dont on n’a pas besoin pour la fête.

En revanche, ce dont on a besoin pour la fête peut être acheté : de la nourriture, ou des appareils nécessaires à la préparation des repas.

Il est également permis d’acheter les vêtements dont on a besoin pour la fête.

Il arrive qu’on trouve dans un magasin une promotion qui ne sera plus disponible après la fête, ou qu’on se trouve dans un endroit où l’on vend un produit introuvable chez soi, et qu’après la fête on n’y reviendra pas, ou qu’il faudra refaire le trajet exprès. Dans ces cas, c’est un « Davar HaAved ».

On peut alors acheter le produit, même si on n’en a pas besoin pour la fête.

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86. Construire ou rénover sa maison pendant 'Hol HaMoed

En bref : Il est interdit de construire ou de rénover sa maison pendant ‘Hol HaMoed, même par un non-Juif et même si les travaux avaient commencé avant la fête ; il est également interdit de repeindre. Toutefois, si l’arrêt des travaux risque de causer une perte importante, ils sont permis s’ils sont confiés à un entrepreneur non juif — mais non à un salarié — et si l’entrepreneur est juif, cela reste interdit même si ses ouvriers ne sont pas juifs. Il est permis d’arroser les arbres et le jardin pour les maintenir en bon état, mais pas pour les améliorer ou les embellir.

Construction et réparations dans la maison

Il est interdit1 de construire ou de rénover une maison pendant ‘Hol HaMoed, même si les travaux sont effectués par un non-Juif et même s’ils ont commencé avant la fête.

Cependant, si l’arrêt des travaux risque de causer une perte importante, ils sont permis s’ils sont confiés à un entrepreneur non juif. Mais s’il s’agit d’un salarié, cela reste interdit.

Si l’entrepreneur est juif, même si ses ouvriers ne sont pas juifs, cela reste interdit.

Il est également interdit de repeindre la maison.

Il est permis d’arroser les arbres et le jardin pour les maintenir en bon état, mais pas pour les améliorer ou les embellir.

  1. Choul’han Aroukh, Siman 540, Séïf 1.

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87. Réparer un vêtement pendant 'Hol HaMoed

En bref : Pendant ‘Hol HaMoed, il est interdit de réparer ou de coudre des vêtements et des chaussures. Si on en a besoin pour la fête, on peut les réparer lorsqu'il s'agit d'un travail simple. Faire un ourlet — et de même recoudre un bouton — est considéré comme un travail professionnel et reste interdit ; en cas de besoin, on coudra le bouton autrement : moins serré, ou sans passer par tous les trous.

Réparer un vêtement

Il est interdit de réparer ou de coudre des vêtements et des chaussures pendant ‘Hol HaMoed.

Si on en a besoin pour la fête, il est permis de les réparer lorsque c’est un travail simple.

Faire un ourlet est déjà considéré comme un travail professionnel : c’est donc interdit.

Il en va de même pour recoudre un bouton.

En cas de besoin, on le coudra autrement : moins serré, ou sans passer par tous les trous.

Contact : Rav Eliezer Elgrabli
[email protected]

06 14 33 04 40 / +972 54 844 24 97

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