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Se laver, le Mikvé et les ongles pendant la semaine de Tichea Béav

Règles sur le lavage du corps à l'eau chaude ou froide, les cas particuliers (enfants, femme proche de l'accouchement, Mikvé) et la coupe des ongles pendant la semaine de Tichea Béav.

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Se laver à l’eau chaude ou froide

Le Choul’han Aroukh1 écrit : « Certains ont l’habitude de ne plus se laver depuis Roch ‘Hodech, tandis que d’autres ne s’en abstiennent que durant cette semaine. »

La coutume de la majorité des Séfarades est de ne s’abstenir de se laver que pendant la semaine où tombe Tichea Béav.

Les Ashkénazes, eux, sont plus stricts et commencent dès Roch ‘Hodech Av.

Malgré cela, le Michna Beroura écrit que celui qui a l’habitude, chaque Chabbat, de se laver la tête ainsi que le visage, les mains et les pieds à l’eau chaude peut continuer à le faire même pendant ce Chabbat.

Les décisionnaires discutent pour savoir si l’interdiction concerne uniquement l’eau chaude ou également l’eau froide.

Le Rambam écrit qu’il est permis de se laver entièrement à l’eau froide, puisque cela ne constitue pas une toilette de plaisir, et ainsi tranche Rav Ovadia Yossef.

Le Rama, en revanche, écrit que même l’eau froide est interdite. C’est ainsi que tranche le Or Letsion.

De nos jours, où la majorité des gens ont l’habitude de se laver quotidiennement, particulièrement pendant les fortes chaleurs de l’été, les décisionnaires2 écrivent qu’il est permis de se laver le corps à l’eau froide, sans savon.

Une personne qui transpire beaucoup et ne supporte pas cet inconfort peut utiliser un peu de savon ou de shampoing.

Lorsque les décisionnaires parlent d’eau froide, ils ne parlent pas forcément d’eau glacée. Il est permis d’ajouter un peu d’eau chaude afin d’enlever la sensation de froid, à condition que l’eau ne devienne pas agréable au point de procurer un véritable plaisir.

Il faut néanmoins veiller à ne pas transformer cette permission en autorisation générale, au point d’oublier complètement l’institution de nos Sages.

Même si aujourd’hui beaucoup de personnes sont considérées comme délicates, le Beit HaMikdach mérite bien que nous ressentions au moins une fois par an une certaine peine pour sa destruction.

Cette permission n’a donc pas été donnée pour une douche de confort, ni pour un simple léger inconfort, mais uniquement lorsqu’il existe un réel besoin : par exemple quelqu’un qui transpire beaucoup, ne supporte plus l’odeur de transpiration ou lorsque cela dérange son entourage.

Il est donc souhaitable de réduire autant que possible la fréquence des douches et la quantité d’eau utilisée, afin de conserver malgré tout un certain manque de confort et renforcer ainsi le sentiment de deuil lié à la destruction du Temple.

Enfants

Comme nous l’avons déjà expliqué, il convient d’habituer les enfants à partir de six ans aux lois de deuil observées pendant cette période.

On évitera donc également pour eux les bains ou douches pris uniquement pour le plaisir.

Cependant, s’ils se sont beaucoup salis ou ont fortement transpiré, il est permis de les laver afin d’enlever la saleté ou la transpiration, mais sans procéder comme lors de leur toilette habituelle.

Même selon la coutume Ashkénaze, on n’est rigoureux avec les enfants qu’à partir de la semaine où tombe Tichea Béav.

Femme proche de l’accouchement ou ayant accouché

Une femme proche de son accouchement peut se laver à l’eau chaude, car cela lui procure un soulagement et l’aide à mieux supporter l’accouchement.

De même, une femme ayant récemment accouché ou une personne affaiblie qui a besoin de se laver quotidiennement à l’eau chaude pour sa santé ou sa récupération peut le faire.

Dans ces cas, il ne s’agit pas d’un bain de plaisir mais d’un besoin médical ou de santé.

Toutefois, le jour même de Tichea Béav, il ne faut être indulgent qu’en cas de nécessité absolue, et il convient alors de consulter un Rav.

Mikvé

Une personne qui a l’habitude de se tremper au Mikvé, que ce soit le vendredi ou pendant la semaine, peut continuer à le faire dans de l’eau froide.

Si cela lui est difficile, elle peut même utiliser de l’eau tiède ou chaude, car le but de l’immersion n’est pas le plaisir mais la sainteté et la pureté.

Les ongles

Les A’haronim discutent de la question de savoir s’il est permis de se couper les ongles pendant cette période.

En pratique, lorsque les ongles dépassent la chair, c’est-à-dire qu’en regardant sa main du côté de la paume, on voit clairement qu’ils dépassent le bout du doigt, il est permis de les couper, même la veille de Tichea Béav.

Selon la Kabbala, cela présente même une importance particulière, car les forces négatives s’y attacheraient.

En revanche, si les ongles ne dépassent pas la chair, on ne les coupera pas.

Malgré tout, à l’approche de Chabbat ‘Hazon, même les Ashkénazes peuvent se couper les ongles.

  1. Siman 551, Séïf 16.

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  2. Igrot Moché, Chevet HaLévi, ‘Hazon Ovadia.

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