Erouv mangé ou perdu, et celui qui n'a pas fait le Erouv
Cas où le Erouv a été consommé ou perdu, conduite de celui qui n'a pas fait de Erouv (cuisine pour lui, épouse et foyer, Erouv sous condition en diaspora) et rôle du Erouv du Rav de la ville.
Le Erouv n'est valable que si l'on peut le manger le Chabbat. Par conséquent :
Si le plat cuisiné a été perdu ou mangé et qu'il n'en reste pas un Kazaït, on ne peut plus cuisiner ni cuire au four pour Chabbat. (Si seul le pain a été mangé/perdu, c'est permis.)
Si l'on a déjà commencé à préparer un plat ou une pâte, même si on ne l'a pas encore mis sur le feu, on peut terminer ce plat ou ce pain uniquement.
Si l'on a déjà cuisiné et cuit au four pour le Yom Tov et que l'on n'a pas encore pris le repas du Yom Tov, on peut mettre de côté ce que l'on a préparé pour Chabbat, et préparer un nouveau plat et un nouveau pain pour le Yom Tov.
Il est permis de cuisiner beaucoup dans une seule marmite pour le repas du Yom Tov et de laisser le reste pour Chabbat.
Si l'on a fait le Erouv chez soi et que l'on est parti dans une autre ville, le Erouv n'est pas valable, car on ne peut pas le manger le Chabbat.
Celui qui n'a pas fait le Erouv
La Halakha de celui qui n'a pas fait le Erouv
Il est interdit de cuisiner pour lui, même par d'autres personnes, même chez eux.
Les autres n'ont pas le droit de cuisiner pour lui avec ses provisions. Mais avec leurs propres provisions, ils ont le droit de cuisiner, même si c'est uniquement pour lui.
Il peut leur donner ses provisions en cadeau et ils cuisineront.
Son épouse et les membres de son foyer sont inclus dans son Erouv, et il n'a pas besoin de faire le Erouv pour eux séparément.
En diaspora, où l'on observe deux jours de Yom Tov, si l'on a oublié de faire le Erouv et que l'on s'en souvient le premier jour de Yom Tov, on peut faire le Erouv sous condition : « Si aujourd'hui est un jour profane et demain est saint, par ce Erouv il nous sera permis de cuire au four, de cuisiner... » Il est préférable de faire le Erouv sous condition plutôt que de s'appuyer sur le Rav de la ville. Cependant, cela ne s'applique qu'au deuxième jour de Yom Tov en diaspora ; pour Roch Hachana, on ne peut pas poser de condition et on s'appuiera sur le Rav de la ville (voir ci-dessous).
Le Erouv du Rav de la ville
Dans chaque ville, le Rav de la ville fait le Erouv pour les habitants qui ne savent pas le faire, qui ont oublié, qui ont été empêchés, ou dont le Erouv a été perdu. Ce Erouv n'est valable que pour celui qui a été empêché, et non pour celui qui a été négligent et n'a pas fait le Erouv en comptant s'appuyer sur le Rav de la ville.
Remarques : Celui qui a oublié lors de cette fête ne pourra pas s'appuyer sur le Erouv du Rav s'il oublie encore lors de la fête suivante, car cela montre qu'il ne se soucie pas des institutions des Sages et il est considéré comme négligent. Certains sont indulgents même dans ce cas, car de nos jours le Rav fait acquérir le Erouv même aux négligents. Mais si l'on a oublié lors de la première fête et que lors de la seconde on avait l'intention de faire le Erouv mais qu'on en a été empêché ou qu'il a été perdu, on peut s'appuyer sur le Erouv du Rav.
Précision : Toute personne peut a priori désigner un émissaire pour faire le Erouv à sa place — son père, son frère ou le Rav de la ville.
Le Mishna Béroura a écrit au nom des décisionnaires qu'il est permis a priori de s'appuyer sur le Erouv du Rav de la ville même s’il n’a pas fait de Erouv intentionnellement. Seul celui qui a l'habitude de faire le Erouv et qui a oublié — puisqu'il n'a pas l'habitude de s'appuyer sur le Rav de la ville — ne pourra pas s'appuyer sur lui. A posteriori, on peut s'appuyer sur ces décisionnaires en raison de la joie du Yom Tov.
בקצרה · On mange le Erouv le Chabbat : Léh'em Michné vendredi soir et Chabbat matin, et le pain du Erouv à la Sé'ouda Chelichit. Même sans cuisiner, c'est une Mitsva pour chaque Juif de faire le Erouv, a priori au moins pour allumer les bougies, mais sans bénédiction. Qui s'en souvient à la synagogue le fait sans bénédiction, formule et appui sur l'Erouv du Rav ; si l'Erouv était préparé mais la bénédiction oubliée, on peut dire la formule. Un habitant d'Eretz Israël en diaspora n'en a pas besoin.
בקצרה · Il est bon que le maître de maison fasse le Erouv aussi pour ses invités (un employé, un fils marié) ; à postériori, on peut s'appuyer sur les opinions selon lesquelles ils sont rattachés à lui. A priori, celui qui a oublié la formule reprend le Erouv ; la bénédiction n'est pas indispensable. Séfarades : on peut allumer sans Erouv, mais il est bon de faire le Erouv pour l'allumage, sans bénédiction. Ashkénazes : a priori donner les bougies à un autre ; même selon les permissifs, une seule bougie.
בקצרה · On fait le Erouv avec un pain entier d'un Kabeitsa (à postériori un morceau d'un Kazaït suffit) ou un Kazaït de plat cuisiné accompagnant le pain (œuf cuit, viande ou poisson sans os, conserve) ; à postériori le plat seul vaut, pas le pain seul. On le dépose la veille de Yom Tov ; fait plus tôt, on le refera la veille ; à postériori, au crépuscule jusqu'au Barekhou. Il ne permet de cuisiner que du 2e jour de Yom Tov pour Chabbat, pas du 1er ; à postériori, le plat cuisiné le 1er jour est permis à Chabbat.
בקצרה · La veille de Yom Tov (mercredi après-midi), on prend en main une Matsa entière (plus d'un Kabeitsa ; à postériori un Kazaït suffit) et un œuf cuit de plus d'un Kazaït, on récite la bénédiction puis la formule du Erouv, qu'on est tenu de comprendre (on peut la dire dans sa propre langue). Homme et femme y sont tenus de la même façon ; une femme sans mari doit faire le Erouv elle-même. Ce Erouv permet de préparer du Yom Tov pour Chabbat.