Principes généraux de la cachérisation des ustensiles : matériaux concernés (métal, plastique, terre cuite, verre) et niveaux d'absorption selon la règle « KeBol'o Kakh Polto » (Keli Richon, Keli Cheni, Irouy, Liboun, Davar Gouch).
Selon les décisions halakhiques du Rav Ofir Malka chelita
Introduction
Il existe de très nombreuses Halakhot concernant la Hag'alat Kelim (cachérisation des ustensiles). On peut en dégager plusieurs principes généraux, à partir desquels on peut statuer sur presque chaque ustensile :
- Les Sages ont distingué selon les matériaux des ustensiles :
Ustensiles en métal et en plastique : la Hag'ala est efficace.
Ustensiles en terre cuite (H'érès) et en porcelaine (qui est de la terre cuite recouverte de verre) : la Hag'ala n'est d'aucune utilité, et il est donc impossible de les utiliser pour Pessah'. Même s'ils n'ont été utilisés que pour du froid1, c'est interdit (il existe des cas où cela a été permis, comme nous le verrons...).
Ustensiles en verre : les décisionnaires sont partagés. Le Choulh'an Arouh'2 statue que le verre n'absorbe pas, et n'a donc pas besoin de Hag'ala même s'il a été utilisé avec du chaud. Le Ramah statue que la Hag'ala ne fonctionne pas pour le verre car sa fabrication provient du sable, et il est considéré comme un ustensile en terre cuite. C'est pourquoi les Ashkénazes n'utilisent pas d'ustensiles en verre pour Pessah', mais en achètent des neufs. Pour les Séfarades, c'est permis en principe, excepté selon le Ben Ich H'aï qui est strict sur ce point.
- Les Sages nous ont enseigné le principe : « KeBol'o Kakh Polto »3 (« comme il absorbe, ainsi il rejette »), c'est-à-dire que l'absorption sort des parois de la même manière qu'elle y est entrée : si elle est entrée par cuisson dans l'eau, elle sortira par cuisson dans l'eau ; si c'est par le feu, elle sortira par le feu...
- Il existe plusieurs niveaux d'absorption. Comme nous l'avons écrit dans le principe 2, il faut faire ressortir l'absorption de la même manière qu'elle est entrée :
Absorption par le feu : C'est l'absorption la plus sévère. L'ustensile a absorbé le H'amets sans liquide, uniquement par la force du feu. Il faut donc le cachériser par une chaleur sèche, appelée Liboun H'amour (calcination sévère). Le Igrot Moché a écrit que cela correspond à une température de 371°C.
Keli Richon (ustensile de première cuisson) : C'est l'absorption d'une marmite sur le feu contenant des liquides. Le H'amets n'est donc pas absorbé directement dans les parois mais par l'intermédiaire des liquides. Il faut donc le cachériser par une Hag'ala sévère : plonger l'ustensile dans une grande marmite remplie d'eau bouillante et bouillonnante sur le feu.
Davar Gouch (aliment solide) : Tout au long de l'année, selon la décision du Choulh'an Arouh', on n'est pas strict concernant le Davar Gouch. Cependant, pour Pessah', tout le monde est strict4. Par conséquent, si l'on a posé un aliment solide brûlant sur un ustensile, même s'il ne s'agit pas d'un Keli Richon, il absorbe comme un Keli Richon, et nécessite une cachérisation en Keli Richon.
Irouy miKeli Richon (versement depuis un ustensile de première cuisson) : Si l'on a versé du H'amets depuis un Keli Richon vers un autre ustensile, il faut le cachériser par un Irouy (versement).
Keli Cheni (ustensile de seconde cuisson) : Si l'ustensile a absorbé depuis un Keli Cheni, sa cachérisation se fait par une Hag'ala en Keli Cheni : plonger l'ustensile dans un grand récipient dans lequel on a versé de l'eau bouillante depuis un Keli Richon (à condition que l'eau soit encore à une température de 71°C).
- Toute cachérisation plus sévère est préférable. Ainsi, pour un Keli Cheni, il est valable de faire la Hag'ala en Keli Richon ou par Irouy. De même, pour un Keli Richon, il est valable de cachériser par Liboun H'amour.
- Rov Tachmicho (le mode d'utilisation majoritaire) : Le Choulh'an Arouh' et le Ramah divergent sur la question de savoir si l'on suit le mode d'utilisation majoritaire (Rov Tachmicho). Autrement dit, faut-il cachériser l'ustensile selon l'utilisation la plus fréquente, ou même si on l'a utilisé une seule fois d'une autre manière (par exemple directement sur le feu), faut-il cachériser selon la cachérisation la plus sévère parmi toutes les utilisations ? Le Choulh'an Arouh' statue qu'on suit l'utilisation majoritaire : si l'ustensile est habituellement utilisé en Keli Cheni et qu'occasionnellement il a été utilisé sur le feu, une Hag'ala en Keli Cheni suffit. Mais le Ramah est strict et exige la cachérisation la plus sévère de toutes les utilisations qu'il a connues. Ainsi, si une seule fois il a été utilisé sur le feu, il faut un Liboun. Et si on l'a cachérisé selon la cachérisation légère, il faut recommencer. Toutefois, si on a déjà cuisiné dedans pour Pessah', c'est permis. De même, s'il est impossible de le cachériser selon la cachérisation sévère, on peut être indulgent et suivre l'utilisation majoritaire5.
Il faut cependant ajouter que cette règle de l'utilisation majoritaire ne peut pas dispenser totalement de cachérisation. Par exemple, si l'ustensile a été utilisé la plupart du temps avec des aliments cachères pour Pessah' et occasionnellement avec du H'amets, on ne peut pas dire que son utilisation majoritaire est permise et qu'il n'a pas besoin de cachérisation, car on regarde l'utilisation majoritaire du H'amets !
Même pour les Séfarades qui suivent l'avis du Choulh'an Arouh', s'ils cachérisent un ustensile selon l'absorption légère, ils doivent le faire après 24 heures depuis l'absorption sévère. Et pendant Pessah', on ne doit pas utiliser l'ustensile avec des aliments piquants6.