Veille de Tichea Béav : étude de la Torah après 'Hatsot, restriction des promenades et déroulement de la Séouda Hamafséket, notamment la question des deux plats cuisinés.
La veille de Tichea Béav
Étude de la Torah
Le Rama1 écrit : « On a l’habitude de ne plus étudier la Torah à partir de ‘Hatsot la veille de Tichea Béav, sauf les sujets qu’il est permis d’étudier le jour de Tichea Béav. »
Puisque l’étude de la Torah réjouit l’homme, et qu’il est possible d’étudier les sujets autorisés à Tichea Béav, certains ont pris l’habitude d’être plus rigoureux dans ce domaine que pour d’autres interdictions qui ne s’appliquent qu’à Tichea Béav lui-même.
Cependant, de nombreux décisionnaires ne sont pas d’accord avec le Rama et permettent de continuer à étudier normalement même après ‘Hatsot.
Ainsi, celui qui peut consacrer ces heures aux sujets permis à Tichea Béav est digne d’éloge. Mais si cela risque de l’amener à délaisser ou à diminuer son étude de la Torah, il vaut mieux qu’il continue son étude habituelle.
Promenades et sorties
Le Rama écrit : « On ne se promène pas la veille de Tichea Béav. »
Cette restriction commence à partir de ‘Hatsot.
Le repas précédant le jeûne (Séouda Hamafséket)
La Séouda Hamafséket est le dernier repas que l’on prend avant l’entrée de Tichea Béav.
Il est permis de faire auparavant un autre repas comprenant plusieurs plats, puis de réciter le Birkat HaMazone et de prendre ensuite la Séouda Hamafséket.
Cependant, cela soulève un problème de Berakha Chééna Tsrikha (bénédiction inutile), puisqu’on récite le Birkat HaMazone uniquement pour recommencer à manger quelques instants plus tard.
De plus, cela peut donner l’impression que le véritable repas est le premier, tandis que la Séouda Hamafséket n’est faite que pour s’acquitter de l’obligation.
C’est pourquoi la coutume est de prier Min’ha entre les deux repas.
Certains ont également l’habitude d’avancer le premier repas afin d’arriver à la Séouda Hamafséket avec un peu d’appétit, ce qui lui donne davantage le caractère d’un véritable repas.
Deux plats cuisinés
Le Choul’han Aroukh écrit : « La veille de Tichea Béav, lors de la Séouda Hamafséket prise après ‘Hatsot, on ne mangera pas de viande, on ne boira pas de vin et on ne mangera pas deux plats cuisinés. »
Le Michna Beroura explique que la raison est : « Afin d’augmenter le deuil, de se souvenir de la destruction du Temple et d’en ressentir la peine. »
On ne doit donc consommer qu’un seul plat cuit lors de ce repas.
Même si deux plats ont été cuits dans la même marmite, ils restent considérés comme deux plats distincts et sont interdits.
Toutefois, lorsqu’il s’agit d’aliments que l’on a l’habitude de manger ensemble toute l’année, ils sont considérés comme un seul plat, à condition de les manger effectivement ensemble.
Si on les sépare, ils retrouvent le statut de deux plats distincts.
Cette règle concerne uniquement les aliments cuits.
Les fruits et légumes crus, ainsi que le lait2, les fromages ou les yaourts, ne sont pas considérés comme des plats cuisinés. Il est donc permis d’en manger plusieurs sortes.
En revanche, s’ils ont été cuits, ils prennent le statut de plat cuisiné.
Il est également permis de manger du pain, des gâteaux ou d’autres pâtisseries, car ils ne sont pas inclus dans cette interdiction.
Cependant, comme nous l’avons vu, le but est de renforcer le sentiment de deuil et de tristesse lié à la destruction du Temple. Il ne convient donc pas de consommer des aliments particulièrement agréables ou susceptibles de détourner l’esprit du deuil.
C’est dans ce sens que le Choul’han Aroukh3 écrit : « Celui qui le peut ne mangera à la Séouda Hamafséket que du pain sec avec du sel et de l’eau. »
La coutume la plus répandue est de se contenter de pain, d’œufs durs et d’eau.
Il n’est pas obligatoire de manger du pain, mais il faut malgré tout que cela ait le statut d’un repas. Sinon, le repas précédent serait considéré comme le dernier repas avant le jeûne.
Ainsi, celui qui ne mange pas de pain devra au minimum consommer d’autres aliments sous forme de repas, comme une salade ou plusieurs œufs.
Concernant les boissons, il n’existe pas d’interdiction stricte de boire des boissons sucrées comme les sodas ou les jus de fruits. Malgré cela, il est préférable de s’en abstenir afin de diminuer le plaisir procuré par ce repas.