Statut des personnes dispensées du jeûne à Tichea Béav, en particulier les femmes enceintes et allaitantes : quand interrompre le jeûne et quelle conduite adopter.
Les personnes dispensées du jeûne
Même pour les personnes dispensées de jeûner - principalement les femmes enceintes ou allaitantes, les accouchées et les malades, dont les cas seront détaillés plus bas -, il est bon qu’elles jeûnent au moins pendant la nuit afin de participer au deuil. Le lendemain, elles mangeront et boiront, comme le rapporte le Michna Beroura au nom du Éliyah Rabba, qui écrit qu’il est bon de jeûner au moins quelques heures.
Mais si même cela leur est difficile, elles peuvent manger dès la nuit.
Malgré tout, le Choul’han Aroukh écrit : « Bien qu’elles soient dispensées, il convient qu’elles ne mangent ni ne boivent pour se faire plaisir, mais uniquement pour assurer les besoins du bébé. »
Et si boire leur suffit, elles ne mangeront pas1.
Certains disent également que, même si elles sont dispensées du jeûne, elles ne sont pas dispensées des lois du deuil. Elles éviteront donc de manger deux plats cuisinés au même repas, comme lors du repas précédant le jeûne, et il est bon d’agir ainsi dans la mesure du possible.
Lorsqu’elles mangent, elles n’ont pas besoin de manger ou de boire par petites quantités, comme à Yom Kippour. Elles mangent et boivent normalement.
Si elles mangent du pain, elles se laveront les mains normalement, puisque cette ablution est une Mitsva et non un plaisir. Cela ne ressemble pas au lavage des mains du matin ou après être allé aux toilettes, où l’on ne lave que jusqu’à la fin des articulations des doigts.
Les Ashkénazes récitent Na’hem dans le Birkat HaMazone. S’ils l’ont oublié, ils ne recommencent pas.
Les Séfarades n’ont pas l’habitude de le dire, bien que certains le récitent dans les Harahaman.
En revanche, dans la Amida, même celui qui mange dira Na’hem, mais il ne dira pas Anénou.
Toutefois, il ne pourra pas monter à la Torah lors de la lecture de Vaye’hal à Min’ha, même s’il est le seul Cohen de la synagogue ; il sortira à ce moment-là. En revanche, il pourra monter à la Torah lors de la lecture du matin.
Les femmes enceintes et allaitantes
Le Choul’han Aroukh tranche que les femmes enceintes et allaitantes sont tenues de jeûner à Tichea Béav.
Cependant, il existe des cas où elles doivent interrompre le jeûne. Dans tous les cas, il est préférable de consulter un Rav avant le jeûne.
Une femme enceinte dont l’état de santé n’est pas bon, ou qui est en grossesse à risque, n’a pas le droit de jeûner et doit consulter un Rav avant le jeûne.
Une femme enceinte en bonne santé ressent en général la faiblesse normale de celui qui jeûne, et cela ne justifie pas d’interrompre le jeûne.
Mais si elle ressent une grande faiblesse, de fortes douleurs à la tête ou aux yeux, des vomissements ou des vertiges, elle doit interrompre le jeûne.
De même, si elle sent une diminution ou une absence de mouvements du fœtus, elle doit changer de position, se reposer et attendre un peu. S’il n’y a pas d’amélioration, elle doit immédiatement interrompre le jeûne.
Si elle ressent plus de quatre contractions par heure, elle doit arrêter immédiatement de jeûner.
Et si elle est dans le neuvième mois et que les contractions deviennent régulières, elle doit boire abondamment sans attendre.