Fixer un repas sur des aliments Mézonot
Celui qui souhaite accomplir la coutume de manger des aliments laitiers en mangeant des Mézonot doit veiller à ne pas entrer dans un doute ou même une certitude de bénédiction de HaMotsi et de Birkat HaMazone.
Certains pensent à tort que pour être obligé de réciter HaMotsi sur des Mézonot, il faut en manger une très grande quantité, mais en réalité on atteint la quantité requise très rapidement. Le principe est le suivant : étant donné qu’un gâteau et la plupart des aliments Mézonot sont en principe du pain (farine et eau), mais qu’on y a ajouté des ingrédients sucrés (et pour encore d’autres raisons), ils sortent de la catégorie du pain et on récite Mézonot, ce n’est pas du pain que l’on mange pour se rassasier mais comme un dessert, pour le plaisir. Cependant, si l’on fixe un repas dessus, le Choulh’an Arouh’ a statué qu’il faut réciter HaMotsi et Birkat HaMazone sur le gâteau.
Les décisionnaires sont partagés sur la quantité nécessaire pour être obligé de réciter HaMotsi et Birkat HaMazone, trois ou quatre œufs (Kabeitsim), soit entre 162 grammes et 216 grammes.
Pour les Séfarades : il est préférable de ne pas entrer dans le doute en mangeant entre 162 g et 216 g. On mangera soit moins et on récitera Mézonot et Al HaMih’ya, soit plus et on se lavera les mains au préalable et on récitera HaMotsi et Birkat HaMazone sur le gâteau.
Quoi qu’il en soit, celui qui a mangé plus de 162 g mais moins de 216 g récitera Al HaMih’ya.
Selon les Ashkénazes : le Gaon de Vilna considère que la quantité est plus grande, six œufs, soit 325 grammes. Jusqu’à cette quantité on récite Al HaMih’ya, et au-delà on récite HaMotsi et Birkat HaMazone. Mais si l’on est rassasié dès quatre œufs (216 g), on récitera Birkat HaMazone.
En règle générale, celui qui a l’intention de manger plus que la quantité qui oblige HaMotsi et Birkat HaMazone doit se laver les mains avec bénédiction et réciter HaMotsi sur le gâteau, puis réciter Birkat HaMazone.
S’il pensait manger moins, ou qu’il n’a pas pensé à cette loi et a récité Mézonot : s’il a désormais l’intention de manger encore une quantité obligeant la bénédiction (il a l’intention de manger encore 216 g pour les Séfarades ou 325 g pour les Ashkénazes), il se lavera les mains avec bénédiction et récitera HaMotsi, continuera à manger et récitera Birkat HaMazone à la fin du repas.
S’il n’a pas l’intention de manger encore cette quantité, il continuera à manger et récitera Birkat HaMazone à la fin du repas.
Cependant, le Cha’ar HaTsiyoun écrit qu’il faut réciter à nouveau Mézonot, car il n’avait l’intention de manger que la quantité originale, et son cas est donc celui d’un Nimlakh (qui a changé d’avis). C’est pourquoi selon les Ashkénazes il faut réciter à nouveau Mézonot. Mais le Kaf HaH’aïm distingue entre celui qui est encore au milieu de son goûter, qui ne récitera pas à nouveau, car il n’a pas encore terminé, et celui qui a fini de manger et qui change d’avis pour continuer, qui récitera à nouveau Mézonot. Telle est la coutume chez les Séfarades (certains décisionnaires statuent que même les Séfarades doivent réciter comme le Cha’ar HaTsiyoun, même au milieu du repas).
C’est pourquoi il faut veiller avant de commencer à manger à décider quelle quantité on souhaite manger et réciter la bénédiction adéquate en conséquence.
La question est de savoir ce qui entre dans le calcul de cette quantité : il est évident que toute la pâte du gâteau entre dans le calcul (pas seulement la farine mais aussi les œufs, l’huile et le sucre...).
Mais la question est de savoir si la garniture et les aliments que l’on mange avec le gâteau entrent dans le calcul ou non. Par exemple, des crackers avec du fromage, ou de la salade, des Bourékas avec une garniture de pommes de terre, de viande ou de fromage, un pain Mézonot avec de la charcuterie... Mais les aliments qui n’ont aucun rapport, qu’on n’a pas l’habitude de manger ensemble, ne sont certainement pas comptés selon toutes les opinions.
Le Maguène Avraham considère que cela entre dans le calcul. C’est pourquoi selon les Ashkénazes, on additionne toutes les garnitures et tous les accompagnements jusqu’à la quantité de six œufs (325 g).
Mais le Birké Yossef écrit qu’ils ne sont pas comptés, et c’est ainsi que statuent les Séfarades. Il faut donc manger une quantité de quatre œufs du gâteau lui-même.
Source : https://toratchem.com/halakha/fixer-un-repas-sur-des-aliments-mezonot-hamotsi-ou-mezonot