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Manger en route : le changement d'endroit pendant un repas

Règles sur le changement d'endroit pendant un repas (pain, gâteaux, fruits, boissons), le rôle du Kazaït et du Birkat HaMazone, les pièces de la maison et le cas où des compagnons restent sur place.

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Manger en route – le changement d’endroit

Lorsqu’on part en voyage ou en promenade, on est souvent amené à manger, à grignoter ou à boire en chemin. Il faut donc savoir quand on peut s’appuyer sur la bénédiction déjà récitée, quand il faut refaire une bénédiction, et quand il faut réciter une bénédiction finale.

En règle générale, pour le pain et les gâteaux (ainsi que les fruits des sept espèces et le vin), si on a déjà mangé un Kazaït (idéalement en moins de 4 minutes, et au maximum 7 minutes a posteriori), alors même s’il est interdit a priori de quitter sa place, si on est quand même sorti, on peut continuer à manger sans refaire la bénédiction. Si l’on n’a pas mangé un Kazaït, ou qu’on l’a mangé en plus de 7 minutes, le statut est comme celui des fruits et des boissons.

En effet, on reste obligé de revenir à l’endroit où l’on a commencé pour y réciter la bénédiction finale. Même si finalement on n’est pas revenu, le premier repas est encore considéré comme non terminé, et si l’on veut continuer à manger, on ne refait pas de bénédiction. Cela n’est valable que si l’on avait l’intention de continuer à manger. Mais si on avait terminé son repas à la maison et qu’on est sorti sans faire le Birkat HaMazone, il est interdit de continuer à manger et il faudra refaire la bénédiction.

En principe, selon le Choul’han Aroukh, même pour le pain et les gâteaux il faudrait refaire la bénédiction. Mais à cause du principe de Safek Berakhot Lehakel (en cas de doute sur une bénédiction, on est indulgent), on tient compte des autres avis et même les Séfarades ne referont pas la bénédiction. Mais cela n’est valable qu’a posteriori, car on est justement dans un doute : faut-il suivre le Choul’han Aroukh et bénir de nouveau, ou suivre les autres avis et ne pas bénir ?

Toute la question de refaire une bénédiction ou non concerne essentiellement les fruits (qui ne font pas partie des sept espèces) et les boissons (à l’exception du vin). Dès qu’on quitte l’endroit, la première consommation est considérée comme terminée et ce qu’on mange ensuite est considéré comme une nouvelle consommation, qui nécessite une nouvelle bénédiction.

En revanche, si quelqu’un mangeait du pain et est sorti, comme il ne doit pas refaire de bénédiction, il peut aussi continuer à boire et à manger des fruits (à condition d’avoir déjà fait leur bénédiction chez lui), car le Birkat HaMazone les couvre également. Toute sa consommation est donc encore considérée comme un seul et même repas, même s’il ne mange plus de pain.

Mais si quelqu’un mangeait des gâteaux et aussi des fruits ou des boissons, même s’il peut continuer à manger des gâteaux, il ne pourra pas continuer à consommer des fruits ou des boissons puisqu’ils ne sont pas inclus dans la bénédiction de Al Hami’hya.

Le fait d’avoir prévu dès le départ de changer d’endroit n’autorise pas à le faire. Cependant, si on est sorti mais qu’on voit encore l’endroit où l’on était au début, et qu’aucun passage fréquenté par le public ne sépare les deux endroits, même s’il est interdit a priori de sortir, si on est sorti on ne refait pas la bénédiction.

À l’intérieur de la maison

De nos jours, il est normal de se déplacer dans toute la maison pendant le repas. On peut donc, a priori, passer d’une pièce à une autre. De même pour un balcon ou une cour privée délimitée.

En revanche, une cour commune ou une cour privée non délimitée est considérée comme étant à l’extérieur de la maison.

Concernant la cage d’escalier ou le parking couvert de l’immeuble, les décisionnaires sont partagés : certains considèrent cela comme un changement d’endroit, d’autres estiment que puisqu’on n’est pas sorti sous le ciel ouvert, on est encore au même endroit. Par conséquent, a priori on évitera d’y sortir, mais si on l’a fait, on ne refera pas la bénédiction en raison du principe de Safek Berakhot Lehakel.

Lorsqu’on laisse des compagnons sur place

Il existe un cas où il est permis de sortir : lorsqu’un groupe d’amis ou une famille mange ou boit ensemble. Peu importe qu’il s’agisse de pain, de gâteaux, de fruits ou d’eau. Si l’un d’entre eux sort au milieu du repas et que les autres l’attendent, lorsqu’il revient il ne refait pas de bénédiction, car ses compagnons le rattachent encore à son endroit initial.

A priori, il ne faut pas partir pour une longue durée, mais pour un court moment c’est permis.

En revanche, cela ne permet que de revenir manger à sa place initiale. Il est interdit de continuer à manger ou à boire dehors.

Tout cela n’est valable que s’ils étaient réellement installés ensemble, et non s’il s’agit simplement de plusieurs personnes qui se sont retrouvées au même endroit sans prêter attention au départ les unes des autres. De même, si lui mangeait seul et que les autres étaient simplement présents sans manger, rien ne les relie.

De même encore, si les autres ont terminé de manger et ont récité leur bénédiction finale, ou s’ils sont eux aussi sortis, même s’ils sont revenus ensuite, cette installation commune est annulée et il faudra refaire la bénédiction.

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