Rester éveillé la nuit de Chavouot : les Birkhot HaChaH'ar et la Nétilat Yadaïm
Pourquoi la coutume de rester éveillé la nuit de Chavouot et quelles bénédictions du matin réciter (Nétila, Birkhot HaChaH'ar) selon les Séfarades, les Ashkénazes et la Kabbala.
Extrait de Chavouot 5786 · Les lois de Chavouot· 3 min de lecture
Comme on le sait, à Chavouot il n’y a pas de Mitsva spécifique, contrairement à Pessah’ où l’on est tenu de manger de la Matsa, et à Soukkot où l’on est tenu de manger dans la Soukka. Cependant, il existe une coutume de rester éveillé la nuit de Chavouot et d’étudier. Cette coutume a été instituée par le Zohar, qui a écrit qu’ils avaient l'habitude de rester éveillés toute la nuit et s’adonnaient à l’étude de la Torah.
Comme l’a écrit le Mishna Beroura1: « Sache que quiconque n’a absolument pas dormi de la nuit et s’est adonné à l’étude de la Torah, il lui est garanti qu’il terminera son année et qu’aucun dommage ne lui arrivera. »
Le Maguène Avraham rapporte la raison : les Bnei Israel, dormaient encore le matin et Hachem dû les réveiller pour recevoir la Torah. C’est pourquoi nous devons réparer cela, en restant réveillé toute la nuit pour étudier la Torah.
Étant donné que c’est le jour où la Torah a été donnée, on s’efforce spécialement de se comporter selon la Halakha. C’est pourquoi nous allons essayer de clarifier quelques lois relatives à cette nuit sainte, ainsi qu’à la fête de Chavouot en général.
Quand récite-t-on les Birkhot HaChaH’ar et que récite-t-on?
Selon les Séfarades : celui qui n’a pas dormi de la nuit doit se laver les mains trois fois en alternance à l’aube (Alot HaChaH’ar) sans bénédiction. Ensuite, (il est bon qu’il aille aux toilettes au préalable, afin de pouvoir réciter aussi la bénédiction d’Acher Yatsar avant Elokaï Nechama) il récitera depuis Elokaï Nechama toutes les Birkhot HaChaH’ar, y compris HaMa’avir H’evlé Chéna (car on récite la bénédiction selon l’habitude du monde, qui dort).
Ces bénédictions se récitent après Alot HaChaH’ar, car les bénédictions de la veille couvrent toute la journée et toute la nuit qui suit, tant que l’on n’est pas allé dormir (une demi-heure sur son lit) jusqu’à Alot HaChaH’ar. Toutefois, on n’est pas obligé de les réciter immédiatement ; on peut les réciter plus tard, l’essentiel étant de les réciter avant la prière.
Selon les Ashkénazes : on ne récite pas la bénédiction d’Elokaï Nechama et de HaMa’avir H’evlé Chéna, car selon l’avis du Cha’aré Techouva, il y a un doute : la formule se rapporte-t-elle à celui qui la récite, et il n’a pas dormi —, ou bien à l’usage du monde ? C’est pourquoi il faut s’efforcer de les entendre de quelqu’un qui a dormi. Par ailleurs, on a l’habitude d’aller aux toilettes avant la Nétila, et alors on récite Al Nétilat Yadaïm et Acher Yatsar. Mais si l’on n’a pas besoin d’aller aux toilettes, on se lave les mains sans bénédiction, (le fait de toucher les parties couvertes du corps ne suffit pas pour obliger la bénédiction).
Selon la Kabbala : la coutume des Séfarades est de réciter les Birkhot HaChaH’ar après H’atsot (minuit halakhique), excepté la bénédiction sur la Nétilat Yadaïm et les Birkhot HaTorah. À Alot HaChaH’ar, on se lave les mains sans bénédiction.
En bref · Un gâteau au fromage sans farine : ChéHakol puis Boré Néfachot. Avec de la farine, tout dépend de son rôle : si elle lie le corps du gâteau, ChéHakol ; si elle est dans la base pour donner du goût, Mézonot. Si le gâteau est très haut et mangé par étapes, on récite ChéHakol sur le gâteau et Mézonot sur la base, en commençant par Mézonot. Pour la finale : Boré Néfachot si ChéHakol ; Al HaMih'ya si Mézonot, à condition d'avoir mangé un Kazaït.
En bref · Fixer un repas sur des Mézonot oblige à réciter HaMotsi et Birkat HaMazone ; à priori, décider avant de commencer la quantité que l'on mangera. Séfarades : 3 à 4 œufs (162 à 216 g) ; soit moins (Mézonot et Al HaMih'ya), soit plus (HaMotsi et Birkat HaMazone) ; entre les deux, Al HaMih'ya. Ashkénazes : jusqu'à 6 œufs (325 g) Al HaMih'ya, au-delà HaMotsi et Birkat HaMazone ; si rassasié dès 216 g, Birkat HaMazone ; les garnitures comptent dans le calcul, contrairement aux Séfarades.
En bref · On a l’habitude, dans de nombreux endroits, de manger des aliments laitiers le premier jour de Chavouot. On mange aussi des aliments à base de viande — en souvenir des deux pains du Temple —, tout en étant vigilant sur les lois d’attente entre les deux, et la coutume rapporte également de manger du miel et du lait, la Torah étant comparée au miel et au lait.
En bref · La nuit de Chavouot, il faut étudier le Tikoun : selon le Arizal, le Tanakh et un peu de Zohar (environ deux heures), puis étudier ce qu'il plaît le reste de la nuit ; même celui qui désire étudier la Guémara et les Richonim doit faire le Tikoun. À l'aube, peu avant Alot HaChaH'ar, il faut s'immerger au Mikvé, immersion la plus importante de l'année. À Chavouot, on aura une intention particulière dans Ahavat Olam / Ahava Rabba.